Diaspora : Entretien avec… Ismaël Hassan Ali alias ‘‘Oday’’, vainqueur du 20 km de Djibouti en 1993

9 août 2018 10 h 01 min0 commentsViews: 104

Nous avons rencontré dimanche dernier dans les locaux de la direction de la culture un ancien athlète djiboutien qui vit actuellement en Belgique. Il s’agit de l’ancien coureur de 5000m, 10 000m et du semi marathon, Ismaël Hassan Ali, alias ‘‘Ismaël Oday’’. Il a, en effet, remporté de nombreux trophées dans des courses internationales qui ont eu lieu à Djibouti et en Europe.  Vainqueur de la 4ième édition du 20 km de Djibouti en 1993 et également vainqueur en 1998 du 24ième Grand Prix Gaston Reiff en Belgique, ‘‘Ismaël Oday’’ fait partie des sportifs qui ont marqué l’histoire de l’athlétisme djiboutien. Sa sélection aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996 a été l’apogée de sa carrière sportive. Après 22 ans d’absence du pays, la nostalgie a incité ‘‘le champion’’ à revenir cette année au bercail. 

La Nation : Veuillez vous présenter à nos lecteurs.

Je m’appelle Ismaël Hassan Ali, je suis un ancien athlète djiboutien. J’étais parmi les meilleurs de notre pays qui ont pris la relève après les marathoniens Ahmed Saleh, Abdillahi Charmarké, Robleh Djama et Seko Hamadou. Je faisais équipe avec Omar Abdillahi et Yahye Aden. Je suis né le 5 décembre 1966 à Djibouti, j’ai suivi mes études du primaire à l’école du quartier 6 puis à Arhiba. Ensuite, j’étais au collège d’Ambouli où j’ai été jusqu’en classe de 3ième. J’habite actuellement en Belgique, je suis marié et père de trois enfants. Depuis 2005, je suis entraîneur et j’ai une petite école d’athlétisme. Je suis aussi le président de la diaspora assajog de Belgique.

Parlez-nous un peu de votre carrière en athlétisme.

J’ai été détecté lorsque j’étais en classe de 3ième par mon professeur d’EPS, M. Meyer qui m’a beaucoup entraîné. J’avais fait d’abord mes preuves dans les 5000 m et je remportais tous les cross organisés dans le pays. Ma performance m’a permis de rejoindre par la suite l’équipe nationale. Nous nous entraînions à Ali Sabieh. Bien sûr en ce temps là, le centre et ses infrastructures sportives actuelles n’existaient pas. Nous n’avions pas la chance de nous exercer dans un complexe sportif installé à Djibouti. Pour améliorer nos performances, nous étions obligés de quitter le pays.

En 1986, le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports m’a donné l’opportunité d’aller en France pour m’entraîner. Et c’est durant cette période que je me suis perfectionné dans les 10 000 m et les semi marathons.

En 1987, j’ai participé à une course internationale. J’ai représenté ainsi mon pays pour la première fois aux championnats arabes de cross-country qui ont eu lieu en Tunisie. Lors du 20 km international de Djibouti en 1993, organisé par le ministère de la jeunesse, des sports et des affaires culturelles, le travail avec mes coéquipiers m’a permis de terminer premier devant les Ethiopiens. J’ai participé aussi aux jeux olympiques d’Atlanta et de Séoul dans les séries de 5 000 m et de 10 000 m. Et j’ai bouclé en 28’ 17’’ le 10 000 m et le 5 000 m en 13’31’’.

Vous voilà de retour au pays après 22 années d’absence, alors comment s’est passé votre retour et qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez mis le pied sur le tarmac de l’aéroport ?

Beaucoup d’émotions. C’était vraiment quelque chose d’extraordinaire. Car sur cet aéroport où j’étais parti seul 22 ans auparavant, je suis revenu en famille. Comme mes enfants sont tous nés à l’étranger, pour eux et pour nous (parents) tout était particulier.

Comment voyez-vous le progrès que connaît Djibouti depuis votre longue période d’absence du pays ?

Des progrès énormes sont faits dans tous les domaines. Les grands projets d’infrastructures portuaires et ferroviaires qui ont étés menés suscitent l’admiration.   L’Université de Djibouti avec son nouveau campus à Balbala, ainsi que la création de la Faculté de Médecine sont des atouts indispensables pour l’éducation et l’enseignement de nos jeunes concitoyens. Les perspectives d’avenir de notre pays sont très bonnes. Il y a eu une amélioration des conditions de vie de la population, car des milliers de logements sociaux ont été construits. Je peux citer autant d’actions qui ont servi au développement de Djibouti, entre autre la gigantesque zone franche de PK 23 qui fait de Djibouti un hub économique et commercial de la région. Je suis vraiment heureux de constater que notre pays ambitionne de devenir la porte d’entrée des produits asiatiques dans les pays de la Corne.

Dans le domaine sportif aussi, il y a eu un développement énorme. Des complexes sportifs ont été construits aussi bien à Djibouti ville que dans les régions de l’intérieur. Djibouti a vraiment avancé et c’est une chose à encourager. Cela montre l’abnégation de notre gouvernement à faire progresser le pays vers un rayonnement international. J’exhorte donc les Djiboutiens et surtout les jeunes à profiter de ces installations sportives et à ne pas céder aux sirènes de la consommation   du khat, de la cigarette, et de toute sortes de drogues.

Toute diaspora joue un rôle très important dans le développement de son pays d’origine. Vous, en tant que président de la diaspora assajog, dans quel domaine comptez-vous intervenir pour développer la population et  la région d’Ali Sabieh?

Il y a plusieurs associations qui ont pour mission de mobiliser les Djiboutiens de la Diaspora et d’encourager leurs contributions au développement social et économique de Djibouti. Notre association appuie des actions d’intérêt général avec comme priorités la lutte contre les drogues et la promotion du sport.

C’est en ce sens que nous avons apporté des équipements sportifs (des maillots, des chaussures, des ballons, des tenues et des sifflets pour arbitres, des chronomètres…) à une dizaine d’équipes de jeunes joueurs de football. Nous avons pris contact avec le préfet Mohamed Waberi Assoweh et les membres du conseil régional dont le président Omar Ahmed Wais. Ils nous  ont bien accueilli et nous ont octroyé des parcelles de terrain.

Propos recueillis par Rachid Bayleh

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