Soirée musicale à l’IFD : Un concert aux sonorités éthiopiennes pour jeter des ponts entre les cultures

4 décembre 2018 9 h 03 min4 commentsViews: 22

La troupe QWANQWA, un super groupe de musiciens d’Addis-Abeba, a offert un concert au rythme infernal et déchainé l’ambiance parmi le public. Durant deux longues heures, une certaine transe a régné dans la salle Arthur Rimbaud de l’Institut français de Djibouti, jeudi dernier.

Soirée musicale à l’IFD (2)

Les musiciens et la chanteuse du groupe QWANQWA n’ont eu besoin que de quelques minutes pour faire monter le baromètre de l’extase à l’IFD. Grâce à un savant mélange des rythmes et des humeurs de toute la région de la Corne de l’Afrique, les musiciens de la troupe ont su trouver une belle alchimie.

Tant et si bien que la salle est entrée en transe très rapidement. Les fans ont dévalé les marches et sont descendus au pied de la scène, chantant et dansant à tout va. Un magnifique spectacle comme on en voit rarement, avec une foule heureuse valsant sur les sonorités inspirées des régions éthiopiennes et au-delà de toute l’Afrique de l’Est. Un répertoire qui brasse un ensemble allant de la chanson de transe de la tribu érythréenne de Blen à un numéro de rock somalien de Mahmoud Ahmed sing-a-long.

La fusion des consonances traditionnelles et modernes produites avec des instruments comme le mesenko (violon à une corde) tourbillonnante, solos punk krar (lyre électrique), violon wah-wah, boom boom de krar et rythme imparable et le kebero (tambour de peau de chèvre) y étaient pour beaucoup.

Des sons psychédéliques venant de la harpe et du violon traditionnels ont offert une musique alternant entre des arrangements serrés et des moments expérimentaux prolongés. Le public en a eu pour son argent durant les deux heures de prestations.

Quoi de plus normal pour une troupe,  Qwanqwa, rassemblée par une passion commune, celle du pouvoir de la musique éthiopienne. Le groupe met en lumière un expérimentalisme basé sur la virtuosité de traditions enracinées. Il a déjà fait sensation dans les festivals de renommée mondiale Roskilde et WOMEX. Les musiciens et les chanteurs viennent de boucler deux tournées européennes.

L’ensemble a été fondé en 2012 par la violoniste américaine Kaethe Hostetter, qui a d’abord travaillé dans la musique éthiopienne en tant que membre fondateur du groupe Debo, acclamé par la critique. Depuis son installation à Addis en 2009, elle a participé à de nombreux projets exploratoires et professionnels, peaufinant ses sons et se plongeant davantage dans la culture de son environnement. En ce sens, QWANQWA, le mot amharique pour «langue», est un projet qui crée des dialogues entre les cultures.

Les membres de QWANQWA sont Endris Hassan (mesenko), Mesele Asmamaw (krar), Kaethe (violon), Bubu Teklemariam (bass krar), Selamnesh Zemene (chanteur) et Misale Leggesse (kebero). Ils ont joué sur des scènes du Lincoln Center à Bonnaroo, en passant par le Jazzfest (La Nouvelle-Orléans), le Festival Moers, Roskilde, WOMEX, WOMAD et plus encore.

Depuis sa fondation en 2012, la troupe QWANQWA a publié deux albums: Volume One (2014) et Volume Two (2015). Le troisième album, Volume Three, produit par Shahzad Ismaily, est programmé pour 2019 sur FPE Records. Le groupe a une présence intégrale et constante dans la vie nocturne d’Addis-Abeba, et QWANQWA a été présenté à l’occasion de Roskilde 2016 (le plus grand festival de musique d’Europe du Nord).

MAS 

 

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