Journée mondiale de la femme : Sous le signe de l’égalité des sexes

9 mars 2017 9 h 39 min8 commentsViews: 449

Célébrée chaque année, à la date du 8 mars, la journée internationale de la femme est l’occasion de faire le bilan sur la situation de la gent féminine dans tous les pays, y compris le nôtre.

A l’instar du reste  du monde, la République de Djibouti a célébré hier, au palais du peuple, la journée internationale de la femme. Placé sous le haut patronage du président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, l’événement était organisé  par le Ministère de la Femme et de la Famille et l’Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFD) qui avaient choisi comme thème central « La femme djiboutienne a milité pour l’indépendance afin d’acquérir son autonomie ». La cérémonie commémorative a vu la participation de la  Première Dame de Djibouti et présidente de l’UNFD, Mme Kadra Mahamoud Haid, des membres du gouvernement, dont le Premier ministre, M. Abdoulkader Kamil Mohamed, du président de l’Assemblée nationale, M. Mohamed Ali Houmed, de nombreux officiers supérieurs féminins des corps constitués et des porte-voix d’associations de femmes de la capitale et des  régions de l’intérieur.

Célébrée chaque année, à la date du 08 mars, cette journée de rassemblement est également l’occasion de faire le bilan sur la situation des femmes dans tous les pays, y compris le nôtre.

… Les femmes dans un monde du travail en évolution: une planète 50 -50 d’ici  2030. Tel est le thème retenu cette année par l’organisation des nations unies. Le choix met en évidence l’importance primordiale que revêt l’égalité entre les femmes et les hommes.  Il reflète aussi l’évolution de la condition féminine sous toutes les latitudes. L’intitulé évocateur de cette thématique remet l’autonomisation économique, leur évolution et l’éradication des MGF, de la pauvreté au cœur du développement socioéconomique de chaque société dans notre monde d’aujourd’hui.

La dimension du genre maintenant institutionnalisée permet d’assurer le respect et la réalisation de leurs droits notamment en termes d’accès aux services sociaux de base tels que  l’éducation, la santé, l’eau et  l’assainissement. De telles préoccupations universelles figurent parmi les priorités nationales. Elles ont servi de fil conducteur au déroulement de la cérémonie d’hier.

Après la lecture d’un verset du Saint Coran, la cérémonie a pu débuter par des chants des artistes nationaux des troupes Al Ghazali, Gacan Macan et Wagari qui ont toutes glorifié la femme djiboutienne dans ses combats au quotidien. Aussi,  des témoignages de trois générations de femmes qui ont sensibilisé  l’opinion publique sur la préservation de notre culture traditionnelle et l’attachement aux préceptes humanistes et moraux de la religion musulmane.

C’était ensuite au tour des jeunes adolescents sourd-muets fréquentant le collège du Centre de Protection Infantile (CPI) conduite par leur principale,  Nima Hassan Abdillahi d’exécuter devant les officiels plusieurs figures chorégraphiques de nos danses folkloriques.

Les participants de cette journée, placée sous le signe de l’égalité des sexes, ont écouté un poème lu par Zahra Okieh relatant l’évolution de la femme à Djibouti. Ils ont suivi la projection d’un reportage sur les femmes ayant milité pour l’indépendance. Plusieurs témoignages de ce documentaire ont retracé  le rôle que la femme djiboutienne a joué dans la lutte pour notre indépendance. (LIRE LE DISCOURS DU PRésident de la République en Page 3)

…Un esprit d’équité. Après les animations culturelles et la projection du court métrage, place aux discours officiels.

En premier lieu, la secrétaire générale de l’UNFD,  Fatouma Moussa Abdi qui a rappelé l’importance d’honorer la mémoire des mères courage qui ont fait un don de soi et accepté le  sacrifice suprême aux cotés de leurs congénères masculins au plus fort de la lutte pour l’indépendance nationale

«Si notre pays et notre peuple peuvent jouir d’une dynamique de développement et de croissance  inédits, c’est  surtout grâce au courage, a l’abnégation et au sens du devoir de ces êtres que nous devons chérir et honorer a travers le temps. Honneur à ces femmes martyres et à leur lutte victorieuse», a-t-elle martelé avec insistance.

