Entretien avec…Dr Nabil Mohamed Ahmed Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

17 février 2019 9 h 56 min2 commentsViews: 290

L’événement est inédit en soi et témoigne sans doute de l’avancée louable que notre pays a effectuée en matière d’enseignement supérieur.

Il s’agit du 10ème  atelier des centres d’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique.  Le rendez vous incontournable des chercheurs et d’intellectuels d’Afrique qui aura lieu sur notre sol ; à partir du 18  au 28 février. C’est dans cette optique et pour préparer le terrain que le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Dr Nabil Mohamed, accompagné par le président de l’Université de Djibouti Dr Djama, a fait une conférence de presse sur ce sujet d’actualité, jeudi dernier au sein de son cabinet.

« Les CEA sont une réponse régionale innovante pour rendre l’enseignementsupérieur plus pertinent »

Veuillez d’abord, Monsieur le Ministre, nous présenter les grandes lignes directrices de l’événement que votre ministère va organiser prochainement à Djibouti.

Un événement très important  va se passer à Djibouti,  essentiellement à l’Université de Djibouti. Cet événement va lancer les nouveaux projets  qui sont pour les  Centres Africaines d’Excellences, ça c’est le premier point. Le deuxième point c’est que les 44 centres d’excellence ont été sélectionnés, qui sont déjà en exercice vont se retrouver pour d’abord faire un état de lieu de ce qui a été fait et maintenant comment améliorer.

L’objectif étant de nouer des relations mais également entre universités Africaines  pour faire émerger des Universités d’excellence pour tenir compte des erreurs du passées et aller de l’avant pour que tous les professeurs, tous les experts, soient au fait de l’importance de ces centres d’excellence.

Ce projet des centres d’excellence africains a-t-il donné des résultats probants ?

Le projet des Centres d’Excellence Africains (CEA) a été lancé par la Banque mondiale en 2014 dans le but de soutenir les filières de l’enseignement supérieur spécialisées dans les domaines de la science, la technologie, l’ingénierie et des mathématiques, mais aussi de l’agriculture et la santé. Les CEA sont une réponse régionale innovante pour rendre l’enseignement supérieur plus pertinent pour le développement de l’Afrique. Dans un premier temps, 22 CEA ont été financés par la Banque mondiale et sont actuellement en cours de mise en œuvre dans des universités au Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Nigéria, Sénégal et au Togo. Ils sont en train de donner des résultats satisfaisants.

Combien des pays Africains vont prendre part à cette conférence des centres d’excellence africains ?

Nous avons aujourd’hui, plus de douze pays africains. Lesquels  sont essentiellement des pays de l’Afrique de l’Ouest.

C’est avec une certaine fierté également que je mentionne que Djibouti est le seul qui ait bénéficié de ce label centres d’excellence pour la logistique et le transport. Notre pays fait parti de façon exceptionnelle de ces douze pays qui sont  venus aujourd’hui  à Djibouti, représentant plus des 400 experts.

Quels sont les objectifs principaux de cette conférence ?

Les objectifs principaux de cette conférence sont d’abord comme je disais partager une expérience, ça c’est la première chose. La deuxième chose, faire un état de lieux mais également faire connaitre les universités africaines entre elles. Dans les universités d’Afrique, on trouve des professeurs innovants,  des gens formés qui peuvent apporter quelques choses dans des situations et dans conditions similaires d’environnements et des moyens.

Donc comment faire pour atteindre cette expérience d’excellence qu’on puisse mettre en avant ces professeurs et surtout l’expertise qui est acquise ? Là est tout le défi que devons relever de concert.

Quels avantages l’université de Djibouti peut-elle en tirer?

L’université de Djibouti est jeune. Elle a fait énormément de progrès. Elle  dispose de plus 135 docteurs et doctorants. Avec ce capital humain, l’Université de Djibouti  peut jouer un rôle prépondérant.

D’abord au niveau régional en partageant son expérience à travers ce projet des CEA.  L’université de Djibouti veut devenir  un centre d’excellence sur la logistique et transport. En clair,  tous les étudiants, désireux de suivre des formations de qualité en logistique et en transport, peuvent concourir pour accéder au centre d’excellence de notre université de Djibouti.

Deuxièmement c’est qui est important, c’est ouvrir la porte à tous nos étudiants, tous nos chercheurs capables d’innover, capable d’apporter quelques chose dans ce centre d’excellence de pouvoir participer.

Troisièmement, c’est qu’on va travailler sur les nouvelles technologies du numérique, c’est-à-dire donner des opportunités pour améliorer nos infrastructures à travers l’étude, la collecte des données. Mais également l’utilisation des nouvelles technologies à travers les algorithmes qui pourront dire à travers le système de transport où se trouvent l’efficacité,  la non efficacité  et comment l’améliorer ?

Comme la logistique et le transport jouent un rôle important dans notre économie, nous avons souhaité à travers ce projet cerner la meilleure façon pour utiliser des nouvelles technologies afin d’être les meilleurs dans   la région.

Comment va être financé ce centre d’excellence et en quoi Djibouti s’est elle démarquée aux autres pays pour accueillir cette conférence ?

Tout d’abord au niveau des financements, c’est un projet que nous sommes partis défendre à Washington, il y’ a deux ans. Et qui a donc attiré le principal bailleur de fonds qui est la banque Mondiale en partenariat avec l’Agence Française du Développement que nous remercions également qui est un partenaire incontournable dans ce projet là.

Notamment il faut compter parmi ces participants, l’Association des Universités Africaines qui joue également un rôle  dont le pilotage des centres d’excellence africains.

Nous avons obtenu un montant de 15 millions de Dollars US, repartis de la façon suivante : 6 millions pour l’appui à tout ce qui est ingénierie, donc les sciences et les technologies et les mathématiques. Et les 9 millions restants seront alloués aux centres d’excellence. Dans ce fond, j’ajouterai une chose, c’est que nous allons couvrir des bourses pour les étudiants Africains qui souhaiteraient sur concours et sur dossiers, venir chez nous à Djibouti pour concourir dans ce centre d’excellence.

Pourquoi ce projet a attiré le bailleur de fonds ? Vous savez que dans un premier temps, la notion du libellé logistique et transport  n’était pas du libellé des centres d’excellence. Mais  pour Djibouti, c’est quelque chose d’indispensable, c’est vital la logistique et transport puisque c’est elle qui mène notre économie à plus de 25%.

Donc, le Président de la République nous a donné des instructions formelles afin de soutenir un tel projet.

Propos recueillis par Sadik Ahmed 

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