Rencontre avec… Elmi Wais Bouh, 70 ans, représentant des retraités de la CNSS et vacancier djiboutien.

9 août 2018 9 h 16 min0 commentsViews: 123

De retour de Dire-Dawa, cet estivant  djiboutien nous a rendus visite dans les locaux de la Nation pour nous raconter les jours sombres qu’il a vécu aux côtés de sa famille, mais aussi des autres djiboutiens dans la ville éthiopienne de Dire-Dawa avant d’être rapatrier à Djibouti.

« Je suis parti le 22 juin en vacances à Dire-Dawa, avec ma famille. Nous avons passé le mois de juin en toute tranquillité. Jusqu’à la mi juillet. Les choses ont commencé à changer à partir de cette date. Nous avons eu très peur. Nous ne pouvions plus circuler librement, tous les restaurants étaient fermés. Nous étions obligés de nous enfermer à double tour dans nos domiciles .Je pense que les rivalités politiques, qui ont commencé dans la région somalie d’Ethiopie, se sont poursuivies jusque dans la ville de Dire-Dawa. Une réunion s’était tenue quelques jours plus tôt dans le domaine de l’ancien Ogass Hassan Hersi, à laquelle ont pris part des hauts responsables éthiopiens. Le président de la région somali, lui, n’est pas venu. C’est à ce moment que les représentants ont demandé son départ. Juste avant notre départ, nous avons failli être attaqués dans notre maison. À ce moment, on a sorti nos passeports djiboutiens. Un conducteur de bajaj, qui parlait somali et, chargé de notre évacuation, les a stoppé en leur précisant que nous étions des ressortissants djiboutiens. Nous avons entendu des coups de feu.

Nous avons pu nous rendre sains et saufs au consulat de Djibouti qui était chargé de notre évacuation. Des bus, des trains mais aussi des avions de la compagnie djiboutienne nous ont permis de rentrer sains et saufs chez nous à Djibouti. C’est pour cela que je voudrais remercier de vive voix, le Président de la République et les membres de son gouvernement qui nous ont aidés à rentrer sains et sauf saufs auprès de nos familles. Nous devions être environ 10 000 à 15 000 personnes à attendre leur rapatriement au pays. Nous avons pu voir des morts à Diré-Dawa. Et nous avons procédé dans la mosquée du consulat à la prière mortuaire. Et le consulat a tout de suite procédé aux opérations de rapatriement. Les personnes âgées, les femmes et les enfants on été évacués par avion, les jeunes ont pris le train et les bus spécialement affrétés  pour cette raison. Le personnel de notre consulat de Diré-Dawa nous a beaucoup aidés, il faut le reconnaitre. Les membres du gouvernement nous ont accueillis au pied de l’avion. Nous avions eu très peur, et nous ne souhaitions qu’une chose, revenir sain et sauf dans notre pays. Les jeunes du quartier de Diré-Dawa, dans lequel nous habitions, nous ont beaucoup aidés. Ils faisaient à tour de rôle des rondes pour veiller au respect de la sécurité des estivants djiboutiens. Et nos jeunes djiboutiens aussi opéraient des rondes avec eux. Nous passions nos soirées à veiller sur les femmes et les enfants qui étaient terrorisés. Nos voisins éthiopiens nous ont demandé de rester avec eux, mais nous ne pouvions pas, car les femmes avaient très peur, elles passaient leurs nuits à pleurer. J’ai un fils qui a reçu une balle à blanc dans le cou, et qui a été opéré. Il est toujours en état de choc. Il se trouve ici à Djibouti avec moi actuellement ».

Propos recueillis par N. Kadassiya

 

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