Droit de Réponse

6 février 2017 8 h 20 min0 commentsViews: 69

L’article de M. Kenedid Ibrahim, paru dans La Nation du lundi 23 janvier 2017, faisant écho d’une conférence sur la décentralisation tenue par le Dr Abdoulkader Hassan Mouhoumed le samedi 21 janvier nous inspire un droit de réponse tant il y va de l’image du processus de Décentralisation dans notre pays et de la crédibilité du département ministériel qui en a la charge.

Avant d’interroger le compte-rendu de la conférence tel que rapporté par La Nation, un bref rappel pour donner des repères aux lecteurs. Créé par décret présidentiel du 16 juin 2016, qui exprime la volonté du chef de l’État, Son Excellence Monsieur Ismail Omar Guelleh d’impulser un nouveau dynamisme à la politique de décentralisation, le Ministère Délégué auprès du Ministère de l’Intérieur chargé de la Décentralisation a aussitôt mis le pied à l’étrier en se dotant d’une feuille de route triennale (2017-2019) de la mise en œuvre de la politique de décentralisation établie après un diagnostic et un état des lieux de cette même politique.

Ainsi, cette feuille de route élaborée avec le concours du comité interministériel nommé sous le décret n°2016-189/PR/MDCD contient une nouvelle  stratégie censée impulser  la décentralisation pour les années à venir. Cette stratégie contient notamment l’amélioration du cadre juridique, le renforcement des capacités des acteurs institutionnels, l’appui à la maitrise d’ouvrage des collectivités territoriales et l’affermissement de la déconcentration.  Le Ministère s’est également doté d’un organigramme à la faveur de la loi du 26 décembre 2017, tout en lançant dans la foulée, le projet d’harmonisation du cadre juridique et la fiscalité locale dont la loi de finances de 2017 a d’ores et déjà transféré aux régions de l’intérieur la contribution annuelle sur les propriété bâties et non bâties situées en dehors de l’agglomération de Djibouti-Balbala (articles 15 et 17).

Dès lors qu’il existe un Ministère  chargé de la Décentralisation à Djibouti, il parait évident que quiconque voulant expliquer au public ce qu’il en est de cette importante réforme dans notre pays se renseigne préalablement auprès de l’institution qui en a la charge.

Ce bon sens ne semble pas partagé par l’IRICA, une association de chercheurs djiboutiens qui n’a pas jugé utile d’associer, ou même d’informer, le nouveau Ministère Délégué à la Décentralisation de la conférence que ladite association a organisée sur le sujet  le 21 janvier à l’hôtel Rayan.

Loin de nous  l’idée de condamner ou de blâmer la tenue d’un débat citoyen autour de ce thème.  Au contraire, en tant que département politique concerné au premier chef, nous nous  réjouissons d’une telle initiative si l’objectif est de vulgariser la décentralisation auprès des citoyens. Hélas en faisant cavalier seul, en ignorant tout un ministère mis sur pied spécifiquement pour mener à bien le chantier de la décentralisation, l’IRICA semble s’écarter complètement de l’objectif susmentionné. Dès lors quelques questions se posent. L’Association a-t-elle organisé cette conférence pour mettre en orbite aux élections régionales prochaines les deux candidats qui ont répondu à son invitation? Vise-t-elle, à travers cette exposition publique, à braquer d’abord le projecteur sur un chercheur ou un docteur dans le but de promouvoir ses connaissances théoriques sur le marché de la décentralisation?

 

« Mais le plus grave, c’est lorsque l’association minimise, éclipse ou même ignore les efforts que le gouvernement et les autres acteurs ont déployés pour que la décentralisation imbibe, doucement mais surement, les consciences citoyennes. »

 

Toujours est-il que ladite association ne sort pas grandie de cette initiative. D’autant plus que d’après le compte rendu de La Nation, la conférence, loin d’informer les citoyens sur les tenants et les aboutissants de la décentralisation fut un moment de contre-vérités et de désinformations qui entame même la crédibilité de l’association.

Que l’association évoque des textes « législatifs …qui pourraient à l’avenir être source de problème au bon fonctionnement de la collectivité régionale », on ne peut pas lui en tenir rigueur du moment qu’elle n’a pas voulu s’informer sur la nouvelle feuille de route de la décentralisation élaborée par le Ministère et qui justement contient une large partie consacrée au toilettage des textes législatifs. Que l’association affirme que « le manque de fiscalité locale sape le travail des élus », on ne peut pas non plus lui en tenir rigueur puisque l’association n’a pas daigné nécessaire de s’informer sur le transfert  de fiscalité locale aux conseils régionaux inscrit dans le budget 2017. Mais le plus grave, c’est lorsque l’association minimise, éclipse ou même ignore les efforts que le gouvernement et les autres acteurs  ont déployés pour que la décentralisation imbibe, doucement mais surement, les consciences citoyennes.

Dans son compte-rendu de la conférence, le journaliste met en relief « les bailleurs de fonds (UE, USAID, FMI) et notamment le PNUD qui ont mis en place une politique de vulgarisation des textes fondateurs de la décentralisation ». L’association oublie ainsi délibérément de rappeler que toute la politique de vulgarisation qui concerne la décentralisation a été conçue et élaborée par les pouvoirs publics et que nos partenaires au développement nous ont accompagnés dans cette voie.

Toujours dans le même registre, le compte-rendu de la conférence évoque les avancées et les acquis de la décentralisation sur un ton dédaigneux « bien quecertaines compétences ayant été transférées aux élus locaux… » Ignorant ainsi la méthodologie mise en place par le gouvernement pour que la décentralisation se décline étape par étape. Pour mémoire, rappelons que dès son élection en 1999, le Président de la République Son Excellence Monsieur Ismaël Omar Guelleh a mis en place des conseils régionaux provisoires dans les régions pour permettre aux citoyens de se familiariser avec la gestion de proximité avant d’organiser les premières élections régionales en 2006.

Le gouvernement poursuit cette logique d’apprentissage et de transfert graduel des prérogatives pour que la décentralisation ne se réduise pas à des transferts de compétences purement théoriques.

Une fois de plus, le Ministère Délégué à la Décentralisation regrette qu’une conférence censée faire acte de pédagogie soit un moment de confusion généralisée et n’aide pas nos concitoyens à s’approprier les acquis et les perspectives de la politique de la décentralisation qui est l’une des priorités du Président de la République.

Ministère Délégué chargé de la Décentralisation

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