Brucellose ou « la maladie du lait :  » Entretien avec…Dr Ibrahim M Dimbio

22 mars 2018 9 h 55 min33 commentsViews: 239

Médecin Généraliste, Dr Ibrahim M Dimbio est en activité au  service de médecine polyvalente de l’hôpital Cheiko de Balbala.

« Cette maladie peut être bénigne et spontanément résolutive, ou sévère et chronique »

Que ce qu’est la brucellose ? 

La brucellose est une anthropozoonose, c’est à dire une maladie qui se transmet de l’animal vers l’Homme, le plus souvent via la consommation de lait non-pasteurisé. On l’appelle communément fièvre méditerranéenne, de Gibraltar, de Malte, ou encore fièvre ondulante. Cette maladie, due à une bactérie du genre Brucella, peut être bénigne et spontanément résolutive, ou sévère et chronique. Dans sa forme chronique, la maladie peut durer plusieurs années et entraîner de graves conséquences neurologiques et cardiaques. Elle n’entraîne la mort que dans de rares cas, même en l’absence de traitement antibiotique.

Comment la maladie touche-t-elle l’homme?

La contamination de l’homme s’opère de différentes manières. Le plus souvent, la transmission à l’homme se produit par ingestion de produits laitiers frais (lait cru) provenant d’animaux infectés par la bactérie. Elle peut aussi se produire par contact avec des animaux ayant la brucellose : c’est le cas surtout des éleveurs, des vétérinaires et du personnel des abattoirs exposés à l’infection en manipulant les animaux infectés, les avortons et les placentas. La manipulation de fumier ou d’autres produits souillés, l’ingestion de légumes provenant de sols traités avec du fumier ou encore l’inhalation de poussières de litières souillées peuvent aussi contaminer l’homme.

Quels sont Les symptômes de la brucellose?

Dans plus de 9 cas sur 10, les contaminations restent silencieuses. Les formes symptomatiques de la maladie évoluent en 3 phases successives.

Concernant la brucellose aiguë, le début est progressif avant que ne s’installe une fièvre à 39-40° associée à une sensation de malaise, des courbatures, des sueurs nocturnes et des douleurs musculaires. La fièvre évolue sur un mode ondulant (diminution puis réascension de la température corporelle) pendant une quinzaine de jours ;

La brucellose secondaire se manifeste par une fatigue, parfois associée à des atteintes osseuses, articulaires (arthrite) ou neurologiques (méningite) ;

La brucellose chronique se caractérise par des manifestations générales (fatigue généralisée, sueurs, douleurs diffuses, éruptions cutanées) et locales (atteintes osseuses, hépatiques, neurologiques).

Quels examens et analyses complémentaires doit-on faire?

La numération formule sanguine (prise de sang) retrouve une diminution du nombre de globules blancs dans le sang lors de la phase initiale. Les hémocultures(sang prélevé et mis en culture pour favoriser la croissance des bactéries) sont positives au début de la maladie (brucellose aiguë) puis se redeviennent normales.

Plusieurs autres techniques de laboratoire peuvent être utilisées pour identifier la maladie (notamment le sérodiagnostic de Wright positif à partir du 15 ème jour de la maladie, et l’intradermo-réaction à la mélitine).

L’identification de l’ADN de la bactérie par la technique de PCR est possible et constitue un examen spécifique.

Comment prévenir la brucellose ?

La prévention de l’infection par la brucellose passe par une série de mesures. L’étape la plus importante – est de contrôler l’état de santé des animaux qui peuvent déjà transmettre la brucellose. Cela exige des efforts organisés d’organisations locales impliquées dans la santé et les principaux organes qui contrôlent la santé des animaux.

Pour cela, les mesures les plus efficaces sont les programmes de vaccination, les enquêtes d’animaux et, malheureusement, la destruction des animaux infectés. Il n’existe pas de vaccins pour la brucellose humaine pour le moment.

Dans les zones où la vaccination des animaux ou la destruction de toute raison est impossible, Il faut prendre des mesures préventives pour empêcher la transmission de maladies des animaux aux humains.

Ces mesures comprennent la pasteurisation des produits laitiers, le rejet des produits laitiers non pasteurisés et l’utilisation de la viande et des produits qui n’ont pas subi un traitement thermique adéquat. Il faut en outre utiliser des précautions de barrière (lunettes, gants, masques) pour éviter l’inhalation des bactéries.

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