A Loyada, les douaniers ne laissent rien passer au hasard

9 août 2018 9 h 40 min8 commentsViews: 279

Opérations de dédouanement, vérification de marchandises, fouille de bagages… les douaniers djiboutiens en poste à Loyada, frontière avec le Somaliland,  ne laissent rien passer au hasard. Ils scrutent à la loupe chaque bagage et chaque produit, sans traitement de faveur. Car au-delà de son rôle fiscal et économique, la douane djiboutienne assure une mission de protection des consommateurs. Ce reportage vous immerge dans l’univers captivant des douaniers djiboutiens. Vous découvrirez les singularités du travail de ces hommes et femmes qui interceptent chaque jour un bon nombre d’articles prohibés…

Loyada. A une centaine de mètre de la frontière qui nous sépare du Somaliland, un groupe d’estivants djiboutiens en provenance de Hargueisa, vient tout juste de débarquer à Loyada, point d’entrée dans notre pays. Visiblement fatigués par le voyage, ces citoyens djiboutiens présentent tout d’abord leurs documents de voyage à la police d’immigration. Ils se dirigent ensuite vers la case douane où ils sont soumis à un contrôle qui consiste à fouiller leurs bagages.

Une vigilance de tous les instants. « Le poste frontalier de Loyada constitue un des points d’entrée dans notre pays. En cette période, nous accueillons généralement les estivants djiboutiens de retour de Hargueisa ou de Borama. Ils achètent généralement des articles de souvenir. Mais nous découvrons des fois dans les bagages de certaines personnes des produits contrefaits », explique Chehem Ali Daoud, chef de brigade de la Douane de Loyada.

Justement, cette fois, ce sont des produits de soins de beauté qui sortent d’un sac de voyage. La propriétaire, une jeune femme accompagnée de son mari, tente de se justifier : « Mais ce ne sont que des produits de soins de beauté. J’en utilise pour éclaircir ma peau d’ébène », dit-elle les yeux écarquillés.  Le douanier, sans dire mot, continue à fouiller le sac. Rien d’autre n’en sort. Tout est en règle hormis les fameux produits de beauté. « Madame, je ne peux pas vous laisser passer avec ces produits prohibés. Je suis désolé », rétorque poliment l’agent. « Bon retour parmi les siens », dit-il avec un sourire.  Un peu plus loin, un autre voyageur revenu de Borama ouvre ses bagages. A l’intérieur d’un sac, le douanier découvre une bouteille contenant un « médicament miraculeux », de « la vitamine », selon le propriétaire. L’agent de la douane demande l’ordonnance du médecin qui a prescrit ce médicament. Le voyageur, surpris, tente de trouver le bout de papier dans ses affaires. En vain. Le douanier décide donc de garder la bouteille.

A LOYADA

« Entre les produits de beauté, le tabac ou les médicaments contrefaits, le dépôt des douanes, vidé tous les quinze jours, reflète la diversité des produits saisis », affirme le chef de brigade de Loyada.

Des moyens sophistiqués. Menaces terroristes, flux de réfugiés, contrefaçon, drogues… Les missions de la douane djiboutienne ont ainsi évolué ces dernières années, l’obligeant à perfectionner ses méthodes de travail et à diversifier le profil de ses limiers.

En parallèle, l’institution poursuit son travail de fond : la taxation des marchandises importées. En effet, la Douane collecte une part significative des recettes budgétaires fiscales de l’Etat (près de 56% annuellement) et contribue à l’alimentation des caisses publiques.

L’importation, l’exportation ou le transit de marchandises sur le territoire national constitue le fait générateur de la fiscalité indirecte. Ainsi, l’on peut dire que les recettes douanières constituent un apport essentiel pour le budget de l’Etat.

Muni d’un appareil sophistiqué qui détecte la radiation environnementale de la marchandise, le chef de la brigade de la douane de Loyada, Chehem Ali Daoud, accompagné d’un agent de police de l’immigration, se dirige vers une plateforme où sont exhibées des marchandises à caractère commercial importées depuis le Somaliland.  « Avant toute chose, nous effectuons un travail d’inspection des marchandises en collaboration avec la police d’immigration. J’allume mon détecteur de radiation pour vérifier la radiation environnementale de la marchandise. Si nous constatons qu’il n y a aucune menace, alors nous possédons à la vérification de la marchandise », souligne Chehem.  Il commence alors à ouvrir les cartons. La nature de la marchandise ? Des biscuits. « Elle est à vous cette marchandise ? », demande-t-il à une dame, se trouvant à deux mètres de lui. « Oui, elle est à moi « , rétorque-t-elle.

A Loyada (1)

Le chef de poste saisit un biscuit et regarde sa date d’expiration. « C’est bon, dit-il, la date est en règle mais nous envoyons comme même un échantillon du produit alimentaire au laboratoire LANAA pour confirmation. La date d’expiration écrite sur le produit peut être modifiée. On ne prend aucun risque ». En fait, la douane djiboutienne, parce qu’elle contrôle les flux de marchandises, veille au respect de nombreuses réglementations visant à protéger la santé et la sécurité des consommateurs.

A Loyada (8)

Ses interventions, tant en entrée du territoire national qu’à la circulation, lui permettent d’intercepter des marchandises illicites avant leur écoulement sur le marché national.

« Une fois que les résultats de l’analyse confirment la qualité du produit, nous  entamons la procédure de dédouanement. Tout ce travail se fait en une journée », indiqué M. Chehem.

A Loyada (7)

A quelque pas de là, sur une autre zone de cette même plateforme, se trouvent des marchandises à caractère non commercial mais soumises également au régime tarifaire de droit commun.

« Il s’agit de marchandises à caractère non commercial. Ces matériels sont généralement constitués d’équipements ménagers pour des nouveaux mariés », précise le chef de poste de la douane.

A Loyada (6)

Décidemment, par leur présence vigilante aux frontières, les services douaniers scrutent à la loupe chaque produit importé, sans traitement de faveur.

AAD

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