RDD/OIM/ Centre d’aide et de Secours « King Salman » : Pour de meilleures réponses aux urgences migratoires

6 décembre 2018 8 h 57 min1 commentViews: 45

Le palace Kempinski a abrité hier une conférence sur la situation des migrants en partance vers les pays du Golfe et le Yémen.  Avec comme thème central qui était : « Tirer parti des dividendes de la paix dans la corne de l’Afrique pour renforcer de manière urgente la gestion des flux migratoires vers le Yémen et les pays du Golfe ».  Plusieurs hauts responsables des pays de la Corne de l’Afrique mais aussi de l’Arabie Saoudite, et du Yémen ont été invités à débattre de la problématique de la migration dans leurs pays respectifs.

RDDOIM Centre d’aide et de Secours « King Salman » (3)

Selon la matrice de suivi des déplacements de l’OIM, environ 100 000 migrants traversent annuellement la mer Rouge et le golfe d’Aden de la Corne de l’Afrique au Yémen, en direction de différents pays du Golfe.

En quête d’emploi et de vie meilleure, les migrants qui font ce voyage sont principalement des hommes jeunes. 20% d’entre eux sont des mineurs non accompagnés.

Ils font face à des difficultés majeures car la majorité d’entre eux traversent à pied les régions les plus arides d’Ethiopie, de Djibouti et de Somalie, ou s’appuient sur des réseaux de passeurs qui facturent des frais exorbitants et utilisent souvent des moyens de transport dangereux et inhumains.

RDDOIM Centre d’aide et de Secours « King Salman » (1)

Cependant, au Yémen, les migrants sont confrontés à des plus grands défis et abus, en raison de la violence liée au conflit, de la stigmatisation extrême, de la famine et des épidémies de maladies infectieuses qui sévissent dans le pays, des mauvaises conditions de détention, de l’exploitation de la main-d’œuvre dans les fermes et de diverses formes de traite d’êtres humains.

Dans de telles conditions, certains migrants n’ont pas d’autre choix que de s’adresser aux centres de ressources pour les migrants de l’OIM dans les différents pays le long de l’itinéraire, à la recherche d’un soutien pour rentrer chez eux.

Au Yémen, en particulier, l’OIM a aidé des milliers de migrants à rentrer chez eux par le biais de programmes de retour volontaire humanitaire (VHR), notamment en aidant les personnes qui ont connu des difficultés extrêmes pendant leur détention.

Cette conférence a permis d’ouvrir des débats de fond autour des principales difficultés rencontrées par les différentes réponses multilatérales en cours. Et ce afin d’identifier des solutions pratiques qui visent à remédier aux aspects les plus difficiles liés à la gestion de ce flux de migration.

L’objectif général de la conférence est de débattre et de prendre des mesures immédiates et concrètes pour faire face à la situation des migrants au Yémen, à destination et en provenance de ce pays. Ce qui impactera considérablement une forte proportion des migrants des trois pays de la Corne de l’Afrique, à savoir Djibouti, l’Ethiopie et la Somalie).

La conférence a réuni le ministre de l’Intérieur, Hassan Omar Mohamed, le superviseur général adjoint des programmes et des opérations au centre saoudien «  King Salman », Ahmed Al Baiz, le ministre de l’administration locale et président du comité du haut relief du gouvernement du Yémen, Abdulraqeb Saif Fateh, la ministre d’Etat aux Affaires étrangères d’Ethiopie, Hirut Zemene, le ministre d’Etat aux Affaires étrangères et de la Coopération de la Somalie,  Abdulkader Ahmed Kheyr.

La ministre de la Femme et de la Famille, Moumina Houmed Hassan, la chargée de mission de l ‘OIM à Djibouti Lalini Veerassamy, le secrétaire exécutif de l’IGAD, Mahboub Maalin, et les représentants d’organisations onusiennes, et de plusieurs autres pays concernés par la problématique de la migration étaient également présents.

Les objectifs visés à travers cette conférence étaient multiples. En premier lieu, les participants devront s’accorder autour des voies et moyens susceptibles de renforcer la coopération entres les différents gouvernements et les partenaires en vue d’assurer la  protection des migrants.

Il s’agira aussi pour les parties prenantes d’encourager les gouvernements à s’approprier les processus de retour et de réintégration dans le cadre des politiques locales et nationales alignées sur les plans de développement, d’identifier les principaux besoins des gouvernements en matière de renforcement des capacités et les domaines dans lesquels il est nécessaire de renforcer la coordination entre eux, notamment les voies légales de migration et d’aider les gouvernements à concevoir des campagnes de sensibilisation axées sur les risques de la migration irrégulière, les possibilités de migration régulière et les facteurs de la migration irrégulière dans les communautés d’origine.

Dans leurs discours respectifs, plusieurs personnalités ont pointé du doigt  la situation extrême que connaissent les migrants sur la route de leur exil. Ils ont par ailleurs mis l’accent sur les dangers et les nombreuses maladies auxquels ils s’exposaient.

Pour la ministre de la Femme et de la Famille, la migration reste un phénomène aussi vieux que l’humanité. « Les hommes ont toujours migré soit pour conquérir des nouveaux espaces, soit pour fuir des situations difficiles.  L’aspect démographiques que nous connaissons actuellement donnes une autre perception de la migration», a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, Mme Moumina Houmed Hassan a rappelé la tradition séculaire d’accueil de notre pays. « Notre pays est  accueillant et nous avons toujours donné une place importante à l’hospitalité .Mais il est nécessaire et indispensable est que les pays hôtes devraient être appuyés par des institutions internationales face au phénomène de migration ».

La conférence s’est poursuivie  par des séances de discussions pour identifier des points d’action spécifiques. Plusieurs sessions de questions et réponses ont également été engagées par les participants en vue d’un meilleur partage de connaissances sur les initiatives humanitaires en cours.

N. Kadassiya 

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