Les confidences d’un routier éthiopien

19 août 2018 8 h 47 min1 commentViews: 109

Affeworki Guébré Mariam est routier originaire d’Addis-Abeba. Âgé de 43 ans, il conduit un camion citerne. Durant notre conversation, il a arboré la carte Jaune COMESA de son véhicule, fourni par son assureur l’autorisant à circuler dans notre seul Djibouti.

Il a annoncé avoir emprunté l’axe routier Assab-Addis-Abeba durant quatre années avant que son pays et l’Erythrée s’engagent dans une guerre meurtrière en raison d’un différend frontalier. Et depuis le détournement du trafic commercial éthiopien vers le port de Djibouti, il a fait ces deux dernières décennies des allers et retours sur les routes de Djibouti. En livrant ses premières impressions sur l’utilisation des infrastructures portuaires de Djibouti,  Affeworki Guébré Mariam met en exergue la nette  préférence de ses pairs routiers pour le corridor djibouto-éthiopien.

Les raisons sont multiples, affirme-t-il. Djibouti demeure jusqu’à présent une destination sûre. La RN1 ne présente pas des tronçons dangereux. Sauf la pente pas si raide  à proximité du village de Wéa et de celle proche du carrefour séparant la partie de la RN1 menant vers la ville d’Arta qui donnent des sueurs froides aux routiers non vigilants. Des zones qui concentrent la plupart des accidents meurtriers des poids lourds. En comparaison des routes érythréennes dont il avait l’habitude de faire rouler son camion à l’époque de l’utilisation du port d’Assab par son pays,  ce chauffeur éthiopien se souvient  d’un axe routier dominé par des nombreuses pentes raides en altitude qui faisaient beaucoup souffrir son camion. D’autant plus que la distance de cet axe est plus longue que celui sortant du port de Djibouti et allant jusqu’à la capitale éthiopienne. En conséquence, le trajet du côté érythréen s’effectuait en trois jours tandis que les poids lourds sortant du port de Djibouti réalisent le trajet menant vers Addis-Abeba en un jour et demi ou deux jours. Aujourd’hui, le nombre des camions assurant le trafic import-export de son pays et utilisant le port djiboutien est cent fois plus grand selon son estimation que celui qui circulait autrefois en territoire érythréen. Et cela,  en raison de la croissance économique de l’Ethiopie pays qui a généré  d’énormes  importations et exportations en marchandises de toutes sortes. Ce qui cause du retard aux poids lourds aux postes frontalières  où ils subissent des contrôles assidus et aux postes de paiement où ils doivent s’acquitter des redevances de rigueur.

Du point de vue de la sécurité, les routes djiboutiennes sont très sûres. Les routiers éthiopiens ne sont jamais rackettés ni agressé physiquement. Les djiboutiens ne sont pas hostiles avec nous. Ils sont même hospitaliers à notre égard. Ils ont ouvert des nombreux auberges et restaurant à notre intention en divers endroits le long de la RN1. Nous trouvons toujours tout ce que nous avons besoin en termes de nourritures, de toilettes ou d’hébergement à des prix abordables.

Aujourd’hui, je pense fortement que l’utilisation unique des infrastructures portuaires de Djibouti ne suffira plus à assurer la fluidité du trafic commercial de mon pays à cause de son accroissement continuel, confie Affeworkeh Guébré Mariam.

Autre point positif : le temps de passage au port de Djibouti est raisonnable. Puisqu’il est bien  équipé en matériels de chargement et de déchargement modernes.

De loin, Djibouti restera un choix de première préférence pour la majorité des routiers pour l’acheminement du trafic commercial éthiopien d’import-export. Un pays qui entretient des bonnes relations d’amitié avec le notre et qui nous a toujours attiré, a-t-il fini son point de vue sur Djibouti.

Ali Ladieh

 

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