Houssein Assamo : Portrait d’un défenseur de la nature

9 octobre 2014 9 h 33 min0 commentsViews: 259

C’est un homme qui a dédié sa vie à la cause de la nature. Houssein Rayaleh alias Houssein Assamo est un   ornithologue   engagé dans la préservation du patrimoine naturel de notre pays à travers l’Association Djibouti Nature dont il est l’un des membres fondateurs.  Rencontre avec  un bénévole  bien connu d’ici et d’ailleurs et qui maîtrise bien son domaine.

Lorsqu’on demande à Houssein Rayaleh d’où lui vient ce surnom, Assamo, il tient beaucoup à préciser   que contrairement à une version répandue,  il ne s’agit pas du village d’Assamo de la région d’Ali Sabieh om il fut enseignant au début des années 90.

«C’est à Yoboki que j’ai eu ce surnom, car mes cheveux commençaient à grisonner et je mettais du « henné » et mes élèves m’appelaient « Assamole moalim », qui veut dire en afar  le maitre aux cheveux   rouges.

Ainsi,  ils m’avaient affublé de ce  sobriquet  qui depuis  trois  décennies me suit  partout. ». C’était au début de sa carrière d’instituteur.

Au village d’Assamo où il est muté  ensuite,   en 1991 il écrit des poèmes et rédige des articles appelant  à la préservation de l’environnement dans la rubrique environnement du journal La Nation. Il est pigiste au journal La Nation durant plusieurs années, signant  ses papiers Houssein Assamo.

« A Assamo et à Yoboki,  j’avais un contact direct avec la nature, je  peux dire que j’avais un livre grand  ouvert devant moi.», dit-il avec une pointe de nostalgie.

Autre question qui nous brulait  les lèvres :  à quand remonte la passion de Houssein pour la nature ? « Cela remonte à mon jeune âge au début des années 80, comme nombre de petits djiboutiens, j’avais une grande population de pigeons au quartier 7 où nous habitions. Je prenais soin d’eux et les élevait avec dextérité.  » , se souvient-il.

Dans les années quatre vingt dix,  le monde commençait à prendre conscience du danger qui menaçait  l’environnement.

En 1992, la conférence de RIO est organisée, c’est le déclic pour Houssein Assamo qui même si il n’a pas eu l’occasion  d’y participer suivait ces travaux de prés..  Il travaille avec des experts en biodiversité, notamment un botaniste et un herpétologue , spécialiste des reptiles.

En 1997, il bénéficie d’une formation en éducation environnementale au Québec.  «  A partir de cette formation, ma passion pour la nature s’est transformée en engagement»

L’année 1999 est  doublement décisive pour notre ami Assamo.  D’une part, il est muté à l’Office National du Tourisme et de l’Artisanat  (ONTD) en tant que technicien du service de protection des sites et de l’environnement (SPSE), d’autre part, avec quelques amis enseignants, il crée l’Association Djibouti Nature (ADN) qui travaille depuis sa création sur le terrain afin de contribuer aux efforts nationaux  de protection du patrimoine naturel  par la recherche et la collecte des données scientifiques sur la nature si riche, rare  et particulière  de notre pays.

Particulière oui en effet car il ya une espèce d’oiseau qu’on trouve à Djibouti et nulle part ailleurs dans le monde. Il s’agit du francolin qui  a été élevé en symbole national par la mise en circulation en 2012 d’une pièce de 250 FD à l’effigie de cet oiseau en voie d’extinction.

«  A travers cet outil éducatif  à large diffusion qu’est cette pièce de monnaie  destinée à la population djiboutienne sur le francolin de Djibouti en particulier  mais aussi sur l’importance de ressources naturelles en général , le gouvernement  a exprimé son engagement à préserver le patrimoine naturel  du pays », insiste Houssein avant de nous apprendre qu’il est l’auteur de la photo imprimée sur cette pièce de 250FD.

Ceci traduit aussi son engagement personnel pour la préservation et la sauvegarde ce cette espèce d’oiseau dont il l estime la population entre 500 et 1000 vivant dans les monts Goda et Mabla .

Djibouti Nature qui est aussi membre de Bird Life International et de Horn of Africa Regional  environment  Center and Network met en œuvre des programmes d’éducation environnementale de sensibilisation des populations sur l’importance de la nature  afin de la protéger et du développement durable locale. Son cheval de bataille est la conservation de la diversité biologique  et des oiseaux «  nature ».

ADN qui a pignon sur rue route de l’aéroport   a  à son actif la formation de la quasi-totalité des guides touristiques travaillant dans le secteur informel du tourisme à Djibouti.

L’Association a réalisé des unités d’apicultures au profit des familles nomades, élaboré des outils pédagogiques sur les oiseaux de Djibouti  destinés aux élèves et enseignants de l’enseignement de base , des conférences et eco-débats  à l’université de Djibouti et à l’IFAR et enfin constitué une base de données  non exhaustive  sur les oiseaux, les grands mammifères et les plantes de Djibouti.

Comme on le voit, depuis plus de dix ans  cette association est sur tous les fronts dans le domaine de l’environnement.

Houssein Assamo est depuis 2003, conseiller technique du ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de l’environnement et de l’aménagement du territoire.

Il est aussi un adepte du silence  et des grands espaces, poète et photographe à ses heures perdues.  Il a participé tant à Djibouti qu’à l’étranger  à plusieurs expositions photographiques présentant  des scènes de vie  et des gestes quotidiens et éphémères  de la réalité  Djiboutienne ayant pour titre : «L’œil nomade, un voyage à travers le pays Djibouti.

« Fragment de vie » mais aussi « caravane de sel ».   Il a également co-publié en 2013 un livre intitulé « Djibouti , le silence embrasé du désert », avec Stéphanie Billioud-Kergal, journaliste française et Chehem Watta, poète djiboutien.

Il se définit comme un vrai nomade amoureux et défenseur de la nature  qui est né sur le papier le 1er janvier  1963 ou peut-être comme il le dit en plaisantant  en 1960 car sa mère l’aurait  mis au monde un 26 juin, date de l’indépendance de la Somalie, quelque part dans un village nommé «Sanka  Hayramdka » situé au Somaliland. Houssein Assamo est père de 3 enfants. Il espère un jour qu’ils prendront la relève pour défendre la nature.

Kenedid Ibrahim

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