Entretien avec…Jilani Moussa Wais Responsable du SMUR de l’Hôpital de Balbala dit Cheiko

Entretien avec…Jilani Moussa Wais Responsable du SMUR de l’Hôpital de Balbala dit Cheiko

25 janvier 2018 8 h 10 min7 commentsViews: 158

Jilani  Moussa Wais est formé en tant que technicien supérieur en anesthésie et soins intensif en 2006 à Monastir  en Tunisie. Egalement titulaire d’un Master en urgence médicale et chirurgicale à l’université de Niamey,il est actuellement responsable du Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR) de l’hôpital de Balbala.A travers cet entretien, il nous présente les différentes missions de ce service qui est chargé de veiller au bienêtre sanitaire des djiboutiens 24/24.

Jilani Moussa Wais (1)

« Le SMUR projette d’agrandir son champ d’action pour pallier l’absence du SAMU »

La Nation : Qu’est ce d’abord le SMUR? 

Jilani  Moussa Wais :- Le SMUR comme son nom l’indique est une structure mobile d’urgence et de réanimation dont la mission première est la prise en charge des malades  en dehors des structures sanitaires. Par ailleurs, le service mobile d’urgence et de réanimation  réalise des soins d’urgences avant et pendant le transport d’un patient vers un établissement hospitalier adapté.

En quelle année a été mise en place cette unité d’urgence et de réanimation  au sein de l’hôpital de Balbala ?

Le SMUR  a été crée en 2007 par le ministère de la santé en collaboration avec les forces armées djiboutiennes (FAD). Leur base opérationnelle se trouve à l’hôpital Cheikho de Falbala. Le SMUR est également présent  à l’aéroport international de Djibouti ainsi  que dans les centre medio-hospitaliers des cinq régions de l’intérieur ( Arta, Ali sabieh , Dikhil, Tadjourah et Obock). Le SMUR assure également les évacuations sur l’ensemble du territoire national et offre des soins d’urgence, en phase pré-hospitalières lors des accidents sur les voies publiques et des urgences à domicile grâce à la mobilisation permanente  de l’équipe médicale de garde 24/24.

Combien de personnes composent les équipes du SMUR ?

Il y a une équipe dynamique composée de 4 médecins urgentistes,  6 assistants urgentistes diplômés en  Master, 4 techniciens anesthésistes, 3 opérateurs téléphoniques, 7 ambulanciers qualifiés et enfin un mécanicien opérationnel 24/24. Le service mobile d’urgence et de réanimation  est doté  d’une ligne verte, le119, avec des appels entrants et des appels sortants 24/24, ainsi que de téléphones ruraux pour les régions et enfin d’un annuaire téléphonique complet de l’ensemble des prestataires de santé publique et parapublique.

Quels sont les rôles et missions du SMUR?

Les rôles et les missions du SMUR sont multiples. Le SMUR effectue des opérations de secours pour les accidentés de la voie publique sur l’ensemble du territoire, des interventions d’urgence aussi dans les domiciles que  dans les lieux éducatifs et les aires de jeux pour enfants, la couverture médicale des activités sportives et culturelles, et  enfin le transfert des malades.

Comment opère ce service d’urgence mobile et de réanimation en termes d’intervention par jours?

Les opérations du SMUR commencent  toujours par un appel de détresse, des passants ou des témoins sur la scène d’un accident de la voie publique ou d’un proche de la victime mais aussi d’un appel des forces de l’ordre. Suite à ce genre d’appel, le standardiste analyse la situation de l’intervention afin de transmettre les informations  aux membres de l’équipe médicale de permanence afin qu’ils puissent intervenir immédiatement sur le lieu du drame et donner les premiers secours médicaux aux victimes de l’accident sur place. Par la suite, ils acheminent  les victimes vers une structure sanitaire adaptée  suite aux lésions ou pathologies que les patients ont subies. Le SMUR effectue environ 280 interventions médicales  par mois,  soit 10 à 15 missions par jour.

Quels sont les moyens dont dispose le SMUR ?

En termes de moyens, le service mobile d’urgence et de réanimation dispose actuellement d’une capacité logistique de 5 ambulances-médicalisées qui assurent pleinement la mission de l’unité hospitalière grâce à des équipes médicales performantes.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors de vos interventions sur  le terrain de manière générale ?

Les difficultés auxquelles sont confrontées nos équipes lors d’une intervention  d’urgence domiciliaire sont en général   le rassemblement autour de l’ambulance  par une foule nombreuse et des enfants qui courent à côté de l’ambulance. Il faut dire aussi que les bus ne respectent pas les ambulances. Nous rencontrons aussi des difficultés au niveau de la circulation routière.  Les conducteurs ne respectent pas la sirène des ambulances qui sont en état d’urgence.

Quelles sont les maladies les plus fréquentes que vous rencontrez lors de vos missions d’urgences ?

Les urgences les plus fréquentes sont souvent les accidents de la voie publique, causant toujours des lésions dues aux traumatismes crâniens, et au niveau domiciliaire, nous sommes souvent confrontés aux accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Dressez-nous le bilan de vos activités en 2017.

Le service mobile d’urgence et de réanimation a effectué 2196 interventions sur l’ensemble du territoire national en 2017.

Qu’en est-il des perspectives d’avenir du SMUR?

Le SMUR projette à  court  et moyen terme d’agrandir son champ d’action pour pallier l’absence du SAMU. Il est indispensable de créer cette unité pour assurer les urgences à domicile qui sont nombreuses. Le SMUR envisage également d’implanter plusieurs autres antennes dans des points stratégiques de la ville mais aussi pour réduire sensiblement le délai d’intervention sur le terrain à savoir l’ouverture d’une antenne au centre ville, l’ouverture d’une antenne à l’aérogare de Nagad et enfin la réactivation de l’unité marine du SMUR  pour les régions.

Quel message voulez-vous transmettre à la population ?

En général en cas d’accident, la population a tendance à secourir les victimes avant l’arrivée des urgentistes. Il est important de ne pas toucher la victime, ou changer sa position. Ceci pourrait aggraver les lésions et engendrer des séquelles plus graves.

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