Rencontre avec l’équipe du festival de film d’Afrique « Afrikamera » de Berlin

2 décembre 2018 10 h 01 min3 commentsViews: 147

Dimanche dernier dans nos locaux, nous avons reçu la visite de l’équipe d’Afrikamera. Il s’agit d’Alex Moussa Sawadago directeur artistique, Uta Rugher en charge du management et de Florient Wachinger, directeur de communication. Ce sont les trois fondateurs du Festival qui se sont rencontrés au banc de l’Université. Ils ont été introduits auprès de la Rédaction par Lula Ali Ismaïl, cinéaste djiboutienne. M. Alex Moussa Sawadago s’est prêté au jeu de l’interview à chaud en répondant à nos questions sur divers points.

Rencontre avec l’équipe du festival de film d’Afrique « Afrikamera » de Berlin (1)

Pouvez-vous  vous présenter d’abord à nos lecteurs ? 

Je m’appelle Alex Moussa Sawadogo.  Je suis titulaire d´une maitrise en Histoire de l´Art obtenu à l´université  d’Ouagadougou au Burkina Faso et d’un master professionnel de management culturel et des médias acquis à Hambourg en Allemagne. Depuis 2005, j’ai participé à la création de nombreux festival, tel que le festival de Film d´Afrique de Berlin  « AFRIKAMERA » ou encore le festival Nuits Blanches à Ouagadougou. J’ai été directeur de programme et membre de jury dans divers festival. Je suis également directeur artistique de OUAGA FILM LAB, au Burkina Faso. Depuis 2007, je suis le directeur artistique d’«AFRIKAMERA». De plus,  depuis janvier 2016,  je suis  directeur artistique du Village Opéra au Burkina Faso.  Je réside entre le Burkina Faso et l´Allemagne.

Pourquoi avez vous choisi de venir à Djibouti?

Dans notre festival cette année, nous avons pu faire découvrir au public berlinois un programme intitulé « Corne d’Afrique » durant lequel de courts-métrages de Soudan, de l’Éthiopie et de Djibouti ont été projetés. «LAAN » de Lula Ali Ismaïl a été projeté en présence notamment de l’ambassadeur de la République de Djibouti à Berlin, Aden Dileita, et du réalisateur allemand, Wim Wenders. Par ailleurs, en 2016,  ce dernier a tourné son film intitulé « Submergence » à Djibouti.

La critique a très bien accueillie ce court-métrage. Il était important pour nous de venir à Djibouti, dans un pays où le cinéma n’est pas encore développé pour pouvoir y apporter notre expérience  et notre contribution au cinéma djiboutien, de la stratégie de production à la recherche de financement.

Quel regard portez-vous sur  le cinéma djiboutien et que faut-il faire pour l’améliorer ?

Comme dans la plupart des pays africains, il est quasi inexistant. Cela est dû au manque de politique cinématographique dans ces pays. Il y a aussi un manque de volonté des différents acteurs de mettre le cinéma djiboutien au même niveau que celui de pays comme l’Afrique du sud ou le Kenya. La production cinématographique est ici  très faible en comparaison à des pays comme le Burkina Faso mais je suis très optimiste quand à l’avenir du cinéma djiboutien à la vue de mes rencontres avec les étudiants de l’université de Djibouti.

Il faudrait mettre en place des structures de production, une organisation des réalisateurs en association pour pouvoir obtenir un financement public ou privé.

Quel bilan tirez-vous de l’atelier que vous avez animez vous et vos collègues à l’université de Djibouti ?

Au cours de l’atelier que nous avons organisé  à l’université de Djibouti avec des étudiants de la filière audiovisuelle, nous avons rencontré des jeunes très talentueux, créatifs qui veulent faire découvrir au monde leur vision de Djibouti.

Nous avons eu le plaisir de découvrir un film réalisé par un jeune étudiant de l’université de Djibouti, très bien filmé avec une thématique intéressante. La projection du court-métrage « LAAN » de Lula Ali Ismaïl a permis de montrer qu’à Djibouti, il y a des personnes engagées et déterminées à faire du cinéma et qui montre une autre facette de Djibouti que l’on ne voit pas forcément dans l’actualité.

Pensez-vous pouvoir contribuer au cinéma djiboutien?  Et de quelles façons ?

Nous sommes une association avec des moyens limités et nous dépendons de nos partenaires. Nous souhaitons participer à l’éclosion du cinéma djiboutien et nous discuterons avec les responsables des autorités du département de la   culture  ici,  et avec Lula Ali Ismaïl très certainement pour voir de quelles manières nous pourrons contribuer et les aider à l’avenir.

En conclusion, que retiendrez-vous de votre séjour à Djibouti ?

Djibouti dispose de plusieurs atouts qui peuvent attirer des réalisateurs et producteurs de cinéma étrangers. Qu’il s’agisse de ses magnifiques décors ou de sa stabilité politique dont elle jouit dans la région.

Je souhaiterais remercier Ahmed Houssein Youssouf de l’Université de Djibouti et de Lula Ali Ismail pour avoir facilité notre visite sans oublier leur accueil chaleureux dans leur pays.

Propos recueillis par Mohamed Chakib  

Leave a Reply


Trackbacks