Djibouti Formation en élevage caprin dans 6 localités rurales : Pour un renforcement des capacités des agro-éleveurs

21 février 2017 9 h 08 min0 commentsViews: 99

L’organisation non gouvernementale, dénommée « Paix & Lait », a organisé,du 18 janvier au 06 février 2017, une formation en élevage caprin pour les agro-éleveurs des coopératives agropastorales de six localités rurales du pays (Assamo, Ali-Addeh, Mouloud, Assassan, Sagallou et Kalaf).

Cette appui fait parti des activités de la seconde année de mise en œuvre du projet de renforcement des capacités managériales et productives des coopératives agropastorales (RCMPCA), exécuté par l’ONG Paix & Lait  avec l’appui financier de l’Union Européenne et l’assistance technique de l’ONG ACF, en partenariat avec le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, de la Pêche et de l’Elevagen chargé des Réssources Halieutiques (MAEPE-RH).

Avec l’appui de la Direction de l’Elevage et des Services vétérinaires (DESV) du MAEPE-RH, cette formation a été assurée par deux techniciens vétérinaires, sous la direction d’un docteur vétirinaire, sous forme de sessions pratiques et théoriquesde trois jours dans chaque localité, au grand bonheur des agro-éleveurs bénéficiaires des appuis du projet.

L’objectif principal de la formation était d’amener les bénéficiaires à devenir des agro-éleveurs sachant concilier l’exploitation d’un périmètre agricole et la gestion d’un troupeau de chèvres, afin d’en vivre correctement et de commercialiser une partie de leur production maraîchère et animale (lait et viande).

Un effectif total de 125 agro-éleveurs bénéficiaires ont activement participé aux différentes sessions théoriques et pratiques, pour apprendre à nourrir correctement et prendre soins d’un troupeau de chèvre pour une production laitière caprine rentable.

La Direction de l’Elevage et des Services Vétérinaires(DESV) a grandement contribué à la réussite de la formation en élevage caprin par la dotation d’un lot important de produits et  médicaments vétérinaires à titre gracieux. Ces  produits et  médicaments vétérinaires ont servi dans les sessions pratiques de la formation et ont été utilisés aussi pour soigner les bétails des éleveurs et agro-éleveurs  des 6 localités cibles du projet RCMPCA  au sud comme au nord  du pays. Il faut noter ici que le reliquat de ces médicaments vétérinaires a été remis aux comités des coopératives agropastorales concernées.

A cette occasion, l’équipe de vétérinaires et les responsables de l’ONG Paix & Lait ont pu collecter des informations sur  les différentes pathologies des caprins, et soigner les chèvres et moutons  faibles ou malades des bénéficiaires dans chaque localité.

Les soins prodigués aux animaux ont porté sur un effectif total de 403 têtes de bétail toutes espèces confondues.

Durant la formation en élevage caprin, les principales pathologies rencontrées étaient le parasitisme externe et interne, les pneumonies multifactorielles, les avitaminoses et les carences minérales, les diarrhées parasitaires ou infectieuses. Les agro-éleveurs ont également rapporté aux vétérinaires formateurs, des avortements et des retentions placentaires, conséquences des pathologies précédentes. Mais le plus grand problème était causé par le froid extrême de cette période d’hiver, auquel les cheptels sont généralement exposés durant la nuit, dans des enclos fait de branchages, à ciel ouvert, sans protection contre les intempéries.

Il faut noter aussi que les bétails des agro-éleveurs étaient victimes de prédateurs. En effet, des attaques des hyènes ou de hordes de chiens errants sur les caprins, conjuguées aux intrusions de troupes de babouins ravageant les jardins, fragilisent un peu plus les timides agro-élevages caprins émergents dans ces localités. Des demandes d’empoisonnement ont été formulées et transmises à la Direction de l’Elevage et des Services Vétérinaires, qui analyse le dossier et prépare une action d’envergure dans les prochains mois.

Parallèlement, à cette formation, l’équipe de l’ONG Paix & Lait et un responsable de ACF ont entrepris une supervision conjointe des périmètres agricoles des bénéficiaires de chaque site, afin d’évaluer l’utilisation et l’impact des kits d’irrigation par goutte à goutte fournis par le projet. Par la même occasion, des plants d’arbres fruitiers et fourragers ont été fournis et plantés dans les jardins des bénéficiaires.

