Politique nationale de la formation professionnelle : Garantir une chance à l’emploi pour tous les jeunes Djiboutiens

13 mai 2018 9 h 03 min0 commentsViews: 44

A l’issue de quatre journées d’intenses débats et de réflexions, les participants appelés à élaborer les documents de la politique nationale de l’enseignement technique et de la formation professionnelle ont proposé une première ébauche de la ladite politique devant le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Moustapha Mohamed Mahamoud, et sa collègue en charge des Affaires sociales, Mouna Osman Aden, qui ont officié jeudi dernier à la cérémonie de clôture de l’atelier.

Politique nationale de la formation professionnelle (2)

Les officiels et les participants des travaux de l’atelier ont été heureux de prendre connaissance des résultats de la large mobilisation des secteurs public et privé, et du tissu associatif autour des experts et techniciens de l’enseignement technique et de la formation professionnelle qui a débouché sur l’élaboration d’une première ébauche de la politique nationale de l’ETFP.

La concertation nationale a bel et bien donné les résultats escomptés par le MENFOP et les partenaires au développement soucieux d’accompagner la dynamique d’émergence de notre économie qui commence à sortir de l’ornière.

Restitutions des travaux des groupes thématiques. De quoi ravir le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Moustapha Mohamed Mahamoud,  et sa collègue en charge des Affaires sociales, Mouna Osman Aden, qui ont suivi avec enthousiasme les restitutions des travaux des groupes thématiques qui ont planché sur des questions comme la gouvernance, le financement, l’aide à l’insertion et l’ingénierie de la formation en matière d’ETFP.

Il ressort de ces exposés que les experts, les techniciens du MENFOP et les représentants des secteurs public et privé,  et des acteurs du tissu associatif ont tout d’abord tenu à redéfinir les principes et les fondements principaux de la formation professionnelle de l’ETFP.  A ce titre, ils ont fixé comme objectif à cette politique de construire d’abord un système performant, dynamique et attrayant pour répondre aux besoins de l’insertion des jeunes du pays.

Par ailleurs, ils ont mis l’accent sur l’absolue nécessité d’installer une gouvernance démocratique, mobilisatrice, évolutive, multidimensionnelle et politique. Et ce, faut-il ajouter, afin de définir des normes de qualité au moment de sa mise en place. Puis, des solutions concrètes ont été proposées pour les questions cruciales qui doivent définir cette politique. Il s’agit tout d’abord de la gouvernance partenariale qui nécessite la création d’organes de concertation et de décisions, mais aussi le recueil des informations et l’établissement de  relations avec l’environnement pertinent. Pour ce faire, il a été recommandé de créer et développer les organes de concertation à tous les niveaux de prise de décision, d’instaurer un management participatif, de définir les principes et fondements de ce partenariat et de tracer les contours d’une politique générale de la communication.

Financement de l’ETFP. « L’argent est le nerf de la guerre » dit-on. Le financement de l’ETFP a toujours été le nœud du problème. A ce titre, il a fallu être ingénieux pour définir une politique nationale et des mécanismes de financement quantitatifs et qualitatifs pour financer l’organisation stratégique des plans de formation de l’enseignement technique de la formation professionnelle. Aussi, il a fallu revoir en profondeur les  sources de financement de l’ETFP, mais aussi les instruments de financement, le cadre institutionnel régissant le financement de la formation professionnelle, les modalités d’utilisation des fonds et les structures de gestion et des modalités de suivi et de contrôle. Le groupe de réflexion a recommandé de redynamiser les sources de financement dans une approche systémique et de développer des stratégies d’incitation à la participation aux coûts de financement de la politique nationale de la formation professionnelle. Mieux encore, il a été préconisé de définir un cadre institutionnel régissant le financement de la formation professionnel  tant dans les modalités d’utilisation des fonds que du suivi et du contrôle.

