ENTRETIEN

27 décembre 2017 8 h 21 min0 commentsViews: 48

« Organiser une foire et un forum en même temps nécessite une énergie incroyable. Nous avons appris, avec le recul, qu’il faut dissocier les deux événements… »

Youssouf Moussa Dawaleh Président de la Chambre de commerce de Djibouti

Dans l’entretien qui suit, le président de la Chambre de commerce de Djibouti, Youssouf Moussa Dawaleh, nous livre ses appréciations au sujet de la première foire internationale de Djibouti et du forum sur l’intégration régionale qui ont récemment eu lieu dans la capitale. Il dresse un bilan positif et fort motivant. Pour lui, l’expérience est à refaire et à pérenniser.

Youssouf Moussa Dawaleh Président de la Chambre de commerce de Djibouti (1)

LA NATION : Monsieur le président de la Chambre de commerce, quel bilan tirez-vous à l’issue de la foire internationale de Djibouti et du forum que vous avez initiés ?

M. Youssouf Moussa Dawaleh : Le bilan de la foire, et du forum surtout, a été une bonne initiative pour le pays, pour l’ensemble des opérateurs djiboutiens et des opérateurs des pays amis. Nous sommes très heureux, nous remercions Dieu et nous souhaitions que cela soit renouvelé chaque année. C’est la décision que nous avons entérinée dans les réunions de bureau et dans l’assemblée générale. Pour deux raisons : la première, c’est la visibilité de Djibouti par rapport aux investisseurs étrangers et aux opérateurs venus des pays amis qui ont découvert Djibouti. Pour la première fois dans l’histoire de l’Afrique, cinquante opérateurs japonais privés, avec comme chef de délégation un sénateur en charge de l’investissement en Afrique, ont été représentés au cours de l’événement de Djibouti.

C’est un honneur pour le pays, c’est un honneur pour la république dans son ensemble et surtout pour la Chambre de commerce.

La deuxième raison est que pour tous les hôtels, les restaurants, les taxis, les bureaux de change, les voitures de location, cela a créé une retombée de haute gamme. Si vous posiez la question aujourd’hui aux hôtels Sheraton et Kempinski par exemple, ils vous répondront nous ne pouvons pas suffire l’année prochaine, il faut davantage d’hôtels.

Quelle solution, selon vous, pour accueillir plus de visiteurs l’année prochaine ?

Si on augmente par exemple le volume — c’est ce qu’on veut faire pour l’année prochaine pour encourager plus de sociétés étrangères à venir exposer leurs produits ici à Djibouti –, il nous faut donc au minimum 550 nuitées. C’est-à-dire,  pour 100 sociétés il nous faut 550 chambres. La belle expérience qu’on retient pour un début, c’est très bien.  Le forum a aussi donné son impression, avec comme invité d’honneur,  le professeur Carlos, qui est très sollicité partout dans le monde.

Ainsi, on a vu qu’organiser une foire et un forum en même temps nécessitait une énergie incroyable.

Heureusement qu’on a pu s’en sortir sans séquelle. Je veux dire que, du fait d’avoir fait venir autant d’experts pour un premier forum dans le pays, qui parle de son infrastructure et de son développement dans la région, du secteur privé, la foire a aussi été un succès. Nous avons appris, avec le recul, qu’il faut dissocier les deux événements et se consacrer dans un premier temps à la foire qui a un impact direct sur l’économie du pays. Puis, par la suite, au forum qui a un impact à court et moyen termes.

De ce fait, nous avons retenu le mois de décembre pour la foire et entre février et mars pour le forum. Un intervalle d’environ trois mois.

Dans le cas d’une plus grande participation, la foire internationale de Djibouti se tiendra-t-elle au même lieu ?

En effet, nous comptons demander au chef de l’Etat, qui nous a vraiment appuyés dès le premier jour, un endroit où pérenniser la foire de Djibouti. L’idée est d’avoir au moins 100 000 m2, non loin de la ville, et qui correspond  aux normes internationales des sites dédiés à la foire et aux exposants. Le port actuel qui a une zone d’affaires nous intéresse. Nous pourrons y construire nos propres locaux et même déplacer nos locaux et installer un centre d’exposition comme à Kigali, avec un hôtel et tous les complexes qui vont avec.

Cela restera pour les générations à venir.

Concrètement, quelles ont été les retombées réelles pour le secteur privé djiboutien ?

Concrètement, on peut citer déjà les relations qui ont été nouées entre d’abord les milieux d’affaires  djiboutiens, puis une connaissance entre la population djiboutienne et ses opérateurs économiques, ensuite les banques avec les opérateurs djiboutiens et enfin nos opérateurs avec les sociétés étrangères.

Il y a six sociétés japonaises  qui veulent s’installer à Djibouti. Est-ce que ce n’est pas une bonne nouvelle ? Il y a également un  point important : nous avons fait venir 28 tours opérateurs pour discuter avec les opérateurs djiboutiens, pour faire le seul package du tourisme avec l’Ethiopie et Djibouti. C’est une première aussi ! Rien que dans le prolongement d’un jour de la foire, nous avons eu 11600 visiteurs.

Pour conclure ?

Merci au Président de la République, à l’ensemble du personnel de la CCD, à commencer par son SG, le SG adjoint, les directrices des départements qui sont que des femmes dynamiques et diplômées, et je suis très heureux de travailler avec cette équipe.

Merci aussi à l’équipe des magasins généraux qui dépendent de la CCD et qui ont mis toute la logistique nécessaire à notre disposition. Enfin, merci à tous ceux et celles qui nous ont épaulés ou encouragés dans cette belle aventure.

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