Rencontre avec trois jeunes cinéastes et producteurs de films

29 novembre 2018 8 h 23 min0 commentsViews: 58

Dimanche dernier dans nos locaux,  nous avons reçu la visite de  trois jeunes cinéastes burkinabais et allemands.  Il s’agit  d’Alex Moussa Sawadago directeur du Festival des films d´Afrique de Berlin. «AFRIKAMERA» ainsi que deux de ses collègues cinéastes et producteurs des films allemands , Uta Rugher en charge du management du projet Festival des films d´Afrique de Berlin, «AFRIKAMERA», et Florient Wachinger, directeur de communication  du Festival des films d´Afrique de Berlin, «AFRIKAMERA». L’équipe de cinéastes a été introduite auprès de la Rédaction par Loula Ali Ismaïl, réalisatrice djiboutienne. M. Alex Moussa Sawadago s’est prêté au jeu de l’interview à chaud en répondant à nos questions sur divers points.

Rencontre avec trois jeunes cinéastes et producteurs de films (2)

Pouvez-vous  vous présenter d’abord  à nos lecteurs ?

Je m’appelle Alex Moussa Sawadogo  je suis titulaire d´une maitrise en Histoire de l´Art obtenu à l´université  d’Ouagadougou au Burkina Faso et d´un master Professionnel de management culturel et des médias acquis à Hambourg en Allemagne. Depuis 2005, j’ai participé à la création de nombreux festival, tel que le festival des Films d´Afriques de Berlin  – AFRIKAMERA ou encore le festival  Nuits Blanches à Ouagadougou. J’ai également été directeur de programme dans de nombreux festival mais aussi membre de jury. Je suis également  directeur artistique de OUAGA FILM LAB, au Burkina Faso, depuis 2007, je suis devenu directeur du Festival des films d´Afrique de Berlin. «AFRIKAMERA» et depuis Janvier 2016,  je suis  directeur artistique du Village Opéra au Burkina Faso.  Je réside entre le Burkina Faso et l´Allemagne.

 

Pourquoi avez vous choisi de venir à Djibouti? 

Dans notre festival cette année nous avons pu faire découvrir au public berlinois un programme intitulé corne d’Afrique où le court métrage de Loula Ismaïl a été diffusé en présence notamment de l’ambassadeur de la République de Djibouti à Berlin.

La critique a très bien accueilli ce court métrage. Il était important pour nous de venir à Djibouti, dans un pays où le cinéma n’est pas encore  développé pour pouvoir y apporter notre expérience  et notre contribution au cinéma  Djiboutien, de la stratégie de production et de recherche de financement.

 

Quel regard portez-vous sur  le cinéma Djiboutien et que faut-il faire pour l’améliorer?

Comme dans la plupart des pays africains, il est quasi inexistant. Cela est dû au manque de politique cinématographique dans ces pays. Il y a aussi un manque de volonté des différents acteurs de mettre le cinéma djiboutien au même niveau que celui de pays comme l’Afrique du sud ou le Kenya. La production cinématographique est ici  très faible en comparaison à des pays comme le Burkina Faso mais je suis très optimiste quand à l’avenir du cinéma djiboutien au vue de mes rencontres avec les étudiants  de  l’université de Djibouti.

Il faudrait mettre en place des structures de production, une organisation des réalisateurs en association,  pour pouvoir obtenir un financement publique ou privée.

 

 Quel bilan tirez-vous de l’atelier que vous avez animez vous et vos collègues à l’université de Djibouti ?

Au cours de l’atelier que nous avons organisé  à l’université de Djibouti des  étudiants qui étudient la cinématographie, nous avons rencontré des jeunes très talentueux, créatifs qui veulent faire découvrir au monde leur vision de Djibouti.

Nous avons eu le plaisir de découvrir un film réalisé par un jeune étudiant de l’université de Djibouti, très bien filmé avec une thématique intéressante. La projection du court métrage de Loula Ali Ismaïl a permis de montrer qu’à Djibouti, il y a des personnes engagées et déterminées à faire du cinéma et montrer une autre facette de Djibouti que l’on ne  voit pas forcément dans l’actualité.

 

Pensez-vous pouvoir contribuer au cinéma djiboutien?  Et de quelles façons?

Nous sommes une association avec des moyens limités et nous dépendons de nos partenaires. Nous souhaitons participer à l’éclosion du cinéma djiboutien et nous discuterons avec les responsables des autorités du département de la culture  ici,  et avec l’équipe de Loula Ali Ismaïl très certainement pour voir de quelles manières nous pourront contribuer et les aider à l’avenir.

 

En conclusion, que retiendrez-vous de votre séjour à Djibouti ?

Djibouti dispose de plusieurs atouts qui peuvent attirer des réalisateurs et producteurs de cinéma étrangers. Qu’il s’agisse de ses magnifiques décors ou de la stabilité politique dont elle jouit dans la région.

Propos recueillis par Mohamed Chakib  

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