L’autre point clé de la politique nationale de l’ETFP est justement l’ingénierie de formation qui doit mieux répondre aux attentes et besoins de l’insertion professionnelle des jeunes et des chômeurs. Les réflexions ont tourné autour de plusieurs fenêtres d’observations dont notamment les modalités nécessaires à la bonne gestion de l’ingénierie de formation, la prise en compte des besoins du marché, le renouvellement du parc des équipements, les modalités des formations et les outils d’évaluation de l’impact des formations. Experts, acteurs et partenaires de l’ETFP ont convenu de plusieurs choses.  D’abord le renforcement de l’articulation de la formation technique et professionnelle autour des réalités socio-économiques du pays. Ensuite, la dotation des établissements en matériels suffisants et adéquats. Mieux encore, il a été préconisé de passer d’une logique de planification à une logique de projet de formation. Pour cela, il est indispensable d’élaborer des référentiels de formation riches et contextualisés, mais aussi d’assurer une meilleure coordination de la gestion des élèves en milieu professionnelle et enfin de former toutes les ressources humaines.

Objectifs de l’ETFP. L’insertion professionnelle est l’objectif premier de la politique nationale de l’ETFP. D’où l’absolue nécessité de créer une organisation cohérente, pratique, moderne et adapté pour mieux faire face aux attentes et besoins de l’insertion professionnelle des jeunes et des chômeurs. A cet effet, toute l’attention a été portée d’abord à la collecte d’information sur le marché de l’emploi au niveau régional, national et international. Puis, il a été question de renforcer l’adaptabilité des jeunes diplômés et d’améliorer l’employabilité des jeunes femmes, hommes, des personnes à besoins spéciaux tout en repensant les outils de l’insertion professionnelle. Au regard de l’importance de la thématique, les recommandations ont été  plutôt nombreuses. Il a été jugé indispensable de créer une législation propre au MENFOP par rapport à l’insertion professionnelle. Par ailleurs, doter les établissements de formation d’un espace d’aide à l’insertion pour favoriser un mécanisme d’arrimage s’est avéré essentiel. De même, la double nécessité de développer d’une part les programmes d’insertion adaptés à tous publics et de renforcer par ailleurs les capacités de la veille sectorielle pour couvrir tous les secteurs productifs s’est imposée d’elles même. Il en est de même pour la facilitation des démarches de la création de la micro-finance et le développement d’un cadre de partenariat entre la DGETFP et l’ANEFIP en matière d’insertion des jeunes. Tout cela exige l’utilisation des centres communautaires pour la vulgarisation des informations.

A l’issue des présentations qui ont ravi les officiels, le directeur générale de l’ETFP, Abdoulkader Houmad, a précisé que les documents élaborés lors de cet atelier seraient soumis à l’appréciation des opérateurs économiques et des acteurs et partenaires de la formation professionnelle avant l’adoption d’un plan d’action lors d’un prochain atelier. C’est lors d’un prochain atelier que cette politique nationale de l’ETFP entrera en vigueur pour une période de dix ans.

De son côté, la secrétaire d’Etat chargée des Affaires sociales, Mouna Osman Aden, a insisté sur l’intérêt d’un système de formation professionnelle efficient afin de lutter efficacement contre la pauvreté en améliorant les chances d’insertion professionnelle des jeunes. « Ce qui requièrt une formation professionnelle adaptée qui aidera le secteur privé à être plus compétitif et plus conquérant au sein d’une économie mondialisée », a-t-elle déclaré.

Pour sa part, le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Moustapha Mohamed Mahamoud, a longuement rendu hommage au sens de l’engagement des  participants issus des secteurs public et privé, et du tissu associatif aux côtés du MENFOP dans ce travail d’élaboration d’une politique nationale de l’ETFP. « Une nécessité absolue pour donner au système de formation professionnelle une meilleure pertinence et de meilleurs résultats en termes d’insertion professionnelle des jeunes », a-t-il martelé.

Le ministre Moustapha Mohamed Mahamoud a enfin laissé parler son cœur pour remercier en toute sincérité et humilité l’ensemble des participants qui ont contribué au succès de ces quatre longues journées de réflexions et d’échanges pour produire un document fiable et convaincant qui devrait susciter l’adhésion des partenaires de la formation professionnelle.

MAS 

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