Lancement de la Fondation Mélès Zenawi: Le Président Guelleh évoque la vision et l’héritage politique de Zenawi

21 août 2013 8 h 41 min0 commentsViews: 193

Le président Ismaïl Omar Guelleh a participé hier à Addis-Abeba à la cérémonie de lancement de la fondation Mélès Zenawi, dont la création a été décidée quelques mois après le décès de l’ancien Premier ministre Ethiopien survenu le 20 août 2012 à Bruxelles. La cérémonie de lancement a donc eu lieu hier, 20 août, jour anniversaire de la mort du leader éthiopien. Outre le Président Ismaïl Omar Guelleh, d’autres chefs d’Etat de la région, notamment le président Omar Hassan El Béchir du Soudan et le Somalien Hassan Cheikh Mahmoud, y ont participé. D’autres chefs d’Etat africains se sont fait représenter par des ministres ou des  vice-présidents. Le chef de l’Etat djiboutien a naturellement été invité à prendre la parole. Il a été longuement ovationné. Dans son discours, le chef de l’Etat a évoqué le parcours exceptionnel de Mélès Zenawi : un combattant, un libérateur et enfin un leader dont la vision et le volontarisme ont changé la vie de ses concitoyens et marqué l’Afrique. Le chef de l’Etat a appelé tous ses pairs à soutenir la fondation qui porte le nom de son ami disparu et qui est destinée à contribuer à renforcer les capacités en Afrique. …

Un an après la mort de M. Mélès Zenawi, survenue le 20 août 2012 à Bruxelles, le chef de l’Etat Ismaïl Omar Guelleh est retourné à Addis-Abeba pour évoquer la mémoire et l’héritage d’un homme qu’il a bien connu et avec qui il partageait de nombreuses valeurs.

Le Président Ismaïl Omar Guelleh a en effet été invité par les autorités éthiopiennes, notamment par le Premier ministre Haïlé Mariam Desalegn, à honorer de sa présence la cérémonie de lancement officiel de la fondation qui porte le nom de l’ancien Premier ministre éthiopien.

Cette fondation, dont la création a été décidée quelques mois après la disparition de Zenawi, est destinée à perpétuer la mémoire et surtout la vision de Mélès Zenawi du développement africain.

Hier, à Addis-Abeba, en présence de la veuve et des enfants de Zenawi, les chefs d’Etat africains présents ont évoqué une fois de plus la mémoire de ce brillant dirigeant africain qui a transformé l’économie de son pays et changé la vie de ses concitoyens. Le Président Ismaïl Omar Guelleh a naturellement pris la parole. Il a été longuement ovationné par le  public éthiopien qui a toujours en mémoire son intervention émue à la télévision éthiopienne lors des obsèques de Zenawi et qui sait combien les deux hommes étaient proches.

Le chef de l’Etat djiboutien a d’emblée dit combien, en ce jour anniversaire de la mort de Zenawi, « un ami irremplaçable», il était important de se souvenir et de s’engager à perpétuer l’action de ce grand leader de l’Ethiopie et de l’Afrique. Nous vous proposons de lire ci-après des extraits du discours du chef de l’Etat traduit de l’anglais.

 « Un homme de devoir »

« Notre devoir de mémoire, en plus de l’amour éternel que nous avons pour lui, nous inspirera pour honorer tout ce qu’il était en continuant son travail.

Mélès était un homme de devoir. Mais il était avant tout un érudit. Un étudiant constamment à la recherche de la connaissance. C’est parce que, mieux que quiconque, il savait que le pouvoir de la connaissance peut transformer une société.

Nous nous souvenons tous,  comment dans les moments les plus sombres moments de l’Histoire de l’Ethiopie, il a été à la recherche du sens de son action dans la connaissance. Profondément humaniste, il a emprunté, pour faire face à l’oppression, le difficile chemin de la résistance plutôt que la voie facile de la démission, avec comme armes la connaissance,  la patience et la persévérance de ses compagnons.

Le temps n’effacera jamais les traces des grands hommes, Meles a laissé un héritage qui ne peut être oublié. De par son action,  il a réussi à toucher des millions de gens, même au-delà des frontières de son pays.

Des millions à qui il a ouvert de nouveaux horizons pleins de possibilités et qui savent maintenant que la clé de leur destinée est entre leurs mains et non dans celles des autres. Il voulait que le changement de paradigmes en Afrique vienne de la volonté et de l’action des Africains eux-mêmes.

Sa vision du développement a été proactive mais également  réaliste. Il voulait renforcer le rôle des Etats dans le processus de développement et il connaissait l’importance de l’autonomisation des citoyens.

Il avait été choqué par les tragédies des  famines et des guerres qui avaient frappé son peuple, il a vu l’Etat impuissant, incapable de sauver son peuple de la dépendance et des caprices  des organisations d’aide internationales.

Son action a ainsi été marquée par la nécessité de restaurer à la fois la responsabilité de l’Etat à son peuple et à la dignité des citoyens en leur donnant les moyens de produire afin qu’ils puissent subvenir aux besoins de leurs familles avec les fruits de leur travail.

Le contrôle de l’agenda du développement a été l’un des fondements de son action politique, car il était convaincu de la nécessité de libérer son pays et plus largement le continent africain de leur dépendance de l’aide internationale.

Il comprenait mieux que quiconque que le développement n’est pas un processus exogène, mais plutôt endogène aux sociétés qui le souhaitent et qu’il est donc de leur devoir de concevoir leur processus de développement, définir leurs priorités et de trouver les moyens financiers, humains et autres pour agir.

En deux décennies, ses réformes ont doté l’Ethiopie d’une économie forte capable de transformer la vie des Ethiopiens moyens. Pour l’Afrique, en plus d’être un leader charismatique, il a participé à la renaissance des institutions africaines et à la revitalisation du pacte économique de l’Afrique à travers le NEPAD.

En ce jour symbolique, je suis ravi que l’héritage de Meles transcende sa personne, comme il l’aurait souhaité.

En effet, il savait mieux que quiconque que sa vision devait être acceptée et partagée par beaucoup pour transformer le développement de l’Afrique.

J’invite tout le monde à se joindre à cet effort collectif que nous inaugurons aujourd’hui avec le lancement de la fondation  Meles Zenawi qui soutient, entre autres, la création d’une bibliothèque qui nous l’espérons, deviendra un phare de connaissances africaines et un centre de recherche qui permettra l’émergence d’une nouvelle génération d’intellectuels africains.

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