Lutte contre le Sida : Abattre le mur des discriminations

16 août 2017 8 h 21 min0 commentsViews: 22

Nombreuses sont  les personnes séropositives qui  ne sont pas informées de leurs droits. Elles ont surtout peur des discriminations qui contribuent à construire un mur entre elles-mêmes et le reste de la société. Les personnes vivant avec le VIH/Sida sont ainsi contraintes de vivre dans la clandestinité. De ce fait, elles ne s’impliquent pas  efficacement dans la lutte contre le Sida.  Quand leurs droits sont respectés, elles se sentent mieux armées pour affronter la maladie et surtout briser la chaîne de contamination. Cette reconnaissance sociale donnera aussi aux PVVIH et à leurs familles le courage de mieux faire face au VIH/Sida en préservant  leur santé, leur emploi, leur qualité de vie, et de bâtir des projets d’avenir. Telles sont les leçons majeures à tirer de la session de formation de 15 jours sur la promotion et la protection des droits des personnes séropositives qui s’est achevée hier dans la salle de conférence du Secrétariat exécutif du CTILSPT.

Un atelier de formation sur la promotion et la protection des droits des personnes vivant avec le VIH/Sida s’est clôturé hier dans la salle de conférence du Secrétariat exécutif du comité technique interministériel de lutte contre le sida, le paludisme, et la tuberculose (CTILSPT).  D’une durée de 15 jours, la session de formation a été conjointement organisée par le Secrétariat exécutif du CTILSPT, le Programme des nations unies pour le gouvernement(PNUD), et le réseau national des personnes séropositives (RNDP+). Ces assises studieuses ont vu la participation d’environ 150 femmes et hommes, représentatifs des bénévoles de différentes associations actives dans les communes de Ras Dika, Boulaos, et Balbala de la capitale.

Sous la houlette de Me Abdillahi Aïdid Farah, les unes et les autres ont suivi depuis mardi 1er août dernier des modules sur un programme d’appui juridique, destiné aux personnes vivant le VIH/Sida. Le formateur a abordé plusieurs  thématiques portant sur les droits humains et leur application dans le domaine de la santé et du VIH/Sida, le dispositif légal national pour la protection des droits des PVVIH et les autres personnes vulnérables, notamment la loi de 2007 sur la protection des PVVIH. Me Abdillahi Aïdid Farah a également sensibilisé les apprenants sur le nécessaire respect des droits et devoirs des PVVIH, les rôles respectifs  du réseau national des PVVIH (RNDP+) et des associations dans la protection des personnes affectées et infectées.

A l’issue des séances de formation, les participants ont formulé une série de recommandations. Citons notamment  le renforcement de la collaboration entre les acteurs de la société civile et les sphères de décisions des pouvoirs publics concernés, la mise en place des stratégies préventives de proximité sur les droits des PVVIH, la vulgarisation des droits de ces derniers, la création des points locaux au sein de la société civile, l’implication du système éducatif dans la problématique du VIH et des droits PVVIH, l’organisation des causeries de proximité entre les séropositifs, les leaders communautaires, et les habitants dans les quartiers.

L’objectif général recherché par ce biais est d’améliorer la qualité de vie des PVVIH et d’autres groupes vulnérables à travers la réduction de la stigmatisation et la création d’environnement légal propice à Djibouti.

En effet, les personnes qui vivent avec le VIH ont besoin d’être soutenues pour faire face aux défis multiples d’une maladie chronique, incurable et en général fatale, qui peut entraîner un rejet social. L’angoisse dramatique de l’annonce du diagnostic, le vécu de la maladie et l’incidence de ses complications sur la vie psychique et sociale des malades, souvent jeunes et fragilisés, rendent incontournable leur prise en charge médicale et psychosociale.

Le constat nous renvoie au bien-fondé du dispositif légal en place.  Il s’agit de la Loi n 174AN/ 07/5eme du 12 mars 2007. Laquelle garantit la protection des droits des personnes vivant avec le VIH. Elle fixe aussi leurs devoirs et responsabilités. Elle donne aux PVVIH, à leurs familles et aux groupes vulnérables des droits spécifiques comme le droit à l’emploi, aux soins et à l’éducation.

Nombreuses sont cependant, les personnes séropositives qui  ne sont pas informées de leurs droits. Elles ont surtout peur des discriminations qui contribuent à construire un mur entre elles-mêmes et le reste de la société. Les PVVIH sont ainsi contraintes de vivre dans la clandestinité. De ce fait, elles ne s’impliquent pas  efficacement dans la lutte contre le Sida. Quand leurs droits sont respectés, elles se sentent mieux armées pour affronter la maladie et surtout briser la chaîne de contamination. Cette reconnaissance sociale donnera aussi aux PVVIH et à leurs familles le courage de mieux faire face au VIH/Sida en préservant  leur santé, leur emploi, leur qualité de vie, et de bâtir des projets d’avenir.

La réalisation du droit à la santé est étroitement liée à la réalisation des autres droits de l’homme comme le droit à l’alimentation, au logement, au travail, à l’éducation, à la non-discrimination, à l’accès à l’information et à la participation.

Dans le contexte national de l’épidémie de VIH/Sida, la promotion et la protection des droits de la personne sont essentielles à l’atteinte des objectifs en matière de santé publique, à savoir la réduction de  la vulnérabilité à l’infection au VIH  et des méfaits du Sida sur les séropositifs,  et l’habilitation des personnes et des communautés à lutter efficacement contre le VIH/Sida.

Mohamed Chakib 

 

Ils ont dit…

Isse Baragoita Isse,  président de la société civile de la commune de Balbala : – « Cet atelier nous a beaucoup apporté sur la compréhension des droits des personnes vivant avec le sida. Car le sida se transmet par des voies bien spécifiques. Il est important pour tous de ne pas rejeter les personnes séropositives qui sont psychologiquement vulnérables. Il faut les aider dans leur combat contre la maladie ».

Imane Chamarké Idriss,  représentante d’une association à Hodan : –  « Cette formation nous a permis  de mieux cerner  les droits des personnes atteintes de VIH, et leurs devoirs vis a vis de leur concitoyens. Les personnes malades sont très vulnérables et ont  plus que jamais besoin du soutien de leur communauté. Nous devons véhiculer l’information auprès de tous les jeunes  a travers des sketchs et ainsi réduire le poids de la discrimination et de la stigmatisation dus à l’infection au VIH/SIDA. Il faut accentuer la prévention auprès des futurs géniteurs que sont les adolescents et les jeunes.

Une association mène une campagne de sensibilisation dans notre quartier et ceux voisins pour une Génération sans Sida dans notre pays. Inch Allah.

 

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