Entretien avec…Ibrahim Elmi Mohamed Coordinateur des projets DRSLP I, DRSLP III et RLACC au Ministère de l’Agriculture

29 janvier 2018 14 h 48 min4 commentsViews: 131

Ibrahim Elmi Mohamed, conseiller technique au Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche, de l’Elevage et des ressources halieutiques, est le coordinateur des projets financés par la BAD en matière de résilience à la sécheresse : le DRSLP I, DRSLP III et le RLACC. Dans cette interview, il nous fait découvrir les objectifs des DRSLP I et III, et évoque l’ambition qui anime son équipe pour réussir cette lourde mission.

« le DRSLP est en cohérence parfaite avec les politiques et stratégies nationales en matière de réduction de la pauvreté et de renforcement de la sécurité alimentaire »

Entretien avec…Ibrahim Elmi Mohamed

La Nation :- Le gouvernement djiboutien à travers le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche, de l’Elevage et des ressources halieutiques a lancé en Juin 2013 le projet DRSLP. Eclairez notre lanterne sur les objectifs que poursuit ce projet.

Ibrahim Elmi Mohamed : – Je dirai que le DRSLP I et le DRSLP III sont des programmes multinationaux dont l’objectif général est d’améliorer la résilience à la sécheresse et aux changements climatiques et le développement des moyens d’existence durable pour les éleveurs nomades et les agro-éleveurs. Les deux programmes, c’est important de le souligner, sont complémentaires.  Le DRSLP c’est le programme résilience a la sécheresse et de développement des moyens de subsistance durables dans les pays de la corne de l’Afrique. L’objectif spécifique du DRSLP est d’améliorer la résilience à la sécheresse des communautés rurales des zones cibles pour une bonne sécurité alimentaire, à travers l’amélioration de la disponibilité et l’accès à l’eau et la diversification des activités productives. Spécifiquement, le DRSLP vise à réduire la pauvreté, améliorer la sécurité alimentaire, accélérer le développement économique à travers l’augmentation de revenu en milieu rural, améliorer les conditions de vie de la population et des systèmes de production pastoraux à moyen et long terme.

Quelles sont les différentes composantes de ce projet ?

Le projet s’articule autour de quatre composantes qui sont la gestion des ressources naturelles, l’accès aux marchés et la commercialisation, l’appui à l’amélioration des conditions de vie, la gestion de projet et le renforcement des capacités. Les questions du genre et la protection de l’environnement sont intégrées de manière transversale à toutes les composantes.

Après ce tour d’horizon sur les objectifs et les composantes, revenons sur le terrain des activités car, vous conviendrez avec moi, que la réussite d’un projet dépend en partie de l’implication effective des bénéficiaires. Quel est justement le niveau d’implication de ceux-là dans la gestion pratique des deux projets ?

Concernant le DRSLP, les populations bénéficiaires ont été impliquées dans les différents processus de l’aboutissement du projet, c’est-à-dire les phases de diagnostic, d’identification et de validation des différentes activités retenues.

Mieux, dans le cadre de l’exécution des activités prévues, les populations bénéficiaires ont été pleinement impliquées dans la mise en place des structures qui sont chargées de conduire les différentes activités, mais aussi dans les différents processus de suivi et d’évaluation des réalisations. D’ailleurs un des principaux indicateurs de réussite de ce projet est la construction de la première route rurale du pays reliant la ville d’Ali-Sabieh au village d’Assamo inaugurée le 25 Janvier 2017 par le président de la République, et l’aménagement hydro-agricole de 180 ha de petits périmètres irrigués à Weima et Assamo.

Sur la base de ce que vous venez de développer, peut-on affirmer, Monsieur le Coordonnateur, que l’avènement des deux projets est propice au développement des localités dans lesquelles ils interviennent ?

Absolument. Qui plus est, la mise en œuvre des deux projets découle d’un processus participatif dans l’identification des actions prioritaires pour le développement des zones d’intervention. Cette démarche, qui prend en compte les besoins réels des populations, a suscité une appropriation et une pérennisation des réalisations.

