Inauguration de la nouvelle ligne de chemin de fer : En aparté avec…MOHAMED ABDOULKADER MOUSSA Ministre de l’Equipement et des Transports

11 janvier 2017 7 h 57 min0 commentsViews: 71

En marge de la cérémonie inaugurale de la nouvelle ligne ferroviaire djibouto-éthiopienne, le ministre de l’Equipement et des Transports s’est prêté aux règles de l’interview à chaud. Homme de dossier et d’action, M. Mohamed Abdoulkader Moussa a répondu à nos questions sur divers aspects de la mise en exploitation de cette nouvelle ligne ferroviaire électrifiée. Entretien.

« Le  chemin de fer sera un moteur de la croissance économique »

La Nation :- Quelles sont  vos impressions en cette journée historique coïncidant avec la mise en exploitation de la nouvelle ligne ferroviaire électrifiée?

Mohamed Abdoulkader Moussa :-  Je ne vous cache pas l’immense plaisir que j’ai d’être à la tête de ce département en ce jour historique sans doute crucial pour  un développement économique soutenu de notre pays. J’éprouve aussi, en ce jour mémorable, le sentiment de satisfaction que je partage bien sûr avec l’ensemble de mes compatriotes. Car il ne faut pas oublier que le train, bien plus qu’un simple moyen de transport,  revêt un caractère mythique dans notre mémoire collective.

A l’instar de tous mes compatriotes, cette renaissance de la ligne ferroviaire m’inspire un sentiment de confiance sur l’avenir de notre cher pays.

Quels regards rétrospectifs jetez-vous sur l’exécution de ce chantier d’envergure ?

On ne peut porter un regard rétrospectif sur ce chantier d’envergure sans saluer au passage l’engagement et la vision éclairée du président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, dont l’ambition est de faire de Djibouti une plateforme commerciale de l’Afrique de l’Est.

Au Ministère de l’Equipement et des Transports  nous avons agi avec détermination et au quotidien pour que cette politique volontariste du président de la République visant à doter Djibouti des infrastructures adéquates se concrétise. Nous avons suivi avec attention le processus de la restauration de ce chemin de fer par le biais des mécanismes de coordination nationaux ou bilatéraux.

Je suis donc particulièrement heureux que ce projet ait été réalisé  et permettez-moi de féliciter le savoir-faire et l’ingéniosité de la compagnie chinoise et d’exprimer mon infinie gratitude à tous ceux qui ont concouru à la réalisation de ce chantier promoteur pour l’avenir de nos deux pays.

Force est de reconnaître en effet que l’entreprise était difficile mais la ténacité des acteurs impliqués a vaincu les obstacles.

Qu’en est-il des modalités d’exploitation de la nouvelle ligne ferroviaire djibouto-éthiopienne ?

La gestion de la nouvelle ligne est confiée à un opérateur privé chinois. Un contrat d’exploitation de 6 ans a été signé le 28 juillet 2016. L’opérateur en question va incessamment débuter ses activités. Nous espérons un transfert des compétences rapide et efficace pour nos jeunes ingénieurs et techniciens durant cette période de gestion.

Passons maintenant au trafic «passager » des trains. Quelles sont justement les capacités d’accueil des trains dans ce segment d’activités? Et quelles grilles tarifaires la SDCF et l’ERC ont-elles fixé en la matière?

Vous savez,  le nouveau train passager va bientôt circuler entre les deux pays  à plein régime en période estivale,  période où beaucoup des djiboutiens et Djiboutiennes ont l’habitude de se rendre  sur les plateaux éthiopiens pour aller chercher la fraîcheur. La capacité de transport est de plus de 1000 passagers par train. Il est prévu deux trains passagers par jour et en cas d’affluence de passagers l’augmentation n’est pas exclue et 8 trains freight (4 au départ et 4 a l’arrivée). Bien entendu, le transport des passagers constitue un service public et les États ont obligation d’assurer la mobilité, le déplacement des personnes à un prix raisonnable et accessible à tous les citoyens

Serait-il indiscret de vous demander les grandes lignes de la politique commerciale binationale dans le  fret ferroviaire des marchandises ?

À travers la gestion privée de l’exploitation, les deux gouvernements recherchent  une offre commerciale efficace et efficiente. L’opérateur doit être compétitif par rapport aux autres modes de transport, il doit créer des richesses.

