L’initiative Water for Africa

21 novembre 2017 8 h 59 min0 commentsViews: 49

Samedi 11 novembre 2017, au lendemain de la Journée d’action pour l’eau qui a ponctué le quatrième jour de la COP23, l’initiative Water for Africa («L’Eau pour l’Afrique ») a fait l’objet d’une présentation au sein du pavillon du Maroc ouverte aux organisations de la société civile. Water for Africa a vu le jour sous les auspices d’une COP africaine, lors de la COP22 à Marrakech, à l’initiative du Maroc et avec la bénédiction de la Banque africaine de développement, qui a d’emblée offert son soutien.

La secrétaire d’État chargée de l’Eau au Maroc, Charafat Afilal, la directrice de la division des Sciences de l’eau et secrétaire du Programme hydrologique international à l’UNESCO, Blanca Jiménez-Cisneros, par ailleurs membre du Conseil mondial de l’eau, ainsi que Jean-Michel Ossete, coordinateur de la Facilité africaine de l’eau de la Banque africaine de développement (BAD), présidaient à cette présentation de l’initiative qui fêtait là son premier anniversaire.  « La Banque africaine de développement a d’emblée adhéré à l’initiative avec toute la bonne volonté nécessaire », a souligné la secrétaire d’État du Maroc Afilal, exprimant sa gratitude à l’endroit des partenaires mobilisés. Elle a surtout insisté sur l’intense travail abattu en amont, pour éviter tout risque de duplication avec les initiatives existantes dans le secteur. Un an à peine après sa naissance, l’initiative affiche déjà un portefeuille d’une dizaine de projets à travers le continent.

« Quand, à Marrakech, nous avons pris l’engagement de faire en sorte que cette initiative soit opérationnelle d’ici à la COP23 à Bonn, cela semblait irréalisable, a raconté le coordinateur de la Facilité africaine de l’eau (FAE), Jean-Michel Ossete. Mais nous avons réussi le défi ! » Et de préciser que la Banque africaine de développement avait vite pris la décision, «sans hésiter », de financer le recrutement d’un expert de renommée internationale pour sa connaissance aiguisée des enjeux du secteur en Afrique, afin de s’assurer de la qualité du document de présentation de cette initiative africaine. Preuve de la dimension panafricaine de Water for Africa et de l’adhésion qu’elle suscite, le Conseil africain des ministres chargés de l’Eau (AMCOW par acronyme anglais), n’a pas hésité non plus à l’endosser.

Présent lors de cette session, l’ex-secrétaire exécutif de l’AMCOW Bai Mass Taal s’est d’ailleurs réjoui, dans son allocution, que l’eau soit désormais au cœur de la COP : « À la COP de Copenhague, quand je parlais de l’eau, ou même à Cancun, on me regardait comme un martien !»

Afin de mieux souligner les progrès en cours de l’initiative, Jean-Michel Ossete a tenu à préciser les étapes à venir prochainement, qui lui donneront de l’ampleur : du 24 au 28 novembre, l’AMCOW fêtera son quinzième anniversaire à Abuja, au Nigeria. C’est d’ailleurs le premier Conseil africain des ministres de l’eau auquel le Maroc va assister, en sa qualité de fer de lance de l’initiative Water for Africa.

Bamako devrait ensuite accueillir, d’ici à la mi-janvier 2018, le Groupe des négociateurs africains (AGN par sigle anglais) – qui bénéficie de l’appui de la Banque –, réunis pour faire le point sur les Contributions déterminées au niveau national (CDN) sur le continent. Puis suivra, lors de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, une concertation de tous les acteurs concernés des 54 pays africains, ainsi que les institutions de financement dans le secteur de l’eau et du climat et les communautés économiques régionales, l’occasion de mieux faire connaître l’initiative Water for Africa et de la déployer sur l’ensemble du continent.

La COP23, qui a ouvert ses portes le 6 novembre 2017 à Bonn, s’achève le 17 novembre. Si l’Allemagne accueille l’évènement pour des raisons logistiques, cette édition est présidée par les îles Fidji, archipel du Pacifique concerné au premier chef par le changement climatique, mis en péril notamment par la montée du niveau des océans et les épisodes climatiques extrêmes (ouragans…).

Une délégation de la Banque africaine de développement y est présente, forte de spécialistes du changement climatique, des négociations, du secteur de l’eau et de l’assainissement, de l’agriculture, de l’urbanisation et des villes durables.

À propos de la Facilité africaine de l’eau (FAE). La FAE est une initiative du Conseil des ministres africains chargés de l’eau (AMCOW), hébergée et administrée par la Banque africaine de développement (BAD). Créée en 2004, à titre de Fonds spécial, elle entend aider les pays africains à atteindre les objectifs fixés par la Vision africaine de l’eau 2025.  La FAE octroie des dons – 50 000 à 5 millions d’euros – à un large éventail d’organisations et d’institutions opérant en Afrique, pour soutenir des projets qui répondent à sa mission et à sa stratégie. En moyenne, chaque euro investi par la FAE a attiré 35 euros d’investissements supplémentaires.

La FAE est financée par l’Algérie, l’Australie, l’Autriche, le Burkina Faso, le Canada, la Commission européenne, le Danemark, l’Espagne, la France, la Fondation Bill et Melinda Gates, le Fonds nordique de développement, la Norvège, le Royaume-Uni, le Sénégal, la Suède, et la Banque africaine de développement. La FAE est gouvernée par un Conseil de direction externe représentant les 16 bailleurs, UN-Water Afrique, l’Union africaine via le NEPAD, l’AMCOW et la BAD.

BAD

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