Eau et assainissement en Afrique : Djibouti abrite les travaux du 80ème Conseil scientifique et technique de l’AAE

21 novembre 2018 9 h 04 min1 commentViews: 60

Les travaux des 80èmes assises du Conseil Scientifique et Technique (CTS) de l’Association Africaine de l’Eau (AAE) ont débuté lundi 19 novembre dernier sous les lustres du palace Kempinski, sis au Héron. Parrainée par le ministre de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche, de l’Elevage et des Ressources Halieutiques, Mohamed Ahmed Awaleh, la cérémonie inaugurale de cette conférence a réuni sur place le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Dr. Nabil Mohamed Ahmed, le directeur général de l’ONEAD, Mohamed Fouad Abdo, le président du CST, Dr. Papa Samba, le directeur exécutif de l’AAE, Sylvain Usher, et une centaine de délégués, venus de plus de 44 pays d’Afrique et d’Europe ainsi que des partenaires et des industriels du secteur de l’eau et de l’assainissement. Fournir une eau potable et un assainissement adéquat aux populations du continent africain est le défi majeur que l’Association Africaine de l’Eau (AAE) entend relever. C’est pourquoi l’AAE réunit 2 à 3 fois par an, dans une capitale africaine, les experts de son conseil scientifique et technique (CST) pour étudier et résoudre les problèmes d’eau et d’assainissement auxquels sont confrontés les pays membres.

Après Kampala, où avait eu lieu en juillet dernier la 79ième session, c’était au tour de la République de Djibouti d’accueillir la 80ième rencontre des membres de cette association des professionnels, d’établissements, d’entreprises et d’opérateurs du secteur de l’eau et de l’assainissement des pays d’Afrique.

Organisée par l’Office national de l’eau et de l’assainissement de Djibouti (ONEAD) en collaboration avec l’AAE, la cérémonie inaugurale de cette conférence s’est tenue lundi 19 novembre dernier sous les lustres du palace Kempinski.

Le ministre de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche, de l’Elevage et des Ressources Halieutiques, Mohamed Ahmed Awaleh, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Dr. Nabil Mohamed Ahmed, le directeur général de l’ONEAD, Mohamed Fouad Abdo, le président du CST, Dr. Papa Samba, le directeur exécutif de l’AAE, Sylvain Usher, une centaine de délégués issus de 44 pays d’Afrique et d’Europe,  des représentants de grandes multinationales et d’industries du secteur de l’eau et de l’assainissement ont pris part au déroulement de cet évènement fort important pour la santé des populations africaines.

Le recours aux innovations technologiques. Le thème choisi pour cette occasion est assez évocateur «Innovations technologiques au service de l’amélioration des performances et des rendements des opérateurs d’eau et d’assainissement en Afrique». Il s’agit pour les organisateurs, de faciliter par ce biais aux pays africains le recours aux technologies en vue de se doter un système d’assainissement adéquat et de fournir une eau potable de qualité aux populations.

Le choix de la tenue de cette conférence à Djibouti n’est pas anodin. Car notre pays a fait des progrès ces dernières années dans ce domaine. En effet, la problématique de l’eau est résolue grâce à la réalisation d’un projet d’adduction d’eau transfrontalier depuis l’Ethiopie et le démarrage des travaux de l’usine de dessalement de l’eau de la mer.

L’évènement a débuté par la projection d’un film documentaire sur les innovations technologiques initiées par l’ONEAD dans la gestion de ce précieux liquide indispensable à toute forme de vie sur la planète. Des nombreux discours ont marqué la cérémonie inaugurale de ces assises. A commencer par celui du directeur général de l’ONEAD.

Après son message de bienvenue, Mohamed Fouad Abdo a mis l’accent sur les conditions climatiques et la forte urbanisation causaient de difficultés pour assurer  l’approvisionnement de l’eau à la population de notre pays. Il a indiqué qu’une stratégie a été élaborée afin de couvrir les besoins en eau des différentes composantes de la population djiboutienne jusqu’à l’horizon 2030. «Le gouvernement a élaboré en 2007, par le biais de l’ONEAD, des études du Schéma Directeur d’Alimentation en Eau Potable», a-t-il dit.

