Le point avec…Ayane Osman Abrar Secrétaire exécutive du Comité Supérieur de l’Education et Conseillère technique du MENFOP

11 février 2019 9 h 45 min1 commentViews: 151

« Le chantier est vaste et nous avons du pain sur la planche »

Sur la base des recommandations issues des consultations nationales et du colloque organisés en décembre 2016, d’études et d’évaluations menées par les partenaires ainsi que sur les constats et les diagnostics établis par les inspecteurs, le MENFOP s’est engagé, aussi bien sur le fond que sur la forme, dans une révision des curricula de l’enseignement fondamental (de la 1ère à la 9ème année) et s’est doté , à cette fin, des moyens de favoriser le succès de cette entreprise. Ainsi, il a été créé un comité technique dont je coordonne la réflexion et les activités et qui est chargé, comme le stipule la circulaire n°662 du ministre qui nous fixe les orientations institutionnelles à observer, « d’apporter les ajustements, les compléments et les améliorations idoines ». Pour ce faire, ce comité est composé de forces, intelligences, expertises et expériences du département : des inspecteurs de l’enseignement général et de l’enseignement technique et professionnel : anciens ayant participé à la réforme et nouveaux au fait des innovations technologiques et pédagogiques ; du CRIPEN chargé de l’accompagnement et du suivi ; de la Direction Générale de l’Enseignement, en la personne de la Directrice de l’Enseignement Public ; du CFEEF, pour assurer la cohérence entre les changements induits et la maquette de formation des enseignants ; d’un représentant de l’Observatoire de la Qualité  des Enseignements-Apprentissages.

Nous travaillons depuis plus d’un an maintenant. Nos activités sont suivies de manière régulière par un comité de pilotage que le ministre préside en personne et qui juge de la réalisabilité de nos propositions, critique, améliore et valide nos travaux. Aujourd’hui, nous vous avons livré une petite partie de nos réflexions et présenté un PowerPoint qui portait, grosso modo, sur les nouveaux volumes horaires dans lesquels nous nous sommes efforcés de respecter la chronobiologie des enfants et de rééquilibrer les disciplines.

Ils seront progressivement mis en œuvre, et ce conformément au chronogramme qu’a présenté le DG du CRIPEN. Voici quelques, entre autres, réajustements importants. L’enseignement de la Physique-Chimie commencera dès la 6ème pour ne pas interrompre le continuum des apprentissages dans cette discipline.  L’éducation morale et civique basée sur les valeurs de l’Islam (EMCI) s’enseignera effectivement en français pour favoriser désormais la maitrise de cette langue et éviter la dispersion. J’aimerais présenter aussi quelques nouveautés qui nous ont paru essentielles à introduire dans les apprentissages, il s’agit de l’anglais dès la 3ème année, les enseignements artistiques et la découverte des métiers dès la 6ème année pour explorer tous les talents et potentialités de nos élèves mais aussi pour favoriser un choix et une orientation éclairés à la fin du cycle fondamental, la vie scolaire dès la 8ème année.

Et notre réflexion est, peu s’en faut, loin d’être finie. Aujourd’hui nous passons à la phase de rédaction des curricula et les commissions rédactionnelles composées, naturellement, des enseignants, des membres du CRIPEN et du comité technique vont veiller les mois à venir à rendre ceci concret et possible. En fonction des thèmes abordés, le comité technique peut être et sera, bien entendu, occasionnellement et ponctuellement, élargi des intelligences et des expertises nécessaires : des enseignants, des parents, des chefs d’établissements scolaires, des spécialistes de l’évaluation, des juristes, des experts universitaires, nationaux  et/ou internationaux, etc. Nous comptons, par ces infimes changements, veiller à ce principe d’égalité de chance que veut offrir l’éducation djiboutienne, rendre l’école et les apprentissages plus attractifs pour les élèves, redonner leur place aux parents. Inutile de préciser que le chantier est vaste et que nous avons du pain sur la planche. Je reste néanmoins persuadée que le MENFOP dispose des ressources et des compétences pour le mener à bien. A chaque étape de cette réflexion, nous reviendrons vers nos partenaires.

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