Accélérer une dynamique prometteuse

9 novembre 2017 11 h 04 min0 commentsViews: 56

Sous le haut patronage du président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, la sixième édition du sommet africain annuel de la finance islamique s’est ouverte hier au Kempinski. Cette année, d’illustres figures de la finance mondiale prennent part à ces assises. Citons, entre autres, le vice-président de la Banque mondiale et invité d’honneur de cette conférence, Ousmane Diagana, le directeur général de la Banque centrale du Maroc, Abderrahim Bouazza, le secrétaire général  de l’Organisation de la Comptabilité et de l’Audit pour les Institutions de la Finance Islamique  (AAOIFI), Hamed Hassan Merrah, le responsable du développement des produits financiers au sein de l’institut islamique de recherche et de formation de la Banque Islamique de Développement, Sami Al Suwailem.

Accélérer une dynamique prometteuse (1)

La finance islamique, une opportunité à saisir

« Libérer le potentiel économique et stratégique de la finance islamique en Afrique. » C’est la thématique autour de laquelle les réflexions tournent cette année. Il s’agit pour les grands argentiers et les parties prenantes de définir les moyens de recourir de manière généralisée et extensive à l’ensemble des offres relevant de la finance islamique. Car, faut-il le souligner, celle-ci offre une gamme variée de produits financiers dont notamment les prêts aux Etats, le financement de gros investissements, notamment privés, l’ouverture de comptes aux particuliers, etc.

Experts et praticiens de la finance internationale auront à débattre de la thématique en se penchant sur les Sukuks et le financement des infrastructures, le commerce et l’investissement ainsi que l’inclusion financière et l’innovation.

La finance islamique, une alternative crédible au sein de l’industrie financière internationale. Lors de l’ouverture des travaux du sommet, le gouverneur de la Banque centrale de Djibouti, Ahmed Osman Ali, a mis en lumière la « percée planétaire » de la finance islamique qui, a-t-il encore indiqué « enregistre une croissance robuste estimée à 17% par an, au cours des dix dernières années ».

Fait marquant : cette tendance devrait s’accélérer avec une progression de 77% et des actifs de 3500 Milliards de dollars US en 2021 dans les cinq prochaines années. Cet accroissement va de pair avec la démultiplication des institutions financières islamiques qui compte à ce jour 600 établissements implantés dans 80 pays musulmans et non musulmans. Et l’Afrique demeure la destination la plus prometteuse au regard des dynamiques et de développement de l’industrie et la valorisation de la transformation des matières premières. « Des perspectives heureuses qui s’ouvrent dans les secteurs pétroliers, gaziers, miniers, des transports et des services modernes de télécommunications » a affirmé M. Ahmed Osman Ali.

Le gouverneur de la BCD s’est dit réjoui des progrès significatifs de la finance islamique à Djibouti où elle est pratiquée par 3 banques islamiques qui représentent 21.1 % de l’actif bancaire total. Ces banques représentent 36 %  du nombre d’agences bancaires, 25.2 % du nombre de comptes bancaires, 40 % du nombre des distributeurs automatiques de billets.

Autant de succès favorisés par des réformes importantes et l’aménagement d’un environnement et un cadre réglementaire propices au développement des activités bancaires islamiques. Il s’agit notamment de la modernisation de l’architecture et des infrastructures financières nationales avec l’émergence de technologies automatisées dans les systèmes de paiement et de système d’information des crédits, le renforcement permanent des capacités de la supervision bancaire, la création d’un fonds de garantie pour les crédits au PME/PMI, et le lancement prochain du crédit-bail.

Le patron de la BCD, a enfin appelé à prendre des mesures fortes pour libérer tout le potentiel de la finance islamique en Afrique. Il a encouragé le renforcement et l’amélioration de la  communication sur la finance islamique, l’élargissement de la gamme des produits financiers offerts et la formation des ressources humaines.

Eliminer les obstacles qui entravent le développement de la finance islamique

Le président de la République, qui s’est exprimé en langue anglaise, a d’abord profité de l’occasion pour adresser ses pensées à la nation sœur somalienne qui souffre de la barbarie de groupes extrémistes violents. Puis, le chef de l’Etat s’est dit honoré d’avoir reçu le prestigieux Prix de la finance islamique internationale grâce notamment à l’organisation du sommet annuel de la finance islamique internationale qui, «année après année, nous apporte une plus grande visibilité internationale avec tous les éminents experts qui nous accompagnent dans ce projet ». Cet honneur nous impose « le défi d’aller au-delà, afin d’ancrer de façon permanente la finance islamique en tant que vecteur de progrès économique et social dans nos pays » a-t-il poursuivi. M. Ismaïl Omar Guelleh s’est ensuite déclaré satisfait de la « formidable percée mondiale de la finance islamique et son immense potentiel inexploré » qui, a-t-il dit, « nous remplissent d’espoir pour nos objectifs de développement rapide et durable ». Mais le président s’est ému du contraste saisissant d’une Afrique qui abrite la moitié des musulmans du monde et qui attire seulement 2% des ressources importantes drainées par la finance islamique. D’où son appel à l’industrie financière islamique qui doit profiter de la forte croissance de l’Afrique et de son besoin de financement de pas moins de 100 milliards de dollars US par an. Il s’est dit convaincu que la finance islamique est la réponse la plus appropriée car elle offre des ressources à des conditions économiquement et socialement acceptables.

D’où l’intérêt de ce sommet qui est « un cadre idéal pour les échanges et les réflexions pour nous guider dans les voies et moyens à suivre afin d’éliminer les différentes barrières au développement de la finance islamique sur notre continent» comme l’a rappelé le président Guelleh.

Le président de la République a fait part de sa volonté à concentrer ses efforts pour lever les principales faiblesses, notamment en ce qui concerne l’amélioration du climat des affaires, le renforcement des cadres réglementaires et la formation dans le domaine de la finance islamique. Il a enfin insisté sur l’intérêt de focaliser les « réflexions sur les moyens susceptibles d’éliminer les obstacles qui entravent le développement rapide de la finance islamique qui est une solution réelle et adaptée à nos besoins.

Le président de la République a conclu son intervention en mettant en exergue son objectif suprême qui est de « bâtir une société juste, équitable et prospère où les gens sont au centre de toutes les préoccupations ».

Un appel à la communauté bancaire à s’impliquer davantage dans le financement de l’économie, et les banques islamiques pour élargir leurs portefeuilles en investissant  massivement dans divers domaines stratégiques clés, tels que les infrastructures, l’énergie, l’éducation, la santé, l’eau, etc.

Les travaux de la conférence ont démarré par une série de présentations phares sur les initiatives internationales  de promotion de la finance islamique en Afrique, effectuées par des experts et des responsables d’institutions financières et de cabinet d’expertise et de consulting sur la finance islamique. Les débats ont également permis d’étudier les étapes et la stratégie globale de pénétration de la finance islamique en Afrique, ainsi que les voies et les moyens à suivre et entreprendre afin d’accélérer cette dynamique prometteuse et fructueuse. A suivre.

MAS 

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