Economie Djiboutienne : La fiscalité de nos besoins

14 mai 2015 9 h 58 min0 commentsViews: 328

Secret de polichinelle : le gouvernement dans son ensemble et le département ministériel du budget en particulier dressent un constat d’échec du système fiscal djiboutien. Lequel n’est plus adapté au tissu économique actuel du pays. Aussi, l’étroitesse du marché local et la pérennisation de notre économie ouverte sur le monde imposent l’adoption d’un système compétitif de taxations qui soit attractif aux yeux des détenteurs nationaux de capital et des investisseurs du reste du monde. D’ailleurs, la thématique a alimenté les discussions que le ministre du Budget, Bodeh Ahmed Robleh, entouré du secrétaire général de la Primature et de plusieurs hauts fonctionnaires de différents ministères sectoriels, a eues hier avec les représentants  du secteur privé avec à leur tête l’élu consulaire, Youssouf Moussa Dawaleh, dans la salle de conférence de la Chambre de Commerce de Djibouti(CCD).

Quelle fiscalité pour notre économie ? La question se pose avec acuité au moment où Djibouti entend relever de front plusieurs défis qui se posent à notre horizon. Elle  était au cœur de la première réunion préparatoire des assises nationales de la fiscalité dont la tenue est prévue dans la première quinzaine de juin prochain.

Le gouvernement en est l’organisateur. Et ce, faut-il préciser, sous l’impulsion du président Guelleh. Le rappel replace la tenue de ces assises nationales de la fiscalité dans leur véritable contexte.

Secret de polichinelle : le gouvernement dans son ensemble et le département ministériel du budget en particulier dressent un constat d’échec du système fiscal djiboutien. Lequel n’est plus adapté au tissu économique actuel du pays. Aussi, l’étroitesse du marché local et la pérennisation de notre économie ouverte sur le monde imposent l’adoption d’un système compétitif de taxations qui soit attractif aux yeux des détenteurs nationaux de capital et des investisseurs du reste du monde.

D’ailleurs, la thématique a alimenté les discussions que le ministre du Budget, Bodeh Ahmed Robleh, entouré du secrétaire général de la Primature et de plusieurs hauts fonctionnaires de différents ministères sectoriels, a eues hier avec les représentants  du secteur privé avec à leur tête l’élu consulaire, Youssouf Moussa Dawaleh, dans la salle de conférence de la Chambre de Commerce de Djibouti(CCD). Cette réunion marathon y a duré plus de trois heures.

La séance de travail a permis aux deux parties d’échanger leurs points de vues, leurs analyses, et d’apporter  leurs contributions pour reformer en profondeur un système fiscal vieux, à bout de souffle et hérité de la puissance coloniale.

Prenant d’abord la parole, les chefs d’entreprises et représentants du secteur privé ont tiré à boulets rouges sur les travers de l’administration fiscale. Ils ont ainsi pointé du doigt  une pression fiscale très forte, une concurrence déloyale du secteur informel, des entreprises des zones franches, des entreprises qui profitent du code des investissements, des dysfonctionnements de l’administration fiscale et enfin du manque de considération dont ils font l’objet au quotidien.

Avec tact, le président de la CCD a relevé la multitude d’institutions  qui interviennent dans la réglementation fiscale, des normes et des cotisations sociales. Youssouf Moussa Dawaleh a donc plaidé en faveur de l’accélération du projet de mise en place de guichet unique dans le recouvrement de redevances fiscales.

Répondant aux operateurs privés, le ministre du Budget a réaffirmé la volonté du président Guelleh et de son gouvernement à faire aboutir la réforme de notre système fiscal. Respect de l’intérêt général oblige. Maîtrisant bien le dossier, Bodeh Ahmed Robleh a mis en exergue l’approche participative des prochaines assises de la fiscalité. Car toutes les contributions au débat sont, a-t-il dit, les bienvenues. Il attend par conséquent des acteurs de la communauté d’affaires nationale une vision globale de la problématique de la fiscalité au demeurant très complexe. « Pour l’intérêt général de notre pays, de nos enfants, de nos compatriotes les plus démunis, de nos services publics, il est hors de question que chacun prêche pour la défense des intérêts particuliers de ses ouailles », a martelé avec insistance le ministre du Budget.

D’un ton plus rassurant, Bodeh Ahmed Robleh s’est déclaré conscient de la lourdeur fiscale qui pèse sur les entreprises.  » Nous sommes les premiers à les reconnaître. C’est d’ailleurs la raison d’être de cette conférence nationale qui doit aboutir à une refonte de notre système fiscal qui arrive à la fin d’un cycle. Et que l’ensemble de ses services sont ouverts au débat pourvu  qu’il soit citoyen et veille au respect de l’intérêt général », a-t-il affirmé en substance.

C’est à l’aune de ces deux impératifs que nous pourrons réussir une reforme historique garante d’un développement économique et social pour notre pays, a conclu le ministre du Budget.

Notons au passage que les pistes de réforme fiscale devraient s’articuler autour de cinq axes. Citons notamment le principe d’équité fiscale, l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration des performances de l’administration fiscale, la réduction rationnelle des dérogations et exonérations fiscales, le renforcement du contrôle et de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

Bien imprégnées de telles priorités, les parties prenantes de la réunion d’hier au sein de la CCD ont décidé de tenir encore trois réunions dans les jours qui viennent. Elles envisagent par ce biais finaliser l’agenda des assises nationales de la fiscalité dont la date et la durée seront arrêtées d’un commun accord.

 

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