Dialogue politique : L’UMP et l’USN signent un accord qui marque la fin de deux années de remous

31 décembre 2014 9 h 55 min7 commentsViews: 774

L’année se termine sur une note d’espoir pour la RdD avec la signature intervenue hier d’un accord-cadre entre l’UMP et l’USN. La cérémonie de signature de cet accord a eu lieu en présence du chef de l’Etat et de l’ensemble des dirigeants de la coalition de l’opposition. « Je me porte d’ores et déjà garant pour que chacun des termes de cet accord soit respecté et soit pleinement traduit dans les actes », a dit le Président de la République.  Compte-rendu d’une cérémonie historique.

Vingt ans après les accords historiques d’Ab’a par lesquels la paix fut scellée après trois années de bruit et de fureur, un grand pas a été franchi hier au palais du peuple.

Après plusieurs rendez-vous manqués, l’accord-cadre maintes fois annoncé a été enfin signé entre l’UMP, la coalition au pouvoir, et l’USN, la coalition des partis de l’opposition.

La cérémonie de signature de cet accord a été suivie en direct à la télévision par des centaines de milliers de personnes.

L’instant était historique et les leaders politiques des deux bords en avaient conscience. A commencer par le président Ismaïl Omar Guelleh.

Le chef de l’Etat, qui a reçu à plusieurs reprises les négociateurs de l’autre camp, est un homme de dialogue et du consensus.

Cet accord, voulu par lui, est le résultat de ses multiples rencontres directes avec ses adversaires politiques.

C’est le Premier ministre et président de l’UMP, M. Abdoulkader Kamil Mohamed, et M. Ahmed Youssouf Houmed, chef de la coalition de l’opposition, qui ont paraphé le document par lequel les deux parties s’engagent donc à tourner la page des remous postélectoraux et à en écrire une autre.

La coalition au pouvoir ayant accepté d’accéder à plusieurs des revendications de l’USN, les deux parties s’engagent donc désormais à travailler ensemble au renforcement de la démocratie djiboutienne qui va forcément s’apaiser.

Hier au palais du peuple, les différents acteurs politiques qui ont pris la parole ont exprimé leur attachement à la paix, à la concorde civile et à l’intérêt supérieur de la nation.

Vieux routiers de la vie politique nationale et jeunes loups pressés abondaient dans le même sens : le temps est venu de mettre un terme aux confrontations permanentes et d’exercer une démocratie apaisée.

Les élus de l’USN, qui boudaient le parlement depuis le scrutin du 22 février 2013, vont donc désormais exercer leur mandat à l’Assemblée nationale où leur participation aux travaux contribuera à enrichir le débat.

Hier au palais du peuple, après les joyeux flonflons de la troupe du 4 Mars exaltant la patrie et l’unité nationale, le Premier ministre Abdoulkader Kamil est revenu sur les difficultés qui ont jalonné ce processus de négociations.

Il a rendu hommage aux hommes qui ont permis que ce processus ait un dénouement heureux.

Il a salué la détermination du Président qui a permis aux choses d’avancer. « Je voudrais le souligner devant vous tous : cet accord sur le dialogue politique n’aurait jamais connu un tel épilogue sans l’obstination et la persévérance du président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh.

Cette obstination et je dirais même cet entêtement à vouloir la paix,  la réconciliation et le dialogue par-dessus-tout, c’est ce qui caractérise le plus la politique mais aussi la personnalité du président de la République », a-t-il dit.

Le Premier ministre a également rendu un vibrant hommage à M. Ismaïl Guedi Hared, qui fait aujourd’hui figure de doyen de la classe politique djiboutienne et dont la sagesse et la clairvoyance ont été pour beaucoup dans la conclusion de cet accord.

Le Premier ministre et président de l’UMP a appelé les dirigeants des deux bords à avoir toujours à l’esprit l’intérêt supérieur de la nation et à ne pas décevoir les Djiboutiens qui attendent beaucoup de cette entente qui vient d’être scellée.

« Comme vous le savez, cet accord à été long à se schématiser, à se dessiner et enfin à se concrétiser.

Comme vous le savez, les deux premières tentatives avortées ont été douloureuses pour tout le monde.

Mais aujourd’hui le temps n’est pas à la polémique et aux regrets. Aujourd’hui le temps est à la joie et à la fierté.

Donc ne boudons pas notre plaisir d’avoir enfin abouti, malgré les obstacles et les difficultés de toutes natures à cet accord cadre », a-t-il déclaré.

Le PM a également rendu hommage aux hommes de l’ombre qui ont travaillé en coulisses pour que le fil du dialogue ne soit jamais rompu, à commencer par le secrétaire-général de la Primature, M. Naguib Abdallah. Il a cité aussi le président du conseil régional d’Obock, M. Ali Houmed et le secrétaire-général du ministère de l’Agriculture, M. Idriss Abdou Ali.

Le leader de l’USN, M. Ahmed Youssouf Houmed, a pour sa part eu des mots tout aussi empreints de sincérité pour parler de ce qui réunit les Djiboutiens, de la chance qui s’offre à tous aujourd’hui d’évoluer vers une démocratie apaisée.

Il a insisté sur la nécessité de veiller à la « sincère » application de l’esprit et de la lettre de cet accord-cadre.

Il a appelé le chef de l’Etat à s’en porter garant. Et c’est ce qui fut fait puisque, dans son discours de clôture de cette belle cérémonie, le Président Ismaïl Omar Guelleh n’a laissé planer aucun doute là-dessus. « Notre premier effort doit aller rapidement à la concrétisation de cet accord.

Aussi, devant le peuple souverain je me porte d’ores et déjà garant pour que chacun de ses termes soit respecté et soit pleinement traduit dans les actes », a-t-il déclaré.

L’esprit d’Ab’a…

C’est dans cette même salle du palais du peuple qu’il y a vingt ans, presque jour pour jour, la rébellion armée et le gouvernement du président Gouled signaient un accord de paix et de réconciliation nationale.

Le président Ismaïl Omar Guelleh, alors haut fonctionnaire de 47 ans,  était assis au premier rang au moment où M. Ougoureh Kifle Ahmed et le ministre de l’Intérieur de l’époque, M. Idriss Harbi Farah, signaient les accords d’Ab’a.

Ces accords avaient été ainsi baptisés car tout avait été discuté en amont  à l’ombre clairsemée d’un acacia dans ce petit campement du Gobaad entre M. IOG, l’ancien Premier ministre Barkat Gourad et M. Ougoureh Kifle.

C’est ce même Ismaïl Omar Guelleh, aujourd’hui premier magistrat du pays, qui a permis au dialogue politique avec l’opposition d’avancer et d’aboutir.

Cet accord comme celui qui avait été conclu avec le FRUD armé de feu Ahmed Dini Ahmed le 12 mai 2001, a été négocié sans facilitateur étranger.

C’est l’esprit d’Ab’a qui a prévalu. Les historiens analyseront, le moment venu, quel aura été l’apport du président IOG à la préservation de la paix dans son pays, à l’évolution du processus démocratique et à la concorde civile.

Pour l’heure, l’homme écrit l’Histoire au présent, surmontant les difficultés par un grand sens du dialogue.

ABS

 

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