Enfin à Ali-Addeh, Sagallou et Kalaf, les sièges des coopératives agropastorales, construits par l’ONG Paix & Lait dans le cadre de ce projet, ont été inaugurés avec la présence,à chaque fois, d’un responsable des autorités régionales des régions concernées. Pour information, un local de 30 m2 a été construit ou rénové complètement par Paix & Lait dans chaque localité pour servir de siège ou de local de stockage, à chaque coopérative.

Les analyses et conclusions des formateurs effectuées sur place aussitôt après les sessions de formation, montrent que dans l’ensemble, la formation  en élevage caprin a rencontré auprès des éleveurs bénéficiaires un grand succès tant en terme quantitatif que qualitatif. Les principales raisons de ce succès s’expliquent par le caractère très interactif des sessions de formation, l’intérêt concret et pratique que les éleveurs y trouvent, la mobilisation et disponibilité importantes des deux formateurs vétérinaires expérimentés et d’un docteur vétérinaire ainsi que l’implication de l’ONG Paix et Lait présente sur le terrain durant les 18 jours de formation.

Selon les vétérinaires formateurs, parmi les  6 principaux thèmes abordés dans cette formation pour maîtriser un élevage caprin, les 4 thèmes relatifs à la  santé animale,  à l’alimentation animale,  à la sélection et la reproduction caprine et aux améliorations des conditions d’hébergements des animaux, ont passionnés les agro-éleveurs dans chaque localités.Ces thèmes de la formation ont bien abordé et traité de manière pratique les problèmes auxquels les agro-éleveurs sont  confrontés régulièrement.

Par contre les deux thèmes sur  la transformation et la commercialisation des produits d’élevage  et sur l’enregistrement de données et informations de l’exploitation caprine n’ont pas suscité chez les agro-éleveurs  des débats houleux. Les raisons en sont les faiblesses de la commercialisation des produits d’élevage, la quantité réduite  de production de lait et pour certains du fait du faible effectif  de leur cheptel voué à l’autoconsommation familiale et à la vente de cabris par intermittence.

Ce bilan globalement positif a permis d’alimenter une réflexion sur le développement et l’amélioration des formations techniques pour les agro-éleveurs. Deux axes majeurs de développement ressortent. Le premier concerne la poursuite de l’effort d’extension de la formation à d’autres éleveurs. Dans ce domaine, différentes voies sont à explorer : le renforcement de la participation et de la mobilisation des vétérinaires,  l’amélioration de l’information et de la sensibilisation des éleveurs, le renforcement du partenariat avec l’ONG Paix et Lait qui appuie et collabore à la mise en place de formations pour les agro-éleveurs. Le second axe de développement consisterait à répondre à la demande des éleveurs déjà formés qui souhaitent clairement que d’autres thèmes sanitaires soient abordés par le biais d’une autre formation, notamment pour d’autres espèces (bovine et cameline) ou sur d’autres sujets à débattre. Une réflexion est en cours chez les cadres vétérinaires de la Direction de l’Elevage et des Services Vétérinaires (DESV) à poursuivre le  travail avec l’ONG Paix & Lait afin de mutualiser et d’améliorer les outils de formation élaborés pour les rendre encore et davantage plus pratiques et interactives.

Cette formation en élevage caprin a été une expérience pratique humaine inédite pour les vétérinaires formateurs, l’équipe du projet RCMPCA de l’ONG « Paix & Lait » et pour les agro-éleveurs bénéficiaires.Elle constitue un puissant outil d’intérêt majeur pour l’amélioration des capacités productives animales et maraîchères des coopératives agropastorales.

En conclusion, cette action nécessite d’être répliquée avec le même engagement dans la durée, par un travail régulier de concertation et de vulgarisation sur le terrain. Cela doit passer par le renforcement du partenariat  et la collaboration entre les départements techniques nationales, les partenaires au développement et les ONG nationales présentes sur le terrain qui s’investissent à la mise en place de projets de renforcement des capacités des agro-éleveurs.

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