Prenant la parole à son tour, le coordinateur par intérim du système des Nations Unies et représentant de l’OMS à Djibouti Dr. Severin Von Xylander, a évoqué la réduction de la mortalité maternelle et infantile qui est une priorité pour le gouvernement actuel. « Des femmes et des jeunes filles encore, au 21ème siècle, risquent de mourir, a-t-il ajouté, partout dans le monde, pour des causes associées à une grossesse ou un accouchement. «C’est une honte pour toute l’humanité.  C’est une des pires atteintes à la dignité humaine des femmes et des filles. Les mesures prises par Djibouti devraient réduire ces risques», a-t-il ajouté.

Il est en outre revenu sur la loi adoptée par le gouvernement, en 2012 qui  accorde le bénéfice des pensions complètes aux veuves sans considération des périodes de cotisations auprès des caisses de retraites. A l’entendre, il s’agit là d’un  bel exemple des résultats concrets engrangés au fil des ans par la République de Djibouti.

Le responsable onusien n’a pas manqué de mettre en exergue l’importance de tous les programmes en cours qui visent à promouvoir la réalisation du droit au travail, le renforcement de l’employabilité, la génération et la gestion de revenus au bénéfice de  toutes les femmes vivant sur le territoire national.

Avant de lire aux invités de la cérémonie le message du secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres, le coordinateur par intérim du système des Nations Unies Dr Severin a profité de cette occasion pour s’engager à soutenir  la population Djiboutienne et notre gouvernement dans ses efforts tournés vers l’atteinte des objectifs du développement durable(ODD) dans un esprit d’équité à l’horizon de 2030.

Pour sa part, la ministre de la Femme et de la Famille Mme Moumina Houmed Hassan,  a précisé que depuis la prise de fonctions du président de la République en 1999, le développement de notre pays dépendait du degré d’évolution de la femme dans les sphères politiques, sociales, économiques et culturelles.

S’adressant au chef de l’Etat, elle a dit: «Vous êtes convaincu qu’aucun progrès n’est envisageable ni possible sans l’implication effective et active de femmes dans ces domaines. A travers votre politique courageuse et avant-gardiste vous avez marqué l’histoire de la femme Djiboutienne. Des actions et des décisions orientées spécifiquement vers la valorisation du rôle de la femme à tous les niveaux ont été entreprises ces dernières années.»

Très en verve,  la ministre s’est félicitée de l’insertion des femmes dans le processus de prise de décisions est depuis 1999 une réalité qui transforme et modernise le paysage de notre nation.

«Aujourd’hui, les femmes occupent des postes, ministériels, elles siègent a l’Assemblée Nationale, elles, sont diplomates, elles sont membres des conseils régionaux et municipaux. Et la dernière pierre à l’édifice de l’autonomisation politique de la femme est l’élection d’une femme à la tête de la mairie de Djibouti-ville et ceci pas plus tard qu’hier après midi», a-t-elle déclaré  en substance.

En dernier lieu, le président de la République a pris la parole au micro de la tribune. Le chef de l’Etat a su trouver les mots justes en qualifiant la cause féminine de  «combat pour la justice ». Tant elle repose  sur des valeurs universelles de liberté, d’égalité et de dignité. Des valeurs qui doivent rassembler au nom de l’humanité et transcender les préjugés et les clivages hommes-femmes. Des propos qui ont ému plus d’un parmi l’assistance réunie hier au palais du peuple.

La journée s’est clôturée avec la remise des prix  aux mains de Dr. Fatouma Mohamed Abdoulatif pour sa valorisation des ressources végétales dans la phytothérapie et la sécurité alimentaire, de la représentante de l’association Arrey qui œuvre pour les droits des personnes vivants avec le VIH/SIDA et en particulier les femmes,  et de Mme Aicha Robleh pour son militantisme durant les années de lutte pour notre souveraineté.

Rachid Bayleh 

Leave a Reply


Trackbacks