Entretien avec… Abdi Farah Idleh Inspecteur général du travail et des lois sociales

16 novembre 2017 9 h 06 min0 commentsViews: 135

La Nation :-  Parlez-nous d’abord de votre parcours professionnel.

Abdi Farah Idleh :– Je suis un cadre de l’administration centrale. Je suis au service de l’Etat depuis 2008. Je suis diplômé d’un Master 2 en MAF de l’université de Franche-Comté de Besançon, en France. Après 9 années d’expérience professionnelle acquise au sein de l’Inspection du travail et des lois sociales, j’ai été nommé, il y a cinq mois, à la tête de cette institution dont je connais tous les rouages.

Quelles sont les prérogatives de l’Inspection du travail et des lois sociales?

L’Inspection du travail et des lois sociales  a pour mission première de veiller au respect des dispositions légales, réglementaires et conventionnelles qui organisent les relations du travail ou qui en découlent dans tous les domaines d’activités soumis au droit commun du travail. Elle doit aussi  fournir des informations et des conseils techniques aux employeurs et aux travailleurs sur les meilleurs moyens d’appliquer les dispositions légales.

D’autres de ses attributions et non des moindres sont la prévention des conflits du travail, le règlement des conflits collectifs du travail, la vérification de la mise en conformité des acteurs du marché du travail avec la législation et réglementation en vigueur dans le cadre des accords de conventions collectives, l’appui aux travailleurs et aux employeurs dans l’élaboration des accords de conventions collectives au sein des entreprises, et la diffusion de la jurisprudence relative à la législation du travail.

L’ITLS doit en outre garantir le respect des règles d’hygiène et de sécurité au travail, et évaluer le degré d’application de la législation et de la réglementation du travail et de proposer toutes mesures visant à en assurer l’adaptation.

Quelle est votre feuille de route ?

Actuellement je suis mandaté pour que l’Inspection du travail et des lois sociales joue pleinement son rôle qui lui est reconnu par la loi.  Vous n’êtes pas sans savoir que l’ITLS doit gagner la confiance des partenaires sociaux tout en veillant au respect des dispositions légales relatives au marché du travail. Il est arrivé dans le temps que les justiciables n’aient plus confiance en l’ITLS.  Mais aujourd’hui il semble que nous regagnons la confiance des ces derniers peu à peu.

Quelles relations entretenez-vous avec vos différents partenaires (employés et employeurs) ?

Il m’importe de souligner que les besoins de nos partenaires sont contradictoires. Les employés attendent de l’ITLS une protection et un soutien sans condition. Tandis que les employeurs veulent une assistance permanente. D’où l’importance que revêt l’établissement des relations équilibrées avec nos différents partenaires.

Quelle est aujourd’hui la situation des travailleurs djiboutiens ? 

De manière globale, nous pouvons dire que la situation entre les parties tend vers une satisfaction selon le constat que nous observons quotidiennement lors de contrôles et des règlements de conflits.

Pour ce qui est du secteur informel, que préconisez-vous pour l’inclure dans le tissu économique formel ?

Par définition et de façon générale, le secteur informel regroupe « l’ensemble des activités économiques qui échappent à l’administration fiscale. Elles sont différentes des activités de contrebande qui s’exercent en dehors du cadre légal comme le trafic de stupéfiants ».

Une nouvelle approche de gestion du secteur informel s’impose.  Elle se fonde sur l’idée qui est d’éradiquer le secteur informel en s’attaquant aux causes plutôt qu’aux conséquences. Pour notre cas, il est question de formaliser le secteur du petit commerce (boutiques, gargotes etc…) et les employés de maison souvent victimes d’abus flagrants. Nous élaborons un projet dans ce sens avec la direction du travail. D’ailleurs l’ITLS reçoit les plaintes des travailleurs de ces secteurs informels et traite journalièrement leurs cas. Ce qui est déjà une sorte de formalisation.

Quels sont les défis majeurs à relever par l’ITLS aujourd’hui ?

L’ITLS se doit d’être à la hauteur des missions qui lui sont dévolues dans notre contexte de croissance économique soutenue. Il va falloir accompagner le développement des régions de l’intérieur, porteur de créations d’emplois. Nous voulons par conséquent mener à bien la déconcentration des services de notre institution conformément aux instructions données par le ministre du Travail, chargé de la Réforme de l’Administration.

Quel dernier message voulez-vous transmettre aux travailleurs djiboutiens?

L’ITLS ne ménagera aucun effort pour garantir les droits de  l’ensemble des travailleurs et plus particulièrement des travailleurs djiboutiens. Toujours est-il que nos compatriotes doivent avoir à l’esprit deux choses. Notre économie est en plein boom. Et notre pays est partie prenante du processus  d’intégration régionale en cours qui va de pair avec la libre circulation des travailleurs dans les pays membres du COMESA.   Du coup, les sociétés de la place sont plus en plus regardantes exigeantes sur la qualité de leurs prestations de services. La compétence des travailleurs devient la première composante de la concurrence. Pour cela, les travailleurs djiboutiens doivent obligatoirement renforcer leurs capacités professionnelles afin d’être à la hauteur des nouvelles exigences du marché du travail.

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