Économie d’énergie dans les bâtiments administratifs : Réduire la consommation d’électricité de 25% à l’horizon 2020

7 mars 2018 9 h 08 min13 commentsViews: 2207

Près d’une quarantaine de cadres et de responsables de l’administration publique et des entités de l’Etat étaient réunis hier au Sheraton pour prendre part à un atelier sur l’économie d’énergie dans les bâtiments de l’administration publique. Organisée par le MERN à travers l’Agence Djiboutienne de la Maitrise de l’Energie (ADME), la rencontre visait à sensibiliser sur l’économie et l’efficacité énergétique. Temps forts…

Économie d’énergie dans les bâtiments administratifs (1)

Le Secrétaire Général du ministère de l’Energie, chargé des Ressources Naturelles, Mohamed Kileh Wais, et la directrice de l’Agence djiboutienne de la maîtrise de l’énergie(ADME), Saïda Abdillahi Omar, ont dirigé les travaux de l’atelier organisé par le Ministère de l’Energie chargé des Ressources Naturelles à travers l’ADME pour promouvoir l’efficacité énergétique. Notons la présence sur les lieux du Secrétaire Général du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Environnement, Dini Abdallah Omar.

L’ambiance était studieuse parmi les cadres et responsables de l’administration publique et des entités de l’Etat qui ont pris part à l’atelier sur l’économie d’énergie dans les bâtiments de l’administration publique. La rencontre organisée par l’Agence djiboutienne de la maitrise de l’énergie (ADME) s’inscrit dans le cadre d’un projet de réduction des dépenses énergétiques des administrations et des établissements publiques.

…Réduire les dépenses énergétiques pour lutter contre la vie chère. Le secrétaire général du MERN a ouvert les travaux de l’atelier en soulignant l’urgence de « mener de vraies réformes dans le domaine de l’économie de l’énergie qui relève d’un processus délicat en raison des caractéristiques propres à ce domaine ». Il a réaffirmé les efforts du MERN qui « poursuit inlassablement l’objectif gouvernemental qui vise  à faire reculer la précarité énergétique et à favoriser la maîtrise de l’énergie qui est un levier essentiel dans la lutte contre les changements climatiques ». Des objectifs qui commandent, a-t-il défendu, une « modification profonde de notre système de consommation d’énergie pour moins gaspiller nos ressources et être  plus respectueux de l’environnement local ». Et en cela, « la maîtrise de la consommation énergétique est un outil concret de lutte contre la vie chère car elle permet de réduire les dépenses énergétiques (électricité, gaz et carburants) », a-t-il ajouté. M. Mohamed Kileh Wais a enfin insisté sur l’absolue nécessité de «mettre en évidence les caractéristiques majeures des différents utilisateurs gérés par l’administration publique (notamment les bâtiments publics et l’éclairage public) ainsi que des solutions envisageables afin de fournir aux décideurs des différents ministères  les outils nécessaires à une évaluation plus précise et mieux ciblée de leur besoins énergétiques ». Il a conclu en rappelant l’objectif de la politique d’efficacité énergétique qui est de réduire la consommation d’électricité de 25% à l’horizon 2020. Pour cela, il a appelé à  énoncer des mesures concrètes, qui ne peuvent être menées que par des compétences avérées et des acteurs engagés. Il a enfin exhorté les responsables des services publics à se « donner les moyens pour assurer l’avenir de la maîtrise de l’énergie et donc, de notre avenir à tous ».

…Maîtriser l’énergie, c’est maîtriser l’avenir. La directrice général de l’ADME, Saida Abdillahi Omar, a fait une brève présentation sur les missions, prérogatives et  programmes de son agence. Elle a notamment fait valoir les objectifs de l’ADME qui visent à promouvoir l’efficacité et l’économie énergétique dans tous les secteurs d’activités sur l’ensemble du territoire national. Par ailleurs, l’ADME est engagée dans l’allégement de la consommation électrique des bâtiments publics et contribuer à atteindre les objectifs fixés par le président de la République qui sont notamment de faire de Djibouti le premier pays d’Afrique utilisant 100% de l’énergie propre à l’horizon 2020.

