Portrait Osman Abdi Soultan : L’Aïkido ou la quête de soi et d’absolu

11 octobre 2018 8 h 08 min0 commentsViews: 43

D’un naturel réservé et timide, Osman Abdi Soultan est un quadragénaire djiboutien. Ce père de famille tranquille est agent de sécurité dans la base militaire des forces d’auto-défense japonaises (FADJ), sis le long de la route de Nagad.

Portrait Osman Abdi Soultan (2)

Outre son job, il est féru d’aïkido. Sa passion pour cet art martial japonais date de son adolescence. Il allait souvent dans les « dojo », sis au stade Hassan Gouled, dans l’espoir de voir des maîtres d’aïkido en action devant leurs disciples.  Son quotidien d’alors était ainsi fait durant quelques années. Il a fini par rencontrer des militaires japonais spécialisés dans les techniques d’aïkido et de judo au sein du camp des FADJ dès leur déploiement au pays.

Aujourd’hui, des années ont passé après son premier entraînement d’aïkido dans l’enceinte militaire des forces nippones. « Les premières leçons y ont été difficiles pour moi. Car les maîtres japonais d’aïkido ont une rigueur époustouflante dans la pratique de leur art martial qui se transmet de génération en génération. Aïkido signifie en japonais l’art de la maîtrise de soi et de son corps», nous a-t-il confié à la faveur de notre récente rencontre.

C’est en 2017 qu’Osman Abdi Soultan a reçu sa ceinture noire premier dan sous les yeux attentifs des hauts gradés militaires du camp des FADJ et devant une foule de spectateurs agréablement surpris.

A l’entendre, l’aïkido permet non seulement de contrecarrer les mouvements d’éventuels agresseurs, de ne pas céder au sentiment d’insécurité, mais aussi d’évacuer la tension du quotidien, de vider son stress. «Quand on vient faire de l’aïkido, on fait abstraction de l’environnement extérieur. La pratique de cette discipline favorise l’évacuation du stress », a-t-il dit.

En d’autres termes, la maîtrise des techniques d’aïkido est synonyme de meilleure réactivité dans les situations d’agression en supprimant les craintes. La pratique assidue de l’art martial nippon est porteuse d’une plus grande confiance en soi. Elle développe des facultés de concentration et de maîtrise de soi.

Sur le plan physique, l’aïkido développe la souplesse, favorise le relâchement musculaire et améliore le placement du corps. Son essence même est de renforcer les capacités d’endurance, de résistance à la fatigue, et  le dynamisme des pratiquants.

Actuellement président de l’association djiboutienne d’aïkido, fondée en 2012, Osman Abdi Soultan se veut  l’un des pionniers de ce sport sous les cieux djiboutiens. Il a pour objectif  de former  des jeunes disciplines dans l’art de la self défense, la maîtrise de soi,  et le respect d’autrui.

Il entraîne de nos jours une cinquantaine de jeunes et d’adultes,  de différentes classes d’âge. « J’ai commencé l’entraînement pour les juniors puis les seniors  au dojo de l’Institut djiboutien des arts(IDA).  Aujourd’hui, mes élèves maîtrisent les techniques de base de l’aïkido.  Je compte leur transmettre plus dans la pratique de cet art martial qui est guidée par une quête de soi et d’absolu », a-t-il affirmé d’un ton convaincu et convaincant.

Sensei Osman Abdi Soultan ne veut pas en rester là.  Car il nourrit le rêve d’ouvrir une salle d’entraînement pour les filles et de créer un tournoi d’aïkido pour les jeunes dans les années à venir.

Souber 

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