Afin d’optimiser la distribution de la production notamment via de multiples projets de réhabilitation des réseaux d’adduction et de distribution et lutter ainsi contre les pertes techniques, il était impératif d’entreprendre, selon lui, des travaux d’amélioration de l’approvisionnement.

Mais avec la mise en service depuis le 2ème semestre 2017 d’une adduction d’eau transfrontalière depuis l’Ethiopie qui fournirait 100.000 M3/jr en pleine exploitation et le démarrage de la construction, durant l’année 2017 d’une usine de dessalement d’eau de mer, qui sera opérationnelle en 2020 et qui fournira 22.500 M3/jr extensible à 45.000 M3/jr, le directeur général de l’ONEAD a affirmé que la situation est en train d’évoluer aujourd’hui dans notre pays. Concernant l’assainissement, Mohamed Fouad Abdo a indiqué que seule la capitale dispose d’infrastructures d’assainissement. «L’ONEAD gère la station d’épuration de Douda, un réseau composé de 38 Km de conduites et de 9 stations de relevage», a-t-il ajouté.

De son côté, le directeur exécutif de l’AAE, Sylvain Usher, a mis l’accent sur l’absence de certains pays à cette conférence. «Nous avons rencontré lors de nos différents conférences, congrès, sessions de formations organisés à travers l’Afrique un certain nombre de vos concitoyens responsables du service public de l’eau et de l’assainissement et malheureusement nous n’avons pu tisser des relations de longue durée afin de leur faire profiter de nombreux programmes de renforcement de capacités que nous déployons pour l’amélioration des performances des services en Afrique», a-t-il souligné.

Pour sa part,  le président du Conseil scientifique et technique de l’AAE, Dr. Pape Samba Diop, a salué l’engagement de la femme djiboutienne dans le secteur de l’eau, avant de remercier le peuple et le président de la république de Djibouti pour l’accueil et l’hospitalité qui ont été réservés depuis leur arrivée.

«Les 80ièmes assises de l’AAE nous permettront, de revisiter les modes de calcul de nos performances en vue de réaliser de bons benchmarking», a-t-il à l’endroit de l’assistance réunie hier au Kempinski. .

Pour clôturer cette série d’interventions, le ministre de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche, de l’Elevage et des Ressources Halieutiques, a  mis en exergue l’importance du partage et du dialogue.  «L’arbre à palabres est de tradition en Afrique. Le partage d’information et le partage d’expérience constituent la clé de voûte de la réussite», a-t-il pfrecisé.   M. Mohamed Ahmed Awaleh a indiqué  que la mission de l’AAE est de remédier au  problème d’alimentation en eau potable qu’engendrera l’augmentation de la population du continent africain qui selon lui doublera d’ici 2050. «L’Afrique va doubler sa population, on sera au alentour de 2 milliards d’habitants et le paradoxe, ces populations vont s’entasser dans les villes et les transformer en mégalopoles», a-t-il martelé avec insistance.

Avant de déclarer cette conférence ouverte, il a fait part à la délégation de l’AAE des innovations technologiques réalisées à Djibouti pour résoudre le problème d’assainissement qui existait dans le quartier de Hayabley de la commune de Balbala de la capitale. «L’innovation peut aussi sortir de l’Afrique», a-t-il  conclu en substance.

Le ministre Mohamed Ahmed Awaleh a par la suite inauguré une exposition et a visité des stands sur lesquels des industriels et des entreprises des secteurs de l’eau et l’assainissement ont étalé leurs savoir faire.

La cérémonie d’ouverture a été suivie d’un panel de haut niveau sur le thème «Innovations technologiques au service de l’amélioration des performances et des rendements des opérateurs d’eau et d’assainissement en Afrique» Les communications et échanges ont permis aux participants de comprendre les innovations technologiques liées à l’équité dans l’approvisionnement en eau potable et de régler les problèmes d’assainissement, ainsi que les moyens techniques et managériaux mis en œuvre dans certains cas pour assurer la continuité et la durabilité du service.

Rachid Bayleh 

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