Aussi, le DRSLP est en cohérence parfaite avec les politiques et stratégies nationales en matière de réduction de la pauvreté et de renforcement de la sécurité alimentaire, principalement avec la vision Djibouti 2035 et de la SCAPE. Les deux projets veulent apporter un effet dans le sens de ce qui a été déjà dit dans les objectifs spécifiques. Concrètement c’est pour un changement positif dans leur mode de vie à travers les effets induits par les actions de développement à la base entreprises de part et d’autre pour accroître leur résilience face aux effets des changements climatiques.

Les mesures de sauvegarde environnementale constituent de nos jours un impératif dont tout projet doit tenir compte dans l’exécution de ses activités. Est-ce le cas pour les projets DRSLP ?

Oui bien sûr. En effet, comme vous le savez, la préparation de ces projets a fait l’objet d’analyse environnementale et sociale. Et selon cette analyse, le DRSLP est classé en catégorie environnementale 2 selon la nomenclature de la Banque Africaine de Développement (BAD). En conformité avec la politique de la Banque, une « Evaluation Environnementale et Sociale Stratégique- SESA » a été menée avant le démarrage du projet et le «Cadre Stratégique de Gestion Environnementale et Social-CSGES » élaborés. Ces documents stratégiques ont été complétés lors de la mise en œuvre du projet par l’élaboration de Plans de Gestion environnementale et Sociale (PGES) intégrés aux études techniques. Ce travail est fait en conformité avec les exigences de la politique de la BAD au plan environnemental et en référence à la politique et aux lois environnementales en vigueur à Djibouti.

Qu’en est-il de l’aspect genre ?

La question du genre est transversale dans la mise en œuvre des composantes des deux projets. C’est donc une question qui est pleinement prise en compte dès la conception. En effet au niveau du DRSLP, les femmes constitueront près de 30% des producteurs directs touchés. Par exemple, elles seront concernées à travers la mise en valeur par la réhabilitation et l’équipement des périmètres, la construction des poulaillers, d’acquisition des pondeuses et d’alimentation des volailles destinés aux femmes.

Quelles sont les réalisations de ces deux projets ?

Sans aller dans les détails, retenons que les principales réalisations du DRSLP concernent la  réalisation des études techniques complètes des bassins versants, la construction de la première route rurale du pays reliant la ville d’Ali-Sabieh au village d’Assamo, l’aménagement hydro-agricole de 180 ha de petits périmètres irrigués à Weima et Beyya Dadder, l’édification d’une station de conditionnement des produits agricoles, la mise en place de 32 réservoirs d’eau d’une capacité de  32m3 et de 15 autres réservoirs d’eau d’une capacité de 50m3, la construction de 3 seuils de recharge des nappes inféroflux, la réhabilitation de 47 puits cimentés, l’installation de 30 pompes solaires adaptés aux conditions climatiques extrêmes et de 10 kits d’arrosage de goutte à goutte, l’installation de 10 serres, la construction de 26 poulaillers dans les cinq régions du pays

Si la mission que les bénéficiaires attendent de vos projets est noble, avouons aussi qu’elle n’est pas aisée. Quels sont donc les atouts dont dispose votre équipe pour la réussir?

J’avoue que je suis entouré d’une équipe constituée de cadres disponibles, dynamiques et rompus à la tâche.

Il faut rappeler que pour des raisons de synergie, les deux projets sont coordonnés par une seule cellule d’Exécution de Projet dont je suis le Coordinateur.

Une équipe transversale aux deux projets,  composée du chargé de projet et spécialiste en suivi et évaluation, du responsable de la passation des Marchés, du responsable administratif et financier et du comptable, est recrutée. Nous disposons au niveau de chaque projet, d’une équipe technique de deux experts (ingénieur en génie rurale et ingénieur agronome) compétents pour pouvoir conduire avec efficacité les activités prévues au niveau des projets. Décentralisation oblige : le DRSLP s’appuie sur les services des points focaux régionaux.

Propos recueillis par MOF 

 

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