Chemin de Fer Djibouto-Ethiopien – L’aube d’une nouvelle ère

10 janvier 2017 7 h 53 min0 commentsViews: 102

Le nouveau chemin de fer djibouto-éthiopien serait-il en mesure de tirer son épingle du jeu dans la poursuite du processus  d’intégration régionale ?

La question se pose avec acuité. Elle interpelle les observateurs avisés et acteurs du secteur des transports.  Les uns et les autres  rappellent d’abord que Djibouti demeure la principale voie d’approvisionnement de l’Ethiopie.  Chiffres à l’appui, ils mettent en exergue les perspectives alléchantes du trafic import éthiopien, estimé aujourd’hui à  9 millions de tonnes. Ce volume va doubler dans  10 ans, et sera multiplié par 5 d’ici 20 ans selon les avis concordants des experts régionaux. Ceux-ci privilégient une complémentarité entre la route et le rail dans le développement d’un transport multimodal.

Le chemin de fer a servi dès 1917 de trait d’union entre notre pays et notre voisin éthiopien. Après plus de 70 années fastes, les décennies 1990 et 2000 marquaient le déclin du trafic ferroviaire.

… Regards rétrospectifs. Le réseau ferré se trouvait à l’arrêt. Cette situation découlait du manque d’entretien et de la vétusté généralisée des matériels roulants. Sans oublier la rude concurrence  du transport  routier qui connait à son tour une saturation. A tel point que le trafic routier n’est plus en mesure de répondre aujourd’hui de manière efficace aux attentes légitimes des acteurs économiques de ce marché florissant. A l’instar des autres pays du continent, Djibouti et l’Ethiopie ont fait leur le choix de développer et moderniser le transport ferroviaire. Les autorités nationales et celles éthiopiennes ont dès lors voulu provoquer une inversion de tendance en faisant du chemin de fer un moyen de transport commode et moins onéreux. L’existence de cette volonté politique est à l’origine du renouveau du chemin de fer djibouto-éthiopien. Lequel a commencé à renaître de ses cendres au premier semestre de 2010.

… Le temps du renouveau. En effet, les gouvernements de Djibouti et de  l’Ethiopie ont entériné en juin 2010 la signature un mémorandum d’entente sur la construction et le développement de deux corridors ferroviaires : l’un allant de Djibouti-ville à Addis-Abeba au sud, et l’autre de Tadjourah à Mekelé au nord. Ainsi, le projet ferroviaire a vu le jour grâce au soutien financier de l’Exim Bank de la Chine. La mise en œuvre de ce chantier d’envergure était l’un des axes directeurs  d’une stratégie nationale visant à doter le pays de ses moyens pour remplir son rôle de « hub logistique » dans une région en pleine mutation économique.

Le nouveau chef de fer djibouto-éthiopien serait-il en mesure de tirer son épingle du jeu dans la poursuite du processus d’intégration régionale ? La question se pose avec acuité. Elle interpelle les observateurs avisés et acteurs du secteur des transports. Les uns et les autres rappellent d’abord  que Djibouti demeure la principale voie d’approvisionnement de l’Ethiopie. Chiffres à l’appui, ils mettent en exergue les perspectives alléchantes du trafic import éthiopien, estimé aujourd’hui à  9 millions de tonnes. Ce volume  va doubler dans  10 ans, et sera multiplié par 5 d’ici 20 ans selon les avis concordants des experts régionaux. Ceux-ci privilégient une complémentarité entre la route et le rail dans le développement d’un transport multimodal.

A en croire leurs propos, la  nouvelle ligne électrifiée de chemin de fer facilitera la circulation des personnes et des biens entre les deux pays. Sa mise en exploitation, assortie d’une réduction de coût, vise   la promotion du commerce régional, la création d’opportunités d’emplois et de revenus. Elle permettra en outre l’intégration du chemin de fer régional dans un réseau plus vaste à l’échelle continentale. Il s’agit pour les autorités djiboutiennes et éthiopiennes de mettre sur pied en collaboration avec celles des autres pays africains un réseau ferroviaire  reliant l’est  à l’ouest, et le nord au sud du continent.

La réalisation de ce rêve dopera non seulement les échanges commerciaux inter africains mais donnera aussi un coup d’accélérateur au processus d’intégration régionale en cours.

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