Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme : Le COMESA renforce les capacités de l’unité de renseignements financiers de la BCD

16 mai 2018 8 h 22 min1 commentViews: 153

La Banque centrale de Djibouti a organisé hier une cérémonie de réception de matériels informatiques et des logiciels spécialisés dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Du matériel offert par le Secrétariat du COMESA à travers son département dédié à la paix et à la sécurité avec un appui financier de l’Union européenne.  

Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (1)

Le COMESA a remis à l’Unité de renseignements financiers (URF) de la Banque centrale de Djibouti des équipements informatiques et des logiciels analytiques d’une valeur de plus de 110 000 Dollars US. Les outils ont été acquis dans le cadre du Programme régional de la promotion de la sécurité maritime du COMESA (MASE), financé par l’Union européenne. Les équipements sont destinés à améliorer l’efficacité des travaux analytiques réalisés par l’URF et la qualité des renseignements diffusés aux organismes chargés de l’application de la loi et autres acteurs concernés pour soutenir les efforts quotidiens du pays visant à lutter contre le blanchiment de capitaux et les crimes financiers.

Les acteurs du programme MASE. A part le renforcement des capacités informatiques de l’URF, le COMESA a également assisté Djibouti à traduire en arabe les lois contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), une étape importante dans les efforts du pays visant à aligner ses politiques aux normes internationales et devenir membre du Groupe d’action financière pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord (GAFIMOAN).

Trois autres Communautés économiques régionales (CER) mettent en œuvre le programme MASE portant sur différents volets de la sécurité maritime et la lutte contre les crimes maritimes. Ces CER sont l’Autorité Intergouvernementale pour le Développement (IGAD), la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de l’Océan Indien (COI).

Pour le COMESA, le volet du programme est mis en œuvre en partenariat avec Interpol et se focalise sur le renforcement des capacités dans la région de l’AfOA-OI pour contrecarrer le réseau financier des pirates et leurs financiers. Le COMESA s’emploie à renforcer la chaîne de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) grâce à l’amélioration de l’environnement juridique en vue de renforcer la capacité des organismes chargés de l’application des lois à enquêter sur les crimes financiers et les poursuivre.

Des efforts concertés. La cérémonie a vu la participation du gouverneur de la BCD,  Ahmed Osman Ali, de l’ambassadeur de l’UE à Djibouti, Adam Kulach, et la directrice du Comité de la paix et de la sécurité au sein du COMESA, Elisabeth Mutunga.

A la réception des équipements au nom du gouvernement, le Gouverneur de la Banque centrale de Djibouti a déclaré que la lutte contre la criminalité financière nécessite des efforts concertés. « La remise d’équipements que nous assistons aujourd’hui est d’une grande importance pour Djibouti. Cela permettra de renforcer considérablement nos efforts pour lutter contre les différentes formes de criminalités financières dans la région », a-t-il déclaré. M. Ahmed Osman Ali a souligné combien le nouveau matériel raffermira et renforcera les moyens du service de renseignement financier. « Ce matériel permettra d’avoir un dispositif complet pour parer à la menace du crime financier et du soutien financier à la terreur » a-t-il dit. Puis, le patron de la BCD a insisté sur l’intégration de notre pays aux instances internationales dédiées à la lutte contre le crime financier et le soutien fiduciaire au terrorisme.

Devant l’ensemble des cadres et des responsables de la Banque Centrale, la responsable du comité de la paix et de la sécurité du COMESA a longuement mis en lumière l’intérêt et l’utilité de ces matériels dans la lutte contre la terreur et le crime financier. A ce titre, elle a indiqué combien ce matériel renforcera de manière exponentielle les capacités du service de renseignement financier de la BCD qui a rejoint le Groupe d’action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. L’occasion aussi pour Mme Mutunga de rappeler que « la lutte contre le blanchiment d’argent ne pourra réussir que si les institutions clés de la région sont renforcées et fonctionnent également dans le respect des normes internationales». Elle a insisté sur l’impérieuse nécessité d’avoir « de bons cadres législatifs et aussi un forum pour un échange d’informations adéquat, à la fois dans le pays et entre les pays ». Plus généralement, elle a insisté sur l’importance et le rôle clé des institutions comme «l’unité de renseignement financier qui initie l’action contre un crime de blanchiment d’argent parce qu’elle a mandat et responsabilité pour engager des actions et recevoir des informations sur les transactions de devises suspectes et importantes ».

L’occasion pour elle de rendre hommage aux autorités publiques Djiboutiennes qui ont pris l’initiative de fonder l’Unité de renseignement financier indépendante de la Banque centrale qui tient ce rôle pour le moment. Cette unité qui sera totalement opérationnelle et indépendante et répondra aux standards internationaux.  Elle a enfin formulé quelques recommandations pour améliorer la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle a conclu en remerciant chaleureusement la délégation de l’Union européenne pour son appui financier et son précieux soutien qui touche à tous les domaines.

De son côté, l’ambassadeur de l’UE à Djibouti s’est dit fier et honoré d’apporter l’appui de l’Union européenne à une action aussi importante que la lutte contre le crime financier et le terrorisme. Il a affirmé qu’il s’agit d’un engagement permanent de l’UE de lutter et participer pleinement à la répression voire l’éradication des fléaux du terrorisme et des crimes financiers.

Par ailleurs, M. Adam Kulach a mis en exergue que l’UE se tiendra toujours  aux côtés de la République de Djibouti, mais aussi les pays de la région afin d’améliorer les conditions de vie des populations à travers de nombreux projets socioéconomique vitaux. Il a conclu son intervention en rappelant que ce projet s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la piraterie maritime qui s’est fortement estompée depuis quelques années malgré quelques pics de reprises des activités de pirateries qui sont toujours fermement combattu par l’opération Atalante menée par les navires de guerre des pays de l’UE.

Pour revenir au programme MASE, il est financé par l’UE à hauteur de 37,5 millions d’euros pour la période 2013- 2020. Il est mis en œuvre par les organisations régionales de l’Afrique orientale et australe et de l’océan Indien, à savoir l’IGAD (ordonnateur général), l’EAC, le COMESA et la COI. Les autres partenaires incluent les missions européennes, des agences des Nations unies (UNODC, FAO), Interpol. Le programme comprend cinq volets. Le volet du COMESA est le suivant : Démantèlement des réseaux financiers liés aux crimes maritimes et minimisation de leur impact économique.

MAS 

 

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