CRFM : Les moyens d’une maîtrise du processus de mise en œuvre du code ISPS

19 mars 2018 8 h 39 min3 commentsViews: 140

Le Centre Régional de Formation Maritime (CRFM) de Djibouti, sis à Doraleh, abrite depuis hier un atelier de formation sur la mise en œuvre du Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires, communément nommé  (Code ISPS). Cette session doit se poursuivre jusqu’au 22 mars prochain.

Les moyens d’une maîtrise du processus de mise en œuvre du code ISPS (2)

La Direction des Affaires Maritimes organise en collaboration avec l’Organisation Maritime Internationale (OMI) la formation à laquelle participent des cadres et des agents de l’administration maritime ainsi que des agences en charge de veiller au respect de l’ordre et de la sécurité. Il s’agit principalement de la Direction des Affaires Maritimes, de la Direction du Port de Djibouti, de la Sécurité du Port, des Garde-Côtes, et de la Marine Nationale.

D’une durée de cinq jours, cette formation vise à permettre aux participants d’acquérir les compétences et les connaissances requises en matière de principes, de pratiques et de fonctions des agents de sûreté des installations portuaires et des formateurs de tels agents. C’est aussi l’occasion de maîtriser le processus  de  mise en œuvre du Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (Code ISPS) qui est établi conformément aux standards de l’Organisation Maritime Internationale (OMI).

La directrice générale du CRFM, Mina Houssein Doualeh, a ouvert les travaux de l’atelier. Elle a d’abord rapidement rappelé les objectifs et les intervenants de cette formation. Puis, elle a fait une brève présentation sur son institution, le CRFM, à travers ses rôles et missions, son appartenance à un groupement de 21 pays bordant l’Océan Indien et ses nombreux partenaires.

Mme Mina Houssein Doualeh a souligné « que la création du Centre Régional de Formation Maritime découle du Code de conduite de Djibouti (DCoC), adopté en 2009 par 21 Etats riverains de l’océan Indien occidental, comme étant la première initiative régionale pour lutter contre la piraterie et les vols à main armée en mer ». Elle a poursuivi en indiquant que le « CRFM en sa qualité d’organe de coordination de l’entraînement maritime régional qui est l’une de ses trois missions jouit de cette particularité à dispenser des formations dans le domaine de sécurité et sûreté maritime ».

C’est donc en « poursuivant sa mission de coordination dans le domaine de la formation et de renforcement des capacités en matière de sécurité maritime conformément à l’esprit du Code de Conduite de Djibouti (CdCd) initié en 2009 que le CRFM a dispensé 28 sessions de formations au profit de 490 hauts cadres des différentes administrations maritimes des pays partenaires du (CdCd) qui sont issus de 20 différentes nationalités ».

Pour sa part, le Directeur des Affaires Maritimes, Ali-Mirah Chehem Daoud, a remis en contexte le code ISPS ou International Ship and Port Facility Security (ISPS), qui signifie en français  «Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires ». Ce code a été adopté le 12 décembre 2002 par la résolution 2 de la Conférence des gouvernements contractants à la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (Solas), de 1974. Il a précisé que «c’est à la suite des attentats du 11 septembre 2001 que la volonté d’établir une procédure internationale sur la sûreté des installations portuaires et des navires est apparue». Car, a-t-il précisé ensuite, la prise en compte de la possibilité qu’un navire puisse être pris pour cible potentielle par des terroristes, que ce navire soit le but de l’attentat (paquebot, pétrolier, gazier, etc.) ou simplement le vecteur (le navire pris d’assaut serait volontairement dirigé vers une infrastructure terrestre ou maritime) ont mené les États-Unis à proposer la création du code ISPS à l’Organisation Maritime Internationale. Il a enfin brièvement présenté les experts dépêchés au pays par l’OMI pour assurer cette formation.

C’est enfin le coordinateur de l’Organisation Maritime Internationale, Kiruja Mitch, qui a longuement mis en lumière l’essentiel de l’esprit du Code ISPS.

« Les mesures de sûreté et de sécurité à bord des navires et dans les ports devraient être adaptées au risque encouru» a-t-il d’abord indiqué. D’où son appel pour « un régime de sécurité fonctionnel dans les ports et à bord des navires et à une discipline sous-jacente qui sert au-delà de ses objectifs de sécurité » car, a-t-il encore plaidé il est important de comprendre que « c’est une extension du système de gestion de la sécurité au port et à bord d’un navire est d’une importance fondamentale pour la performance commerciale d’un port ou d’un navire étant donné que le commerce augmente ou diminue avec le niveau de sûreté et de sécurité d’un environnement commercial ».

…Des réponses durables aux défis de sécurité et de sureté. Puis les travaux de l’atelier de formation ont démarré par un tour de table des participants, une manière de cerner les profils et les besoins particuliers de chacun dans les vastes domaines et la variété des aspects du code ISPS. Les experts ont ensuite effectué des exposés qui ont permis d’aborder, entre autres, les conditions de protection des renseignements, les fonctions de l’agent de sûreté de la compagnie et de l’agent de sûreté du navire. Les fonctions de l’agent de sûreté de l’installation portuaire, les menaces maritimes, les niveaux de sécurité ont également fait le lit des interventions.

Pour revenir au Centre régional de formation maritime de Djibouti, il faut dire qu’il appartient à 21 pays, à savoir l’Afrique du Sud, les Comores,  Djibouti,  L’Egypte, les Emirats Arabes Unis, L’Erythrée, l’Ethiopie, la France, la Jordanie, le  Kenya,  Madagascar, les Maldives, les îles Maurice,  le Mozambique,  le Royaume d’Arabie Saoudite, les Seychelles, la Somalie, le Soudan,  le Sultanat d’Oman, la Tanzanie, et le Yémen.

En signant le Code de Conduite de Djibouti en Janvier 2009, les autorités de ces 21 pays riverains du littoral de l’océan Indien occidental et du Golfe d’Aden « nous ont donné, à nous tous, cette responsabilité de former, de créer et de pérenniser une coopération basée sur la confiance mutuelle entre les acteurs de nos administrations maritimes et agences en charge de l’affirmation de l’ordre et de la sécurité en mer », a mis en exergue la Directrice Générale du CRFM.

Elle a indiqué que « l’existence même de ce centre découle à la fois de la volonté sans équivoque des pays de la région, de la communauté internationale et  de l’engagement morale et matériel de la République de Djibouti qui l’abrite sur son territoire et ce afin de répondre de manière durable aux défis de sécurité et de sureté liés aux mers et océans qui bordent les pays signataires de ce Code ».

Plus généralement, le Centre régional de Formation Maritime de Djibouti est aussi destiné à affirmer sa vocation  de forum d’échanges et de documentation régional dédié aux multiples facettes de la sécurité et sureté en mer,  en particulier grâce à la « plateforme » internet censé renforcer le volet  formation.

A ce titre, « le CRFM avec ses 4 piliers que sont la formation, le partage d’information, le renforcement des capacités et la réforme des législations devrait accompagner en particulier nos administrations et  agences nationales chargées de la police en mer à renforcer cette coopération régionale basée sur le Code de Conduite de Djibouti », a-t-elle conclu.

MAS 

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