RÉGION DE L ’IGAD : Protocole sur la libre circulation des personnes et la transhumance

22 avril 2018 8 h 49 min0 commentsViews: 191

La parole aux experts

Au terme de trois jours d’intenses travaux, les consultations nationales, relatives au protocole sur la libre circulation des personnes  et la transhumance dans la région de l’IGAD se sont  clôturées vendredi à Tadjourah. Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce conclave, nous avons interrogé les participants qui nous ont livré leurs impressions sur ce protocole. Florilèges…

« Les assises sur ce protocole nous ont permis de comprendre que le gouvernement djiboutien allait continuer d’ouvrir ses frontières à la population qui arrive dans le respect des règles»

Abdoulaye Barry, représentant du Haut Commissariat pour les Réfugiés  à Djibouti

Abdoulaye Barry, représentant du Haut Commissariat pour les Réfugiés à Djibouti

« C’est une consultation importante pour la région de l’IGAD et surtout pour Djibouti qui constitue un pays de transit pour les autres migrants en partance pour le Yémen et les autres pays. Il est donc important que les autorités djiboutiennes soient impliqués à tous les niveaux pour faire une analyse critique et pour la problématique de la libre circulation .Et je suis très satisfait des différentes discussions que j’ai suivi depuis le premier jour parce que cela reflète une responsabilité et l’engagement de Djibouti à continuer à ouvrir ses frontières à la population qui arrive mais aussi dans le respect strict des règles. Pour le HCR, c’est une terre de rencontre extrêmement importante, et le HCR est responsable de la question de refugiés. Parmi les populations qui traversent le territoire, il y a certaines personnes qui s’engagent à la demande d’asile. Les assises sur ce protocole nous ont permis de comprendre que le gouvernement djiboutien allait continuer d’ouvrir ses frontières à la population qui arrive dans le respect des règles. Il est important dans ce protocole que l’aspect sécuritaire, qui est très sensible, soit pris en compte et que ce protocole soit vulgarisé à plusieurs niveaux pour que les uns et les autres comprennent leurs droits et leurs devoirs. J’ai été impressionné par la participation active des uns et des autres et surtout le sérieux avec lequel le gouvernement a pris en compte cet atelier. Car ce sont des techniciens qui y ont pris part. »

 

« De gré ou de force, on arrivera à un scénario où les barrières seront levées  en termes de

visa et de tracasserie douanière»

Siraj Omar Abdoulkader, Secrétaire Général du ministère de l’Intérieur

Siraj Omar Abdoulkader, Secrétaire Général du ministère de l’Intérieur

« Cet atelier était très attendu, car le point à l’ordre du jour  est un sujet délicat mais aussi important. Une question sur laquelle il était temps de se pencher. Il s’agit de la libre circulation des personnes au sein des pays de l’IGAD. Sur cette question, nous avons un protocole qui a nourri les discussions entre les participants de l’atelier. Lesquels ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Au final, le projet du protocole a été légèrement amendé, de nouvelles propositions ont été ajoutées et ces amendements seront transmis au  secrétariat exécutif de l’IGAD. Avant cela, on a décidé de le remettre aux affaires étrangères qui entameront d’autres discussions dans le cadre d’un comité plus restreint qui comprendra des experts de cette problématique. Il importe  de discuter à tête reposée sur le travail qui a été fait. Pour revenir à nos assises, cet atelier a répondu à nos attentes. Concernant la ratification de ce protocole par les autres Etats membres, je reste positif, car vous savez au niveau du continent africain, pas seulement dans cette région, la volonté est d’aller vers une plus grande  intégration. Alors de gré ou de force, on arrivera à un scénario où les barrières seront levées  en terme de visa et de tracasserie douanière. Et les ressortissants des pays membres de l’IGAD, circuleront librement, bien entendu avec des restrictions qui seront imposées par les différents pays pour garder aussi leur souveraineté. Mais d’une manière générale, la circulation des personnes, des biens et des marchandises sera beaucoup plus fluide».

 

« Nous sommes à l’ère de l’intégration et il ne faut pas en avoir peur »

Colonel Abdoulkader Ibrahim Gona,

Directeur des Renseignements Générauxet de l’Immigration de la Police Nationale

Colonel Abdoulkader Ibrahim Gona,

« Durant trois jours, nous avons débattu  de la libre circulation des personnes et des biens. Cette conférence a regroupé tous les acteurs nationaux des différentes institutions concernées près ou de loin par l’immigration. Il s’agit là d’une consultation nationale sur la libre circulation, un projet élaboré par un consultant. Durant ces trois jours, ce projet a fait l’objet d’un débat. Après les échanges de réflexions, les participants nationaux  ont pu élaborer un projet de protocole reflétant la position commune des experts djiboutiens sur cette question. Ce projet de protocole soumis aux négociateurs des  pays de l’IGAD. Lesquels sont appelés à l’étudier.  Ce protocole est actuellement au stade  embryonnaire et il verra le jour une fois qu’un consensus sera dégagé entre les Etats membres de l’IGAD. C’est une bonne chose qui pourra contribuer au développement de nos économies respectives. Nous sommes à l’ère de l’intégration et il ne faut pas en avoir peur,  tout en privilégiant l’aspect sécuritaire de chacun de nos Etats. Il appartient à chaque Etat membre de l’IGAD de s’exprimer sur ce projet de protocole élaboré par tous les consultants et soumis à la réflexion des experts de chacun  de nos Etats. Une fois que la consultation sera terminée, la contribution de chaque Etat sera prise en compte et les points de divergence feront l’objet d’un consensus et d’un dialogue pour pouvoir entériner ce protocole nécessaire à l’intégration  des pays de l’IGAD. Cette conférence sera réellement une réussite si nous prenons en compte l’harmonisation des législations de chacun de nos Etats pour avoir la même politique sur cette question. Et ce afin de lever les barrières qui sont susceptibles d’entraver la libre circulation des personnes et des marchandises. Nous sommes à l’ère des partenariats et de l’intégration régionale pour le développement de chaque Etat».

 

« Il ne faut pas être frileux»

Saleh Sadèque , Secrétaire Général de l’ONG Bender Jedid

Saleh Sadèque , Secrétaire Général de l’ONG Bender Jedid

« Il s’agit d’une grande opportunité en tant qu’acteur de la société civile. Une réelle intégration de la sous région est en train de se réaliser à travers ce protocole. C’est une opportunité pour la construction des pays de la sous région par rapport à l’intégration régionale. Pour construire une stratégie, il faut avoir une vision. Cette vision est en train de se concrétiser à travers la participation des acteurs étatiques de la sous région et la société civile accompagne cette vision. Cette vision, nous la peaufinons avec les acteurs de la sous région. A mon avis, cette intégration sous régionale permettrait un exercice entre les pays qui va s’étaler également avec toutes les autres entités qui se sont regroupées en Afrique telles que la Sadec, etc… L’union africaine a lancé cette initiative pour mettre en place une nouvelle vision de l’Afrique d’ici 5 ans, voire 10 ans, afin que ses habitants puissent échanger des opportunités. Il ne faut pas être frileux. Car c’est une chance pour tous les pays d’échanger entre eux et pour combler les vides. Je voudrais ajouter que j’ai été frappé par la qualité  du débat entre les participants. Tous les représentants des ministères concernés ont formulé des recommandations pertinentes sur la libre circulation des personnes et biens dans la région de l’IGAD. L’intervention du directeur de l’immigration et des renseignements généraux de la police nationale, le colonel Gona, a été très importante, car il a proposé des recommandations techniques et sécuritaires pour notre pays ».

 

Propos recueillis par N. Kadassiya 

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