Le chef de l’Etat inaugure un nouveau port à Tadjourah

18 juin 2017 9 h 13 min0 commentsViews: 164

Le président Ismaïl Omar Guelle a inauguré jeudi dernier le nouveau port de Tadjourah entièrement dédié à l’exportation des minerais éthiopiens. La cérémonie inaugurale a eu lieu en présence des sultans de Tadjourah et du Gobaad et des autorités politiques du pays. Le ministre éthiopien des Transports, M. Ahmed Chideh, était également présent. Désormais, Tadjourah est de nouveau l’une des portes d’entrée de l’Ethiopie.

Malgré les ardeurs du soleil et en dépit de la fatigue liée au jeûne, ce fut une journée festive à Tadjourah. En cette chaude matinée du jeudi 15 juin 2017, cinq ans après le premier coup de pioche donné le 12 décembre 2012, le président Ismaïl Omar Guelleh inaugurait le nouveau port de Tadjourah dédié à l’exportation de minerais éthiopiens. Les travaux, confiés à une société chinoise, Bao Ye Hubei Construction (DJI FU SARL), ont été réalisés selon les normes internationales et le nouveau port est donc fin prêt à recevoir les premiers bateaux. C’est sur la plateforme du nouveau port que s’est posé l’hélicoptère militaire transportant le président Ismaïl Omar Guelleh. Il a été accueilli par une foule bigarrée et des officiels lessivés. La cérémonie pouvait commencer. Il faut dire que le ministre de l’Equipement et des transports, Mohamed Abdoulkader Moussa, qui a lancé les invitations pour cette cérémonie inaugurale, n’avait pas fait les choses à moitié. Il avait en effet tenu à ce que, malgré le Ramadan, le rassemblement soit parfait. Il avait multiplié les rencontres en amont avec les autorités coutumières et préfectorales. Le préfet Abdoulmalik justement, a ouvert la série de discours qui a marqué cette cérémonie. Il a rendu hommage au Président pour sa persévérance, sa patience et sa foi en l’avenir de la région de Tadjourah. Le préfet s’est félicité du bon déroulement des travaux de construction de cette route, travaux dont la cérémonie de lancement avait marqué, il y a cinq ans, son entrée en fonctions comme administrateur de cette région du Nord. Les officiels qui se sont succédé au micro jeudi dernier n’ont pas manqué d’évoquer l’histoire de la ville-blanche et sa vocation naturelle de porte d’entrée de l’Ethiopie. Le ministre de l’Equipement et des Transports, Mohamed Abdoulkader Moussa, l’a souligné avec force, lui qui a rappelé la longue histoire de corridor commercial de Tadjourah « Jadis, c’est par Tadjourah que passaient les marchandises destinées à l’Ethiopie par caravanes entières », a-t-il dit avant d’ajouter en s’adressant au Président : « En ces temps modernes, vous avez voulu donner un coup d’accélérateur à nos échanges, raccourcir les distances, et permettre aux hommes et aux femmes de notre pays de se positionner sur la route du progrès ».

Doté de deux postes à quai de 485m de longueur et de 14 m de profondeur, le nouveau port de Tadjourah affiche une superficie de plus de 30ha. Il est capable d’accueillir simultanément deux navires de plus de 65.000 tonnes et aura, dans sa phase finale, une capacité annuelle de cinq millions de tonnes. Les caractéristiques techniques du nouveau port, détaillées tour à tour jeudi dernier lors de cette cérémonie par les deux dirigeants des ports de Djibouti, Saad Omar Guelleh et Aboubaker Omar Hadi, en font un port capable de booster l’économie de la région du Nord du pays, voire de l’ensemble du pays. Dans un premier temps, 250 personnes y trouveront un emploi direct.

Le discours du ministre de l’Equipement a été suivi de celui de son homologue éthiopien, M. Ahmed Chideh. Ce dernier a loué la politique mise en œuvre au cours des vingt dernières années par les dirigeants des deux pays afin de renforcer l’intégration économique. Il a dit combien ce port contribuera à la prospérité économique des deux pays. Le chef de l’Etat qui, comme l’exigent les usages protocolaires, s’est exprimé en dernier, n’a pas caché sa fierté et son plaisir d’inaugurer ce port cinq ans après en avoir lancé les travaux. Pour lui, ce port est un nouveau maillon de l’offre portuaire djiboutienne. « Il est, a-t-il dit,  un atout pour l’avenir car d’une part, il constitue un nouveau point d’ancrage économique pour Djibouti et d’autre part, il crée une ramification supplémentaire de l’axe djibouto-éhiopien qui a vocation, par la densité des volumes des échanges, à être le moteur de croissance et la locomotive de notre sous-région. Bénéfique, ensuite, pour la Région Tadjouroise en particulier et pour le développement des territoires en général.  En effet, pour la région de Tadjourah, l’impact de ce projet est considérable tant en matière de création d’emplois, avec pas moins de 250 emplois directs générés par le site que de création de richesses avec les milliers d’activités connexes attendues ». Le chef de l’Etat a vu aussi en ce port un nouvel outil qui va nécessairement donner un coup d’accélérateur à sa politique de développement des territoires. Il a remercié les partenaires grâce auxquels cette réalisation a pu se faire : le fonds saoudien de développement ( FSD),le fonds arabe de développement économique et social (FADES) ainsi que le fonds de l’opec pour le développement international (OFID) pour un montant total de 120 millions de dollars. Ce nouveau port pourra en effet, au-delà des emplois directs, générer des richesses grâce aux activités connexes attendues, comme l’a noté le chef de l’Etat. La région s’y est préparée à travers de nombreuses constructions immobilières mais aussi par des formations à divers métiers.

Tadjourah-ville, qui faisait figure de Belle au bois dormant, semble avoir retrouvé sa vocation naturelle de cité portuaire, faite pour les échanges commerciaux. Ibrahim Abdoubaker, le plus grand commerçant du Nord, semblait optimiste jeudi dernier au micro de la RTD. Il a salué la constance du chef de l’Etat dans sa volonté de doter les régions de pôles économiques à même de relancer leur économie.  « Notre région pourra décoller économiquement grâce à ce nouveau port et à la route Tadjourah-Mekellé », a-t-il souligné. Présent dans le secteur de l’alimentation générale mais aussi dans le bâtiment et le transport maritime, le patron des établissements Handah Obakar, avec ses boutres et son centre d’affaires en construction, incarne à la fois le passé et l’avenir de Tadjourah. Comme lui, ils sont nombreux à avoir foi, de nouveau, en leur région.

ABS 

 

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