Portrait : « Yahyé pen », un jeune artiste talentueux

22 octobre 2014 15 h 22 min1 commentViews: 277

L’institut Djiboutien des Arts forme depuis sa création une nouvelle génération d’artistes dans tous les domaines. Yahyé Houssein Ibrahim est un pur produit de l’IDA. Un artiste talentueux et touche-à-tout qui promet déjà et vise loin.

D’un naturel calme et le regard altier, Yahyé est peu disert lorsqu’on lui demande d’aborder sa passion pour l’art et sa carrière dans le milieu artistique.

La confiance s’installe progressivement. Il nous append d’emblée qu’entre lui et l’art, c’est une vielle histoire d’amour. Une flamme qui s’est allumée dès ses années tendres. Vers la fin de la décennie 90, il est écolier et passe le plus clair de son temps à dessiner sur des supports de fortune. Le dessin, il ne pouvait s’en passer un seul instant.

En 2004, lors de l’inauguration de la galerie God, il bénéficie d’une formation assurée par une artiste peintre française nommée Françoise Rigolo.

Cette dernière, impressionnée par son talent, l’encouragea à continuer et à persévérer dans cette voie. Grâce à cette formation, il se familiarise avec la technique de l’aquarelle qui est très difficile.

Alliant la couleur et l’eau, celle-ci requiert nombre de savoirs et de geste spécifiques dont l’acquisition et la maitrise demandent plusieurs années.Son BEPC en poche, il se présente en 2006 au concours de recrutement des élèves de l’institut djiboutien des arts et intègre l’IDA.

Après deux ans de formation dans le domaine de l’art plastique, il en sort diplômé en qualité de technicien d’expression artistique. Il est major de sa promotion.

Ainsi commence pour lui une carrière d’artiste. Yahyé a déjà à son actif la réalisation de nombreux tableaux et de toiles. Ses œuvres traitent différents thèmes comme la nature, la tradition, mais aussi les problèmes de société.

En 2010 avec les élèves diplômés de l’IDA, il participe à une grande exposition au camp Lemonnier de l’armée américaine. Les marines américains ont apprécié et acheté certains de ses tableaux.

Le forum culturel de Djibouti, qui s’est déroulé au sein de l’ancien stade municipal en 2012, a été l’occasion pour lui de se faire remarquer. En effet, à l’occasion de ce grand évènement, il présente diverses œuvres d’art tels que la peinture, la calligraphie, la sculpture etc… Il a réalisé aussi une maquette électrique de l’emblème national qui a attiré nombre de participants.

Au mois de décembre 2013, il a participé à la célébration de la journée mondiale de l’artiste et a produit des toiles de peintures abordant le thème de l’immigration clandestine en retraçant le parcours chaotique des candidats à l’immigration.

Il y décrit la soif, la faim et les multiples dangers encourus par ces hommes et femmes qui mettent en péril leur vie à la recherche de l’eldorado.

Parallèlement, il a créé pour le compte du ministère de la culture et des biens waqfs 6 tableaux consacrés aux patrimoines religieux de notre pays.

On y trouve des représentations de la plus vielle mosquée de Djibouti en l’occurrence celle d’Hammoudi, mais aussi la mosquée Al Sada ainsi que celle de Hadj Dideh dessinée avec finesse et d’une grande précision.

Ces tableaux ornent depuis quelques temps les couloirs dudit ministère. Il conçoit aussi des banderoles pour les cérémonies officielles et les particuliers.

Actuellement, il est en train de finaliser son œuvre pour participer aux concours de dessin d’un maillot de l’équipe nationale de football organisé par le secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports.

Les couleurs du drapeau sont intelligemment travaillées dans cette œuvre qu’il nous a dévoilée. Il demeure très optimiste pour remporter ce concours.

Avec son art de manier le crayon et le pinceau, il est naturellement surnommé « Yahyé pen » par ses amis.   Yahyé nous a confié que le plus difficile est la reproduction du regard, de l’étincelle dans les yeux d’un modèle vivant.

De par son expérience accumulée au fil du temps, le mélange des couleurs ne lui pose aucun problème. Il maîtrise ainsi tous les genres artistiques.

On a l’habitude de dire que l’art ne nourrit pas son homme à Djibouti et Yahyé ne fait pas exception, raison pour laquelle il frappe à toutes les portes pour avoir un emploi stable.

Il aimerait travailler au CRIPPEN qui, avec la nationalisation des manuels scolaires, pourrait avoir besoin de ses services et exploiter ses talents de dessinateur.

Son modèle ? Il est un grand admirateur du défunt artiste peintre Djama Elmi God. Il qualifie son idole de génie humain au regard des œuvres qu’il a laissées derrière lui. Sur les traces de Djama Elmi God, Yahyé promet déjà et vise loin. Bon vent, l’artiste.

Kenedid Ibrahim

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