Le visiteur de la semaine : « L’écriture est ma passion » Abdillahi Aouled

Le visiteur de la semaine : « L’écriture est ma passion » Abdillahi Aouled

17 mai 2018 10 h 09 min0 commentsViews: 80

Originaire d’Ali Sabieh et diplômé de la faculté de Lettres de Strasbourg, Abdillahi Aouled est l’un des plus fidèles collaborateurs de notre journal. Son premier article y est publié en 1984. Diplomate de carrière, notre collaborateur de longue date nous a rendu visite dans les locaux de notre  Rédaction. Nous en avons profité de l’occasion pour lui poser quelques questions.

La Nation :-Vous êtes le seul diplomate djiboutien qui se pique d’écrire.  Pourquoi écrivez-vous, en fait ? 

Abdillahi Aouled : – C’est une vieille histoire. L’écriture est ma passion . Quand j’étais élève au Lycée d’Etat, mon prof de français dirigeait le journal du lycée. Mme Aubry, c’est son nom, m’a demandé de participer à la rédaction du bulletin. J’ai accepté. Et ce bulletin  s’était révélé  un excellent terrain d’entrainement pour l’expression écrite. Peu de temps après, j’ai publié mon premier article dans La Nation. Depuis, ça continue.   En vérité, c’est Mme Aubry qui m’a vraiment donné le goût de l’écriture.  Cette amoureuse de la langue de Molière m’a transmis un peu de  son amour. Un jour, je compte lui rendre hommage, à ma façon.

Dans vos écrits, vous avez abordé beaucoup de questions, parfois importantes mais jamais la diplomatie djiboutienne. Comment expliquez-vous cela ?

Cela s’appelle « devoir de réserve ». Parler publiquement de mon travail quotidien, de mes collègues est impossible : j’en serais le premier gêné. Et, ce sera ainsi aussi longtemps que je serai « dedans ».

Et une fois « dehors » ?

Une fois « dehors » ? …je ne sais pas trop, ce sera peut-être une autre histoire.  Qui vivra verra.

A vous lire, on a le sentiment que vous vous exprimez avec une certaine liberté de ton. Avez-vous été rappelé à l’ordre par votre hiérarchie ?

Non. Je n’ai jamais été inquiété. Voyez-vous, si on respecte la loi, les bienséances et l’intelligence du lecteur, on doit pouvoir s’exprimer sans problème.

La liberté d’expression a-t-elle des limites pour vous ?

Bien sûr. Une liberté totale, cela n’existe pas. Ma liberté, c’est la loi qui la limite. Sinon, elle serait synonyme d’anarchie. Les attaques personnelles, les insultes, les diffamations, voilà les limites de la liberté d’expression.

Vous avez une longue carrière diplomatique derrière vous. Qu’est-ce qu’un diplomate pour vous?

Un homme ou une femme qui est au service des intérêts suprêmes de son pays. Mais si le soldat manie les armes à feu, le diplomate, lui, manie les mots. Les mots, ce sont les armes du diplomate. A mon avis, pour être un bon diplomate, il faut trois choses : une dose de patriotisme au-dessus de la moyenne générale, une excellente formation linguistique et une solide culture générale.

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