Puis, le consultant chargé de l’étude d’évaluation du potentiel de maîtrise de l’énergie, Idriss Ahmed Hared, a exposé les objectifs, les résultats attendus et les résultats atteints de son étude. Les ingénieurs de l’ADME ont également détaillé les audits énergétiques dans leurs différentes composantes. C’est enfin le consultant, Idriss Ahmed Hared qui a donné les détails du programme de formation des points focaux des administrations publiques à travers ses objectifs, le calendrier et le contenu de la formation, etc.    Il faut dire que la réduction des dépenses en énergie devient une urgence prioritaire puisque ces dépenses ont connu une montée en flèche en 2016 à près de 5 Milliards de Francs Djibouti. L’ADME, conformément à son mandat et sa mission, a donc initié un projet de maîtrise des demandes énergétiques des structures publiques.

Le projet est composé de plusieurs phases dont notamment une phase d’étude qui consiste à évaluer le potentiel d’économie d’énergie et la proposition de solutions techniques pour réduire la demande en énergie et limiter les gaspillages d’énergie.

L’ADME a déjà entrepris un travail d’analyse des factures d’énergie et ce grâce à un soutien technique de l’EDD et souhaite commencer les travaux de diagnostic énergie. Ledit diagnostic énergie sera composé de deux parties. Un diagnostic électrique qui fera l’inventaire de l’équipement électrique installé, l’enregistrement en temps réel de la demande en puissance et en énergie sur quelques jours pour comprendre les profils de la demande. De l’autre côté, un diagnostic thermique permettra la vérification de la présence d’isolation thermique,  mais aussi la présence de film réfléchissant et double vitrage sur les fenêtres et enfin l’adéquation entre les puissances des climatisations installées et la surface des bureaux.

Les structures publiques concernées sont essentiellement les bureaux administratifs, les établissements de santé, les établissements d’enseignement (écoles, collèges, lycées), les édifices religieux essentiellement des mosquées mais aussi quelques églises, les camps militaires, les bâtiments de la Police et de la Gendarmerie et enfin l’éclairage public.

..Former des gestionnaires de l’énergie dans les administrations publiques. En raison du très grand nombre des structures publiques à étudier et de leur éparpillement géographique sur tout le pays et afin de garantir une appropriation du processus, l’ADME souhaite impliquer les responsables ou gestionnaires des bâtiments ou des structures dans le processus d’analyse. Cela passe tout d’abord par une sensibilisation à la démarche, des décideurs politiques et notamment les ministres et les secrétaires généraux. D’où l’atelier d’information et de sensibilisation organisé par l’ADME sous la houlette du ministère de l’Energie, chargé des Ressources Naturelles, qui a souhaité inviter les secrétaires généraux des différents ministères à cette réunion d’information et de sensibilisation. Cette rencontre visait d’une part à présenter le projet de réduction des dépenses énergie de l’Etat et informer sur la démarche de l’ADME. C’était aussi l’occasion de sensibiliser les secrétaires généraux sur la question de la maîtrise de l’énergie afin d’obtenir l’engagement des ministères dans le soutien au projet et notamment l’engagement de leurs différents départements.

A l’issue de cette rencontre, il est attendu de chaque département ministériel un engagement pour la nomination des points focaux énergie dans leur département et de gestionnaires pour chaque bâtiment. Le « point focal ministère » et les « responsables bâtiments »  seront les interlocuteurs de l’ADME dans le processus. Des formations spécifiques seront fournies à ces personnes.

Le fin mot de la rencontre revient au Secrétaire Général du MERN, Mohamed Kileh Wais, qui a martelé avec insistance que «l’efficacité énergétique est devenue une priorité pour l’administration publique au même titre qu’elle le devient pour les ménages: les  contraintes budgétaires les obligent à réduire leurs frais de fonctionnement et elles doivent en outre jouer un rôle d’exemple pour les citoyens ». D’où son appel pour « l’identification des ressources humaines comme les gestionnaires de l’énergie pour gagner en efficacité énergétique».

MAS 

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