Vous êtes bien placé pour savoir que le secteur des transports est hautement concurrentiel.  Quels sont alors  les avantages comparatifs et compétitifs du fret ferroviaire des marchandises entre notre pays et notre voisin éthiopien selon vous ?

Il est vrai que le secteur des transports est concurrentiel mais nous pensons qu’avec cette ligne ferroviaire le gain de temps pour l’acheminement des marchandises vers l’Ethiopie sera assurément préférentiel et conséquent.

Ce train construit avec la technologie chinoise offrira comme avantages comparatifs outre la rapidité, le confort et la sécurité pour ne citer que ceux-là et comparativement au trafic routier qui est surchargé, le trafic ferroviaire sera largement avantageux.

Certains de nos compatriotes anticipent, d’ores et déjà, l’acheminement par train des tonnes de khat destinées au marché national. Faut-il leur donner raison ou non ?

Le khat fait partie du freight susceptible d’être acheminé par train mais c’est un marché ouvert à tous les opérateurs. Si les services, les tarifs du train s’avèrent plus intéressants que les autres modes, et bien,  ce sera un marché acquis. Quelque soit la marchandise, la règle qui prévaut est la même, c’est celle du marché, c’est une question de compétitivité et de satisfaction du besoin du client.

La SDCF a mené ces dernières semaines des causeries de proximité sur les risques d’accidents aux passages à niveau des trains et d’électrocutions en cas de vandalisme ou vol d’équipements ferroviaires dans les localités limitrophes du chemin de fer. Que diriez-vous au public-cible de cette campagne de sensibilisation ?

Tout d’abord, permettez-moi de féliciter la SDCF qui a pris cette louable initiative de sensibiliser nos compatriotes des localités limitrophes sur cette question cruciale de sécurité ferroviaire.

Je voudrais ensuite saisir cette opportunité que vous m’accordez pour m’associer à ce devoir de sensibilisation en portant à la connaissance de nos compatriotes que le risque d’électrocution n’est pas négligeable si le périmètre de sécurité n’est pas respecté. Je fais donc appel à leur sens de prudence et de responsabilité.

Pour les cas éventuels de vandalisme et de vol d’équipements ferroviaires, je peux vous affirmer, d’ores et déjà, que la justice sera impitoyable avec toute personne qui sera jugée auteur de ces genres de forfaits.

Je profite aussi de cette occasion pour attirer l’attention de l’ensemble de mes concitoyens sur l”impérieuse nécessité de préserver cet acquis précieux et significatif qui implique l’intérêt national.

Il était question de la construction d’une ligne ferroviaire Tadjourah-Mekelé, il y a quelques années. Où en est-on dans ce projet ?

Il faut rappeler que Djibouti s’est lancée dans des vastes projets d’infrastructures appelés à jouer un rôle actif dans le développement de notre pays .

Les deux projets ferroviaires dans l’agenda de deux gouvernements l’un au Sud (DJIBOUTI -ADDIS) et l’autre au Nord (TADJOURAH -MEKELE) participent de la politique d’intégration régionale entre Djibouti et l’Ethiopie.

Le premier de ces projets dont nous célébrons aujourd’hui le lancement est achevé. Pour le second, les études de faisabilité ont été bouclées, une partie de financement est acquise, l’autre partie est en train d’être mobilisée. Nous espérons prochainement finaliser ce dossier et passer à la phase de sélection du constructeur.

Comment voyez-vous les perspectives d’avenir du chemin de fer sur le court, moyen, et long terme ?

Il s’agit, il faut le préciser  d’un projet hautement stratégique pour nos deux pays en ce que le chemin de fer permettra à court terme de désengorger le trafic routier, axe principal actuel des flux de marchandises vers l’Ethiopie. Cette ligne ferroviaire électrique permettra de réduire considérablement les coûts logistiques des marchandises.

Je suis profondément convaincu qu’à long terme le chemin de fer sera sans doute  l’élément essentiel de développement des richesses de nos pays respectifs et facteur majeur de l’intégration régionale.

Vos derniers mots pour conclure…

Pour terminer, je voudrais inviter nos chers concitoyens à considérer l’avenir avec optimisme et considérer le lancement de ce chemin de fer comme un rendez-vous immanquable avec le développement économique de notre pays même si les défis restent encore considérables.

Propos recueillis par MOF 

 

 

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