IOG et Desalegn inaugurent le train du Développement

11 janvier 2017 7 h 33 min0 commentsViews: 193

Hier à Nagad, au sud de la ville de Djibouti, la gare centrale de la nouvelle ligne ferroviaire électrique Djibouti-Addis-Abeba a abrité une belle cérémonie marquant le début de la phase d’exploitation de ce que les Ethiopiens et les Djiboutiens considèrent comme le train du développement. Le Premier ministre éthiopien Haïlé Mariam Desalegn, venu à la tête d’une importante délégation gouvernementale, était l’hôte de marque de la République de Djibouti et de son dirigeant, Ismaïl Omar Guelleh, pour cet événement historique. Après plusieurs années d’absence, le train est donc de retour à Djibouti.

Comme en 1917, lors de l’inauguration du train qui a été à l’origine du formidable essor de la ville de Djibouti, l’heure était à l’émotion et à la fierté hier à Nagad lors de la cérémonie inaugurale de la nouvelle ligne ferroviaire électrique Djibouti-Addis Abeba. Le Premier ministre éthiopien Haïlé Mariam Desalegn, hôte de marque  de la RdD pour cette cérémonie, était au côté du président Ismaïl Omar Guelleh en ce matin du 10 janvier marquant la fin officielle des travaux de construction de la nouvelle ligne de chemin de fer entre Addis-Abeba et Djibouti. Moderne, électrique, confortable, le nouveau train est certes différent du premier mais il a les mêmes missions : renforcer les échanges commerciaux et la circulation des biens et des personnes entre les deux pays. Comme tous les grands événements se déroulant sous le ciel de Djibouti, celui d’hier à Nagad, devant cette belle et imposante gare, a été marqué par des chants. Hier, les poésies chantées étaient  dédiées au chemin de fer djibouto-éthiopien, à la fraternité entre les deux peuples et à un futur que l’on espère prospère.

A ces joyeux flonflons s’ajoutaient la fanfare de l’armée et le son plutôt martial de ses cuivres, le tout sous un magnifique soleil de janvier. Outre les dirigeants des deux pays, de nombreux hauts responsables djiboutiens dont le Premier ministre AKM, la Première Dame, le président de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Equipement et des Transports, Mohamed Abdoulkader Moussa, et des personnalités éthiopiennes dont M. Getatchew, le très médiatique directeur de la société éthiopienne des transports ferroviaires, étaient présentes. De même que de nombreux ambassadeurs et autres consuls généraux.

De nombreux discours ont été prononcés en français, en amharique et en anglais. Tous les orateurs qui se sont succédé avant de laisser les dirigeants des deux pays clôturer la cérémonie ont évoqué les formidables opportunités qui s’offraient aux deux pays grâce à cette chaîne de transport dont le train constitue l’un des éléments les plus importants. Le chemin de fer permettra  d’acheminer 3500 tonnes de marchandises par jour, soit 40% du tonnage actuel par le corridor  routier.

Quant au transport de passagers, la nouvelle ligne a une capacité de 1000 personnes par train. Ce projet, comme nous l’avons noté dans nos précédents articles, a coûté 3,5 milliards de dollars, une somme importante empruntée à une banque chinoise, Exim Bank. Hier à Nagad, le Premier ministre éthiopien a souligné que ce train, qui est le premier électrique d’Afrique, pourra être connecté à d’autres réseaux ferroviaires pour, un jour relier Djibouti à Dakar. Le chef de l’Etat djiboutien a pour sa part longuement et avec émotion le rôle historique du chemin de fer dans l’histoire des peuples de Djibouti et d’Ethiopie. « Le rail et la mer ont toujours été considérées comme étant les deux mamelles nourricières de notre République. Marqueurs identitaires, ils ont aussi insufflé la vocation naturelle de hub logistique à notre économie et nourri, par-là, des générations entières de Djiboutiens », a-t-il notamment souligné d’emblée. Lui-même fils de cheminot, le président Guelleh a toujours été attaché au rail et la fin de vie chaotique de l’ancien CDE l’avait affecté. Avec l’ancien Premier ministre éthiopien Zenawi, il n’aura de cesse, dès son arrivée aux affaires, de réfléchir aux voies et moyens de faire ressusciter la ligne historique et, à défaut, d’en créer une nouvelle. C’est désormais chose faite et le Président n’a pas caché sa fierté de l’inaugurer.  « Chaque réalisation, a-t-il dit,  nous rapproche un peu plus de notre ambition de hub logistique régional. Et la part que nous accorderons à l’avenir, la confiance que nous aurons dans notre destin, se mesureront à l’aune de nos investissements ».

Le discours du chef de l’Etat a été, comme l’exige le protocole, le dernier d’une longue série et, avec le Premier ministre éthiopien, il a ensuite dévoilé la plaque inaugurale de la ligne avant de monter à bord du train. Les dirigeants des deux pays ainsi que les nombreux hauts responsables présents ont ensuite fait un voyage aller-retour Nagad-Holl-NAgad avant d’aller déjeuner au palais de la République. Le train du développement est donc parti. A nous de ne pas le rater.

ABS  

 

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